La prise en compte de l’approche genre dans les projets de développement : le cas des ONG françaises

dimanche 30 septembre 2007

Memoire de Maxime Ouoba (étudiant en Master 1 de Sociologie à l’université Paris 8), sur la base d’enquêtes menées avec un certain nombre d’OSI françaises. Ses conclusions ne sont pas nouvelles, mais confirment d’une manière plus construite un état des faits qui appelle à la mobilisation.

Introduction

La question de la réduction des inégalités constatées entre les sexes était perçue à ses débuts comme un problème pouvant se résoudre par le simple apport de la parité ou d’un simple partage des rôles entre les hommes et les femmes. Il a été question, de la liberté, de l’égalité, de la parité, de l’équité, de la mixité, des quotas, etc. puis aujourd’hui nous parlons de genre.

Les rapports sociaux contiennent toujours des dimensions et des noyaux imaginaires. Une partie du pouvoir est toujours imaginaire mais l’exercice du pouvoir ne l’est pas. C’est ainsi que si la construction sociale des sexes octroie des pouvoirs imaginaires aux hommes (prédispositions) l’exercice de ce pouvoir n’est pas imaginaire. Il est inscrit dans nos réalités et ceci dans tous les domaines de la vie : politique, social bien sûr, économique, etc.

Le développement peut être considéré comme un de ces domaines qui n’échappe pas aux effets de sexes. L’inégalité entre les sexes et l’inégalité des traitements conduisent à l’inégalité des chances de profiter des bénéfices du développement.

C’est à la fois alertés par cet état de fait, et la conscience de la capacité de changer les choses que les promoteurs du développement vont tenter de s’inscrire dans une action en adéquation avec la prise en compte du genre dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Un des acteurs que sont les ONG se donnera alors pour mission ou pour ambition de participer à la valorisation des capacités et à un partage équitable des fruits du développement. La notion « Genre et Développement » prendra toute sa valeur avec pour principe de base l’analyse des constructions sociales des sexes et l’intégration de l’autre sexe dans les luttes contre les inégalités.

Pour un auteur comme Michèle FERRAND l’un des domaines qui semble le plus résister à l’égalisation des positions selon le sexe est le domaine économique. Le développement serait donc le « dernier bastion » au sein duquel la construction sociale des sexes produit beaucoup d’effets.

Pour l’analyser, nous avons choisi d’explorer un domaine précis de cette question de la prise en compte du genre qui est l’intervention des ONG pour la lutte contre la pauvreté. C’est ainsi que nous avons choisi un pays comme la France qui a un engagement significatif dans la solidarité internationale mais qui à la fois paraît en retard pour ce qui concerne la prise en compte du genre. Nous chercherons donc à savoir comment les ONG françaises s’intègrent dans la problématique de la construction sociale des sexes et sa prise en compte dans les projets de développements. Dit autrement nous aurons pour objet les actions et les stratégies de la lutte contre les inégalités de sexe dans les actions de développement. Comment est pratiquée la lutte contre les inégalités de sexe par les ONG françaises dans leur lutte quotidienne contre la pauvreté à travers les projets de développement ? Quelle est la véritable place de l’analyse au cours de ces actions ?

Cette forme de partenariat se voulant plus proche des populations nous pouvons aussi nous interroger sur l’ensemble des représentations et des pratiques par lesquelles les acteurs du monde occidental saisissent la situation de ces populations souvent plongées dans des situations qu’elles-mêmes croient souvent irréversibles. Le but sera d’analyser le processus d’appui au développement en nous demandant comment ces actions échappent à la stéréotypie ? Comment les ONG arrivent-elles à prendre en compte les constructions sociales de sexes de ces populations avant de tenter de les modifier à travers les projets de développement ? Le décalage géographique n’est-il pas souvent un obstacle qui conduirait de façon inévitable à un décalage stratégique ?

Télécharger le mémoire

Merci à Maxime d’avoir donné son authorisation pour la diffusion de ce mémoire sur le site de Genre en Action.
Pour le contacter :
12 BP 06 Ouagadougou 12
Burkina Faso
maxime.ouoba(@)yahoo.fr
Tel : 00226 77 87 52 52

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