VIH/SIDA : forte prévalence chez les femmes

A l’occasion de la Journée internationale de lutte contre le VIH/Sida, ayant lieu chaque 1er Décembre, plusieurs analyses mettent en évidence la plus forte vulnérabilité des femmes face à la maladie. Si les différences biologiques expliquent en partie cette inégalité, les rôles traditionnels, les stéréotypes sexospécifiques et la violence fondée sur le genre la renforcent. Selon le nouveau rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), intitulé « Les femmes et la santé : la réalité d’aujourd’hui, le programme de demain », au niveau mondial le virus est la première cause de mortalité et de morbidité chez les femmes en âge de procréer.

Selon les statistiques onusiennes, sur 30,8 millions d’adultes vivant avec le VIH en 2007, 15,5 millions étaient de sexe féminin. Au regard de ces chiffres alarmants plusieurs facteurs explicatifs sont recensés. D’après l’OMS, certaines recherches montrent qu’au cours d’un rapport hétérosexuel non protégé avec un partenaire infecté, les femmes ont davantage de risque d’être infectées que les hommes. Une discrimination biologique qui est accrue dans les cas de rapports forcés. En 2002, le « Rapport mondial sur la violence et la santé » présentée par l’Organisation spécifiait que « les adolescentes risquent tout particulièrement de contracter l’infection au VIH pendant des rapports sexuels forcés parce que leur muqueuse vaginale n’a pas encore acquis la densité cellulaire qui constitue une barrière efficace, plus tard dans l’adolescence ».
Au-delà du biologique, les critères sociaux, économiques et politiques demeurent des déterminants aggravants. En effet, les femmes étant le groupe humain le plus pauvre – 70% du 1,3 milliard de personnes vivant sous le seuil de pauvreté absolu sont des femmes - chaque fléau reconnu comme tel creuse les inégalités entre les deux sexes. Ainsi le plus faible accès à l’éducation et à l’information des filles réduit leurs connaissances sur le VIH et ses moyens de transmission. Pour l’agence onusienne, « dans le monde, seules 38% des jeunes femmes sont capables de décrire les principaux moyens d’éviter l’infection ». Dans ce contexte, il est alors plus difficile pour elles de faire valoir leurs droits sexuels et reproductifs dans le cadre de relations intimes. De même, cette situation limite leur capacité à accéder au dépistage et aux soins.
Dès lors, cet état de fragilité expose davantage les femmes aux risques de violence, entrainant de lourdes conséquences sur leur santé. L’ONUSIDA a d’ailleurs reconnu la violence faite aux femmes comme une de ses neuf priorités de son cadre de résultat 2009-2011. Selon le programme des Nations unies, un lien particulièrement étroit existe entre cette problématique et le VIH. En période de paix et de conflits, nombreux sont les cas où la femme est dans l’incapacité de refuser un rapport sexuel, de faire en sorte que leur partenaire soit fidèle ou d’exiger l’usage du préservatif. Ainsi, cette forme de précarité féminine augmente leur probabilité d’être contaminée, d’autant plus que les risques d’exclusion de leur famille et de la communauté du fait de la révélation de leur séropositivité restreint leur dépistage. Ainsi, les risques de contagion de la mère à l’enfant s’intensifient. Dans cette circonstance, la violence sociale s’ajoute à la menace physique.
Ces différences de genre ont alors une forte répercussion sur le pouvoir économique des femmes. Non seulement la maladie limite fortement leurs capacités à obtenir des activités rémunératrices, mais aussi à maintenir leurs activités agricoles et informelles. D’autre part, puisqu’elles consacrent une large part de leur budget aux besoins du foyer, l’augmentation des dépenses de santé dans ce cas engendrent d’autant plus leur paupérisation.
Le changement climatique renforce la vulnérabilité des femmes face au virus :
A l’heure même où se jouent les négociations internationales sur la lutte contre le réchauffement climatique, le rapport 2009 du Fonds des Nations unies pour la population, intitulé « Face à un monde qui change : les femmes, la population et le climat », interpelle la communauté internationale sur le risque accru de contamination du virus des femmes du fait du changement climatique. Les femmes étant le groupe le plus vulnérable face au phénomène, l’accroissement des catastrophes engendre souvent la perte de leurs moyens de subsistance. Dès lors, pour subvenir aux besoins de leur famille, les femmes et les filles ont davantage recours à la prostitution, aux mariages forcés des hommes plus âgés parfois polygames. Une situation qui ne fait qu’appuyer leur fragilité face au VIH/SIDA.

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Pour en savoir plus, vous pouvez consulter et télécharger : le rapport de l’OMS « Les femmes et la santé : la réalité d’aujourd’hui, le programme de demain »
Voir également le Rapport 2009 de l’UNFPA sur l’état de la population mondiale

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Source : site de l’OIF

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