UMR ADES (Bordeaux/CNRS)
Maison des Suds
12, esplanade des Antilles
33607 Pessac Cedex
Vous pouvez désormais retrouver le programme et la fiche d’inscription sur cette annonce Programme et inscriptions au Colloque "Masculin-féminin : questions pour la Géographie"
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Thème général :
Alors que le nombre de publications sur les études de genre ne cesse de croître dans
la plupart des disciplines des sciences sociales, il nous est apparu important de faire le point
sur l’apport spécifique qu’elles apportent à la géographie si l’on considère que cette
discipline est aujourd’hui une science sociale attachée à penser l’espace des sociétés
humaines.
Comment les études de genre peuvent-elles interroger l’organisation des espaces
à toutes les échelles ainsi que la spatialité des acteurs ? La géographie est-elle toujours
aussi marquée par une approche androcentrique, par la naturalisation sexuée des espaces
et les interprétations qui en découlent ? Quelle place une approche critique des rapports de
genre peut-elle avoir à l’intersection d’autres approches géographiques qui s’intéressent au
postcolonialisme, aux phénomènes de globalisation, aux migrations ?
L’objectif de ces journées sera de faire apparaître la dimension épistémologique du
genre comme outil de questionnement de la science géographique en général, qu’elle
s’appréhende par le biais de l’analyse spatiale, de la géographie des pratiques sociales,
d’études régionales, d’études culturelles etc. Le dénominateur commun des
communications sera de considérer le genre comme un objet géographique, c’est-à-dire un
« construit cognitif permettant d’appréhender un phénomène spatial » (Lévy et Lussault,
2003).
Trois axes d’approche ont été proposés pour traiter de la question :
Le premier axe posera la question de savoir si une vision essentialiste de la
différence des sexes, la croyance en son caractère immuable et la
complémentarité « naturelle » des rôles sociaux de sexe a participé et
participe encore à façonner la connaissance du monde en général et la
géographie en particulier. On pourra par exemple s’interroger sur l’histoire de
la construction androcentrique de la géographie, sur la description sexuée des
espaces, sur le rapport exotisme/érotisme et pouvoir/sexe en tant qu’ils sont
opérateurs de la construction d’un savoir scientifique spécifiquement masculin
etc. La « production de la géographie » ne reflète-t-elle aujourd’hui encore – à travers l’appareil universitaire par exemple – cette « valence différentielle des
sexes » (Héritier, 1996) qui fait que certains objets d’études sont investis par
les hommes et d’autres par les femmes en rapport avec leurs compétences
sexuées supposées ?
La deuxième, partant d’une approche relationnelle des sexes (Goffman, 1977)
et observant qu’ils sont socialement construits par des rapports d’opposition,
interrogera les arrangements qui s’opèrent sur les espaces : espaces mixtes
et non mixtes, masculins et féminins, plus ou moins prescriptifs des codes
genrés. On questionnera le contexte hétéronormatif des espaces à partir des
variations culturelles qu’ils proposent, des lieux de transition et de
transgression de la règle. Le fait que les relations sociales de genre doivent
être appréhendées comme des rapports de pouvoir conduira à questionner les
espaces comme des construits sociaux porteurs de messages explicites et
implicites visant à reproduire les structures de domination, ou au contraire à
mettre en valeur les lieux alternatifs, les « hétérotopies » où se discutent les
normes. Au-delà des exemples proposés, on cherchera à montrer que la
« variable genre » appliquée aux lieux d’observation introduit des variations
considérables des modèles d’interprétation des sciences de la géographie et
de l’aménagement.
Le troisième axe s’interrogera sur l’intersectionnalité d’autres rapports de
domination (âge, classe, race) avec le genre sur les espaces : quelle part
d’ethnocentrisme y a t-il dans le fait de considérer comme universels les
codes genrés des pays développés ? Quelles sont les variations des modèles
masculins et féminins en usage au coeur des métropoles et dans les
périphéries pauvres ? Quel rapport y a-t-il entre l’âge, le sexe et la couleur de
la peau des personnes qui vivent dans les prisons ? les maisons de retraite ?
Quel est le sexe des migrants des pays pauvres ? Pour quelles destinations ?
Dans les exemples choisis, on s’attachera à montrer que si ces rapports de
domination sont souvent cumulatifs ils ne le sont pas pour tous de la même
manière et qu’ils permettent des variations culturelles qui se répercutent sur la
transformation des espaces.
Calendrier :
Envoi des résumés (2000 signes en français et
en anglais) accompagné d’un court CV mentionnant l’institution de rattachement, le statut, les publications récentes relatives à la thématique du colloque et une adresse électronique
valide avant le 15 avril 2010 ; envoi des textes (30 000 signes) avant le 30 août 2010 à :
k.marius-gnanou@ades.cnrs.fr et
y.raibaud@ades.cnrs.fr.
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Pour plus de renseignements, vous pouvez consulter l’appel à communication :
en français
en anglais