Violences domestiques au Tadjikistan

Dans un rapport publié le mardi 24 novembre 2009 intitulé "Violence is not just a family affair : Women face abuse in Tajikistan", Amnesty International évoque les violences physiques, psychologiques et sexuelles auxquelles les femmes tadjikes sont confrontées au sein du cercle familial. Le document fait également état de l’absence de mesures et de l’indifférence de la part des autorités face aux violences domestiques, dénuées d’importance, dépourvues de poursuites pénales et ramenées à de simples "affaires de familles".

L’étude d’Amnesty International sur la violence à l’égard des femmes, notamment au sein de la famille, révèle que ces faits sont très répandus au Tadjikistan. On estime que 30 à 50 % des femmes sont régulièrement soumises à des violences physiques, psychologiques ou sexuelles par leur mari ou leurs beaux-parents.
A cela, plusieurs facteurs sont sources de l’ampleur du problème :
Après l’effondrement de l’Union soviétique, les valeurs traditionnelles tadjikes se sont vues être renforcées. En conséquence, des discriminations supplémentaires se sont vues leur être imposées, réduisant leur identité à celle d’épouse ou de mère et les reléguant aux emplois les moins rémunérés du marché du travail, ayant pour effet de les rendre dépendantes de la famille de leur époux sur le plan économique.
Certaines d’entre elles ont indiqué à Amnesty International qu’à leur arrivée au domicile de leurs beaux-parents après le mariage, il arrive qu’elles soient brutalisées non seulement par leur mari, mais aussi par leurs beaux-parents, notamment par les belles-mères, qui ont parfois subi le même sort.
Ce statut d’infériorité, faisant des femmes tadjikes "propriété" du mari et de la belle famille est minimisé par les autorités ayant pour habitude de préconiser la réconciliation, renforçant ainsi leur humiliation et leur soumission.
Les services de protection des victimes de violence domestique sont insuffisants, et la plupart d’entre eux dépendent d’organisations non gouvernementales locales financées par des fonds internationaux.
Les membres de la police, de l’appareil judiciaire et du corps médical ne sont pas assez formés pour prendre en charge les cas de violence domestique.
L’éducation est un élément primordial pour permettre aux filles d’accéder à l’autonomie et leur donner ainsi une chance d’échapper à la violence et à la pauvreté. Cependant, l’issue éducative semble inéfficace compte tenu du fait que les filles quittent tôt le système scolaire, pour contracter des mariages précoces et souvent non officiels ou polygames, autant de facteurs qui accroissent leur dépendance envers leur mari.
Face au non respect des traités internationaux ratifiés par le Tadjikistan relatifs aux droits humains et conférant l’application de protection des droits des femmes, Amnesty International appelle les autorités tadjikes à :

- prévenir et rendre passible de poursuites la violence perpétrée contre les femmes au sein de leur famille, par l’adoption de dispositions législatives nationales les sanctionnant efficacement et par la mise en place d’une assistance sur l’ensemble du territoire ;
- mener une campagne de sensibilisation nationale afin de lutter contre les pratiques illégales que sont les mariages non officiels, polygames et précoces ;
- lever toutes les entraves à la scolarisation des filles et s’attaquer aux causes profondes qui incitent les filles à abandonner l’école.

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Pour en savoir plus, vous pouvez consulter et télécharger le document en anglais d’Amnesty International Violence is not just a family affair : Women face abuse in Tajikistan

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Source : Amnesty International

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