VIH/SIDA : 40 millions de personnes atteintes, dont 50% de femmes, selon un rapport de l’ONU

En dépit de la mondialisation des efforts de lutte contre le sida, la maladie continue de progresser, approchant la barre des 40 millions de personnes touchées, dont 50% de femmes, ce qui représente une féminisation croissante de l’épidémie.

New York, May 2005

L’année 2004 a connu la plus forte
progression avec 4,9 millions de nouvelles infections et 3,1 millions de
décès, rendant 15 millions d’enfants orphelins.

« Bien qu’il soit encourageant de constater que l’on a commencé à
maîtriser l’épidémie dans un nombre limité mais croissant de pays, dans
l’ensemble, elle continue de se propager et la plupart des pays risquent de
ne pas atteindre les objectifs énoncés dans la Déclaration » d’engagement
adoptée par l’Assemblée générale le 27 juin 2001, indique le dernier rapport (http://www.un.org/Docs/journal/asp/ws.asp?m=A/59/765) du Secrétaire
général sur le VIH/sida. Ce rapport établit un bilan de la mise en oeuvre des Objectifs du Millénaire pour le
développement (http://www.un.org/french/milleniumgoals) qui consistent à ce que, d’ici à 2015 , on ait « stoppé la
propagation du VIH/sida et commencé à inverser la tendance actuelle » et
introduit un grand nombre de recommandations pour y faire face.

« Depuis 2001, on constate une évolution spectaculaire de l’action
mondiale contre le sida », indique le rapport. « L’engagement politique dans
la lutte contre la maladie, qui faisait cruellement défaut au début de
l’épidémie, a nettement augmenté aux niveaux national, régional et
mondial », notamment dans les deux pays les plus peuplés au monde, la Chine
et l’Inde. « Les montants alloués en 2005 aux programmes de lutte contre le sida dans
les pays à revenu faible ou intermédiaire devraient être six fois supérieurs
aux sommes dépensées dans le monde entier en 2001 ».

« L’accès au traitement antirétroviral vital dans les milieux à faible
revenu, presque inimaginable au début de la présente décennie, devient
rapidement réalité dans de nombreuses régions du monde. Pour la première
fois, des solutions exhaustives, intégrant la prévention et le traitement,
commencent à être vraiment apportées à la maladie ».

« En dépit de ces progrès et d’autres avancements constatés dans la lutte
mondiale contre le sida, l’épidémie continue de se propager », indique le
rapport du Secrétaire général. Par rapport aux années précédentes, en 2004,
on a dénombré plus de nouvelles infections (4,9 millions) et plus de décès
dus au sida (3,1 millions).
Plus de 8 000 personnes meurent chaque jour de maladies connexes. En
décembre 2004, 39,4 millions de personnes vivaient avec le VIH. Les femmes
représentent désormais près de la moitié des personnes vivant avec le VIH.

« La féminisation croissante de l’épidémie illustre le paradoxe auxquelles
se heurtent les femmes et les filles : elles sont de plus en plus exposées à
l’infection par le VIH bien qu’elles soient généralement moins susceptibles
d’avoir un comportement à risque que leurs partenaires masculins », souligne
le Secrétaire général.

En outre, l’épidémie continue de toucher avant tout les adolescents et les
jeunes adultes puisque la moitié des nouvelles infections se produisent dans
cette tranche d’âge. Environ 2,3 millions d’enfants âgés de moins de 15 ans
vivent avec le VIH, la plupart ayant été contaminés par le virus pendant la
grossesse de leur mère, à l’accouchement ou pendant l’allaitement.

« Les effets du VIH/sida sur les enfants sont effarants », affirme Kofi
Annan. « À l’échelle mondiale, le sida est à l’origine de 3 % des décès chez
les enfants de moins de 5 ans et, dans les pays particulièrement touchés, la
proportion atteint parfois 50 %. Le sida a rendu orphelins 15 millions
d’enfants. Leur nombre devrait augmenter en flèche dans les années à venir.
Des millions d’autres enfants vivent dans des familles où un adulte est
malade ».

À l’échelle mondiale, un adulte sur 90 (âgés de 15 à 49 ans) dans les pays
à revenu faible ou intermédiaire vit avec le VIH, ce qui représente 95 % des
infections dans le monde. L’Afrique subsaharienne reste la région la plus
touchée, représentant 64 % des infections par le VIH dans le monde et 74% de
tous les décès dus au sida en 2004.

En dehors de l’Afrique, la prévalence du VIH reste la plus élevée aux
Caraïbes (2,3 %). En décembre 2004, 7,1 millions de personnes vivaient avec
le VIH en Asie du Sud et en Asie du Sud-Est, dont 890 000 contaminées cette
année-là.

À la fin de l’année 2004, on comptait neuf fois plus de personnes vivant
avec le VIH en Europe de l’Est et en Asie centrale qu’il y a 10 ans. En
Amérique latine, plus de 1,7 millions de personnes vivent avec le VIH.

En 2004, l’épidémie s’est propagée dans toutes les régions, y compris en
Amérique du Nord et en Europe occidentale où la réussite de la prévention
précoce a récemment cédé le pas à l’augmentation des comportements sexuels à
risque. Dans toutes les régions, l’épidémie touche avant tout les
populations marginalisées, tels que les travailleurs de l’industrie du sexe,
les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes, les usagers de
drogues injectables, les jeunes de la rue et la population carcérale.

Le nombre de femmes et de filles victimes de l’épidémie a nettement
augmenté, essentiellement en raison du statut social, économique et
juridique inférieur des femmes dans de nombreux pays.
Chez les jeunes d’Afrique subsaharienne (âgés de 15 à 24 ans), on dénombre
36 femmes vivant avec le VIH pour 10 hommes contaminés par le virus. Même
dans les régions où les hommes sont plus susceptibles d’être infectés que
les femmes, le nombre de femmes vivant avec le VIH augmente rapidement : de
56% en Asie de l’Est entre 2002 et 2004, de 48 % en Europe de l’Est et en
Asie centrale. Outre leur grande vulnérabilité au VIH, les femmes et les
filles assument une très large part de responsabilité pour ce qui est des
soins et de la prise en charge liés au sida.

Kofi Annan rappelle enfin dans son rapport que « la mortalité due au sida
continue d’éroder les réserves de capital humain déjà précaires sur
lesquelles repose le développement viable et menace d’affaiblir les
institutions sociales essentielles dans les pays particulièrement touchés ».

« Le consensus selon lequel le sida est un problème exceptionnel qui exige
des mesures exceptionnelles laisse espérer que l’action mondiale contre le
sida sera à la mesure de l’ampleur et de la complexité de l’épidémie »,
conclut le Secrétaire général.

***

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