Une perspective écoféministe africaine sur les négociations climatiques de Paris

4 janvier 2016, par Genre en Action

WoMin, lancé en octobre 2013, est une alliance africaine, menée par des femmes, travaillant sur le genre et l’extractivisme, aux côtés de mouvements nationaux et régionaux, d’organisations minières et de groupes de femmes, de collectivités et de paysan-ne-s.

Les femmes africaines, aux côtés de leurs soeurs ouvrières, indigènes, paysannes et noires des autres régions du monde, offrent les alternatives les plus révolutionnaires à ce modèle de développement profondément destructeur. Le réchauffement climatique devrait entraîner en Afrique des augmentations de température qui pourraient être deux fois plus importantes qu’ailleurs ; l’Afrique est plus vulnérable puisqu’elle compte sept pays parmi les dix pays les plus sensibles au changement climatique.

Par WoMin (http://womin.org.za)

L’extraction et l’utilisation des énergies fossiles sont les principales responsables des émissions de gaz à effet de serre qui causent les changements climatiques. Tout au long de la chaîne énergétique fossile – de l’extraction à la consommation, en passant par le raffinage et la production d’énergie – ce sont les femmes et les travailleurs de l’hémisphère Sud, et de certaines parties de l’hémisphère Nord, qui subissent les effets les plus immédiats de la dévastation sociale et environnementale qui accompagne ces activités. Ce sont les principales victimes des déversements de pétrole, de la confiscation des terres, de l’anéantissement des moyens de subsistance, des pollutions de l’eau et de l’air, de la mauvaise santé et de la mortalité élevée, du manque de services publics ou du coût élevé d’accès à ces services, ainsi que du niveau élevé de violences familiales, sexuelles et entre les individus, souvent liés à la militarisation associée aux ressources énergétiques.

Bien que les femmes et les communautés pauvres soient les plus touchées par les impacts négatifs liés à la production d’énergie, elles n’en perçoivent pas une part équitable des retombées. Les lignes électriques transportent l’énergie depuis les grands barrages hydroélectriques et les centrales à charbon, traversent les communautés jusqu’aux sociétés d’énergie, aux entreprises minières, aux fonderies et aux industries dans les pays du Nord et de plus en plus dans les pays du Sud.

Les femmes sont également préoccupées par un système d’énergies renouvelables (solaire, agrocarburants et grandes centrales hydrauliques) dirigé par les entreprises dans un but lucratif et qui ne constitue pas une véritable alternative à l’énergie fossile traditionnelle. Comme elle, ce modèle renouvelable à but lucratif entraîne déjà une usurpation des terres à grand échelle et le transfert de vastes étendues de terre dédiées à l’alimentation vers la production d’énergie, et la reproduction de profondes inégalités en matière d’accès à l’énergie.

Ce sont les plus de 500 millions de paysannes et travailleuses africaines qui subissent les effets immédiats et à long terme de l’extraction de combustibles fossiles, de la production d’énergie et des fausses solutions à la crise du climat, y compris la mainmise des grandes sociétés sur les énergies renouvelables. Cela tient à la répartition patriarcale-capitaliste du travail, à leur plus grande responsabilité dans la production agricole et dans la reproduction sociale des familles et des communautés, et à leur exclusion structurelle du processus décisionnel dans les familles, les communautés, les gouvernements nationaux et les institutions multilatérales.

Les alternatives au développement du point de vue des femmes africaines

Les femmes africaines, aux côtés de leurs soeurs ouvrières, indigènes, paysannes et noires des autres régions du monde, offrent les alternatives les plus révolutionnaires à ce modèle de développement profondément destructeur. On retrouve ces alternatives dans la façon dont les femmes africaines produisent la nourriture, conservent et gèrent les ressources naturelles et prennent soin de leurs familles et de leurs communautés. Il faut reconnaître, soutenir et s’appuyer sur ces alternatives VIVANTES.

Résistance à l’extractivisme dominant et à la crise écologique = lutte pour la paix

Le mode destructeur dominant de l’extractivisme patriarcal, et les multiples crises qu’il engendre – sociale, écologique, reproductive, énergétique et climatique – sont les principales causes de la militarisation, de la violence, des conflits et des guerres. Le corps des femmes est souvent l’un des terrains sur lesquels se déroulent ces conflits, les femmes étant victimes de violences sexuelles et de viols perpétrés par les mineurs et les membres des sociétés minières et des communautés touchées par le changement climatique, les combattants et les soldats, et les employés des sociétés de sécurité privées.

En même temps, les femmes africaines se sont engagées dans une résistance ininterrompue, mais souvent invisible et non reconnue, contre les spoliations et accaparements de leurs terres et de leurs ressources naturelles. Les femmes africaines ont résisté à la guerre et ont souvent dirigé des mouvements pour la paix. Malgré les divisions et les conflits créés dans nos populations, les femmes africaines ont fait bloc comme des soeurs, des amies et des alliées.

Les récentes attaques terroristes qui ont frappé Paris, Beyrouth, Bagdad et Bamako répondent à des crises systémiques exacerbées que les femmes africaines contestent. La lutte contre un paradigme de développement oppressif est en même temps un combat contre le terrorisme, la militarisation, le racisme et la guerre. C’est le combat des femmes africaines ; c’est une lutte pour la justice, la paix, la solidarité et l’amour dans le monde entier.

Lire l’article en entier ici : http://womin.org.za/une-perspective-%C3%A9cof%C3%A9ministe-africaine.html

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