mai 2005 : Quels progrès dans l’éducation des filles ?

L’éducation des filles est incontestablement une priorité dans le combat
pour la réduction des inégalités entre femmes et hommes. Même si un bon
niveau d’éducation n’est pas en soi un gage pour plus d’égalité, il en
représente une condition nécessaire (bien qu’elle reste insuffisante toute
seule).

Selon les engagements de la communauté internationale sur les Objectifs du
Millénaire pour le Développement, 2005 est l’année où devait être réalisée
dans le monde entier, la parité filles-garçons à l’école, première étape
de la réalisation du droit à l’éducation de base pour tous. Or, selon les
chiffres de l’Unesco, 76 pays annoncent que cet objectif, pourtant
considéré comme essentiel pour le développement et la lutte contre la
pauvreté, ne sera pas atteint.

Les raisons sont nombreuses et ne peuvent pas tous être listées ici. A
titre d’exemple, il est important de comprendre que la tendance était
inversée à la fin du 20e siècle : Ainsi selon le PNUD, entre 1985 et 1997,
le taux d’inscription des filles à l’école avait chuté dans 42 pays, et
deux tiers des enfants non scolarisés étaient des filles.
Par ailleurs, il existe une corrélation, mise en évidence par l’Unifem
(Fond des Nations Unies pour la femme), entre l’endettement accru des pays
et la baisse de l’inscription des filles dans les écoles.
Et finalement, il ne faut pas oublier que ce sont surtout les mères pas ou
peu éduquées qui n’envoient pas leurs filles à l’école - c’est ce cercle
vicieux qu’il s’agit de briser.

En réalité, cette problématique est plus complexe que l’objectif de la
parité filles-garçons à l’école laisse croire. Il s’agit de scolariser les
filles, mais aussi de les maintenir à l’école, de leur donner une
éducation de qualité, de les mener jusqu’aux études secondaires et à des
études supérieures ou des formations professionnelles (et ceci non
seulement dans les matières et métiers typiquement féminins) pour leur
permettre de gagner un revenu convenable.
Il est alors indispensable que l’école ne devient pas vecteur de ces
stéréotypes qui pèsent si lourd sur l’égalité des genres. L’accès à
l’école n’est pas suffisant, le type d’éducation que les filles et les
garçons y reçoivent est aussi très important, en terme de contenu des
manuels scolaires aussi bien que de sexe des enseignants, des propos de
ces derniers, de la manière dont ils traitent les filles et les garçons,
etc.

De nombreux éléments seront à prendre en considération par l’étude pour le
MAE qui sera faites sous tutelle du réseau - faire le point sur les bonnes
pratiques et les politiques en matières de l’éducation des filles
permettra au MAE de nourrir sa propre réflexion en vue des politiques
futures.
Côté ONG, la campagne pour l’éducation pour tous s’est également saisie de
ce sujet et co-organise avec Sciences Po Paris un colloque le 31 mai sur
le droit à l’éducation des filles.
Par ailleurs, on peut citer la Fondation ELLE qui propose de soutenir
financièrement des initiatives en faveur de l’éducation des filles et des
femmes.

N’hésitez pas à réagir sur l’éducation des filles ou sur tout autre sujet
lié aux inégalités de genre - le réseau vit par ses membres et ce qu’elles
et ils souhaitent échanger avec les autres.

Bonne lecture !
Elisabeth Hofmann
(coordinatrice)

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