Accueil / Ressources / Expériences par thème et par pays Vendredi 30 juillet 2010

RESSOURCES
Textes de référence
Rapport 2010 sur les OMD
Rapport fantôme régional des Femmes africaines sur Beijing +15
CSW / Pékin+15 : contributions de la Francophonie et de la délégation française
Le désarmement pour la paix et le développement - discours d’Isidore Kashiba à la 62è conférence de l’ONU à Mexico
Corps meurtris, rêves brisés : la violence à l’égard des femmes mise à jour
La Situation des enfants dans le monde 2009 : la santé maternelle et néonatale
Expériences par thème et par pays
Rapport de Human Rights Watch : Obstacles à la prévention et au traitement des fistules au Kenya
Pakistan : en finir avec l’exploitation et les abus contre les filles employées comme domestiques
Projet de paternité responsable à Madagascar
Dossier thématique de FDH : femmes de trois continents
Les violences liées aux coutumes en RDC
Il manque 100 millions de femmes en Inde et en Chine
Népal : le suicide, première cause de mortalité chez les femmes
Violences domestiques au Tadjikistan
La dimension sexospécifique de l’accès à l’eau - études de cas
Inde : l’homosexualité n’est plus un crime
Méthodologies et outils
Global gender research. Perspectives transnationales
Guide pratique et juridique pour accompagner les femmes étrangères victimes de violences
"Prostitution, prévention - accompagnement, comment agir ?"
Guide de Médecins du Monde sur les violences faites aux femmes
Violences basées sur le genre, un manuel d’Inter Press Service
Kit ressource sur le climat, genre et population
Comment sensibiliser les hommes sur le genre
Bibliographie
Liberté, égalité, sexualités
Genre et citoyenneté

PRATIQUE
Recherches
« La crise de la masculinité » en Afrique du Sud
« Penser la violence des femmes »
Guide pratique de la recherche sur la violence envers les femmes
Etudes pour la création de villes inclusives de genre
Livres, films, revues
Photo de groupe au bord du fleuve d’Emmanuel Dongala
"Les soeurs de Solitude", d’Arlette Gautier
Migrer au féminin
Reportage sur le féminicide au Guatemala
La moitié du ciel. Enquête sur des femmes extraordinaires qui combattent l’oppression
Le tourisme de prostitution, une industrie mondialisée florissante
Femmes de réconfort : esclaves sexuelles de l’armée japonaise
Quand les femmes auront disparu. L’élimination des filles en Inde et en Asie
Il manque 100 millions de femmes en Asie
La microfinance en Asie

LE RESEAU
Organisations et initiatives ’ressources’
RDC : Frères des Hommes et l’Apef avec les femmes en résistance contre la guerre et la pauvreté
Non-violence et reconstruction en RDC avec l’ACOPAD
Halte à la violence contre les femmes
Genre et cultures
Genre et Eau (Pseau)

Inde : les justicières roses font respecter les droits des femmes


Dans le district de Banda de l’État de l’Uttar Pradesh, l’un des plus pauvres de l’Inde, sévit le Gulabi Gang (ou Gang rose), un groupe de 200 femmes issues des plus basses castes de la société. Ayant toutes subi des sévices, elles traquent les violeurs, les époux et belles-mères indignes, les malfaiteurs qui volent les pauvres et les policiers qui ne font pas leur travail.



La plupart d’entre elles vivent dans des huttes sans eau courante ni électricité, et survivent avec moins d’un dollar par jour. Vêtues de saris roses, la "couleur de la vie", elles répondent à la violence par la violence afin de punir l’abandon et l’assassinat d’épouses, la violence conjugale, la corruption et l’incompétence des fonctionnaires, policiers et élus anti-pauvres. Les indicateurs de développement humain du district sont très médiocres. Le taux d’alphabétisation des femmes plafonne à 23,9% contre 50,4 % pour les hommes ; le ratio hommes/femmes est de 846 femmes pour 1,000 hommes, alors que la moyenne de l’État est de 879 et qu’au niveau international, il est de 105 filles pour 100 garçons. Et si la violence conjugale fait des ravages, les femmes sont les premières victimes de la pauvreté et de la discrimination dans une société dominée par les hommes et soumise aux castes supérieures.

"Nous sommes pour l’égalité des droits pour tout le monde"

Le Gulabi Gang a été créé dans les années 1990 par Sampat Pal Devi, une femme de 47 ans mariée de force à l’âge de neuf ans et mère depuis l’âge de 13 ans, excédée par la corruption et les discriminations dont se rendent coupables les autorités, notamment à l’égard des femmes des basses castes. Sampat Pal Devi est fière de ce qu’elle fait : "Nous avons empêché que les femmes soient violées et nous avons envoyé les filles à l’école. La violence contre des femmes et le viol sont très communs ici, aussi, nous essayons de les éduquer pour qu’elles connaissent leurs droits". Elles ont aussi réussi à restituer à leurs maris 11 filles jetées dehors par leur belle-mère qui considérait leurs dots insuffisantes. "Nous ne sommes pas contre les hommes. Nous sommes pour l’égalité des droits pour tout le monde et contre ceux et celles qui la refusent", explique Aarti Devi, une justicière âgée de 22 ans.

Armées de lathi, des bâtons traditionnels, le Gulabi Gang s’en prend aussi bien aux maris qui brutalisent leur femme parce qu’elle ne réussit pas à leur donner un fils qu’aux fonctionnaires qui s’enrichissent en vendant au marché noir des céréales subventionnées par l’État et destinées aux plus pauvres. Alors que les ressources naturelles du district pourraient assurer des moyens de subsistance à toute la population, elles sont pillées par un petit nombre en toute impunité, les autorités locales fermant les yeux. Dans certains villages, les paysannes ne reçoivent qu’un kilo de céréales par journée de travail. Le nombre de travailleuses et travailleurs réduits en esclavage est aussi très important.

Depuis sa création, le Gulabi Gang a été frappé par une série d’accusations criminelles, mais ses membres résistent aux menaces. Elles gagnent peu à peu le respect des fonctionnaires locaux réticents et l’appui des hommes. Selon certains sociologues, le seul espoir pour toute une frange de la population spoliée et méprisée réside dans des mouvements collectifs comme le Gulabi Gang. "Lorsque les élus refusent de répondre aux demandes des citoyens ordinaires", observe Prerna Purohit, "ces derniers n’ont pas d’autre choix que de prendre les choses en main. C’est un coup de semonce pour le gouvernement de la plus grande démocratie du monde".

Source : Liste de diffusion AWID du 10 juin 2008


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