VIH/SIDA : Appel à protéger les femmes

Ouvrant le sommet sur le SIDA le 31 mai à l’Assemblée générale, le Secrétaire général a souligné que malgré les progrès accomplis dans la lutte contre la pandémie, la propagation du virus s’accélérait à un rythme alarmant chez les femmes, rappelant qu’il y a désormais deux fois plus de jeunes femmes infectées que de jeunes hommes.

New York, May 31 2006

« Apparu il y a 25 ans, le VIH/SIDA s’est propagé selon un schéma que l’on ne retrouve que dans les cauchemars. Il s’est diffusé plus vite, plus loin et avec des effets à long terme plus catastrophiques que toute autre maladie » et son impact constitue un obstacle dévastateur aux progrès de l’humanité », a déclaré aujourd’hui le Secrétaire général, dans une allocution prononcée à l’ouverture de la session extraordinaire de l’Assemblée générale sur le SIDA, à New York(Retransmission de l’ouverture de la séance [37mins]->http://webcast.un.org/ramgen/ga/60/ga060531am1.rm].
Plus de 12 chefs d’État et de gouvernement et plus de 100 ministres sont réunis aujourd’hui et jusqu’à vendredi pour évaluer les progrès accomplis dans la mise en oeuvre de la [Déclaration d’engagement sur le VIH/SIDA-http://www.un.org/Docs/journal/asp/ws.asp?m=A/RES/S-26/2] adoptée par les Etats Membres lors de la précédente session extraordinaire de l’Assemblée générale sur le sida en août 2001.
Le bilan de la lutte contre le SIDA depuis les engagements pris il y a cinq ans est présenté aujourd’hui dans un rapport du Secrétaire général (voir la page consacrée au sommet sur le site de l’ONU->http://www.un.org/french/ga/aidsmeeting2006/index.html].
« En 25 courtes années, le VIH/SIDA est passé de l’obscurité locale à une urgence mondiale », a affirmé le Secrétaire général, qui a rappelé que le monde avait mis « bien trop longtemps pour se réveiller » et que « les dénégations avaient entravé la réponse à la maladie », au prix de la vie de millions de personnes. « Mais ces dernières années cela a changé », a-t-il fait observer, citant comme moment charnière le sommet de 2001. « Un nombre significatif de pays ont réussi à réaliser certains des objectifs clefs. Plus de 70 ont quadruplé l’accès aux services de dépistage et de conseil relatif au VIH. Plus de 20 d’entre eux ont réalisé l’objectif de l’initiative ’3 par 5’ lancée par le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA), qui vise à fournir un traitement antirétroviral à plus de la moitié de ceux qui en ont besoin », a dit le Secrétaire général, rappelant conclusions de son rapport.
« Les objectifs de financement à l’échelle mondiale ont été réalisés. Et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a la création duquel j’avais appelé est désormais pleinement opérationnel », a-t-il souligné.
« Néanmoins, la vaste majorité des pays restent désespérément loin d’atteindre les objectifs de la Déclaration d’engagement. Ces échecs sont mortels. Par exemple, la plupart des pays ne garantissent toujours pas aux jeunes un accès à une information précise sur le VIH et sur la façon dont ils risquent d’être infectés », a-t-il déploré. « Et le monde a été extrêmement lent à répondre à l’un des aspects les plus vitaux de ce combat : les mesures pour lutter la diffusion du VIH parmi les femmes et les jeunes filles », a-t-il fait remarquer.
« Dans la Déclaration, les Etats Membres se sont engagés à adopter des stratégies nationales pour promouvoir les droits des femmes, protéger les femmes et les jeunes filles de toutes les formes de discrimination et leurs donner les moyens de se protéger contre le VIH. Mais aujourd’hui le taux d’infection parmi les femmes s’accroît dans toutes les régions du monde, en particulier chez les jeunes femmes », a-t-il encore dit. « Au niveau mondial, il y a plus de deux fois plus de jeunes femmes infectées que de jeunes hommes », a-t-il insisté.
Le Secrétaire général s’est par ailleurs dit « encouragé » par le fait que, pour la première fois, une personne séropositive prendrait la parole devant l’Assemblée générale, Khensani Mavasa de l’Afrique du Sud.
Il a ensuite pris par la suite la parole devant quelque 1 000 représentants de la société civile, rassemblés en marge du sommet, appelant à impliquer davantage les personnes porteuses du VIH aux efforts de lutte contre la maladie.
« Leur engagement est déterminant pour effacer la stigmatisation et la discrimination. Leur voix est le meilleur moyen d’assurer la passion et la compassion nécessaires à vaincre la pandémie », a-t-il dit.
Kofi Annan a également appelé les gouvernements, le système des Nations Unies à développer des partenariats avec les personnes porteuses du VIH et à « travailler de façon plus étroite et constructive » avec ceux qui ont été trop souvent marginalisés : les travailleurs du sexe, les personnes qui utilisent des drogues injectables et les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes ».

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