Accueil / Ressources / Expériences par thème et par pays Vendredi 3 septembre 2010

RESSOURCES
Textes de référence
Encore et encore : le casse-tête de la traduction du mot « gender » en français
Rapport 2010 sur les OMD
WIDE : Rapport annuel 2009
Revue Diogène : étude sur les nouvelles perpectives dans les gender studies
L’empire du genre
CSW / Pékin+15 : contributions de la Francophonie et de la délégation française
Rapport 2009 de l’UNFPA sur l’état de la population mondiale
L’égalité des droits dans la pratique : le rôle de l’action positive
Expériences par thème et par pays
Pakistan : en finir avec l’exploitation et les abus contre les filles employées comme domestiques
Les travailleuses du sexe s’organisent en Afrique de l’Est
Projet de paternité responsable à Madagascar
Différences entre les genres en matière de réussite scolaire : étude sur les mesures prises et la situation actuelle en Europe
Dossier thématique de FDH : femmes de trois continents
OMD : Rapport sur les auditions interactives de l’Assemblée générale avec la société civile et le secteur privé
Port du voile intégral : quatre raisons pour ne pas l’interdire
Rapport d’Action for Global Health : Le temps presse pour atteindre les OMD en santé
Campagne Arashoboye pour la parité femmes/hommes dans les sphères de prise de décision du Burundi
CARE au Maroc : la scolarisation des filles passe par l’accès à l’eau
Méthodologies et outils
Global gender research. Perspectives transnationales
Formation au féminisme en ligne
Le genre à la radio
100 mots pour l’égalité
Intégrer l’approche genre dans le domaine climat-énergie
"Le plus vieux mensonge du monde"
Cours de formation pour des gestionnaires de programmes de santé
Egalité des genres : les règles de l’UE et leur transposition en droit national
L’UNESCO et FEMNET publient un manuel de référence sur le droit des femmes africaines à l’information
Mesurer la Gouvernance Démocratique
Bibliographie
Femmes d’Afrique dans une société en mutation

PRATIQUE
Recherches
Sciences Po ouvre un large Programme de Recherche et d’Enseignement des SAvoirs sur le GEnre, PRESAGE
Séminaire de recherches "Rapports sociaux de sexe dans le champ culturel"
La dimension relationnelle des métiers de service : Cache-sexe ou révélateur du genre ?
Appel à contribution : "Amitiés féminines"
De l’exclusion à la résistance : femmes, travail et classe
Livres, films, revues
Genre, postcolonialisme et diversité des mouvements de femmes
Perspectives féministes en éducation
Les féministes voilées du Maroc
Photo de groupe au bord du fleuve d’Emmanuel Dongala
Réfractions : les liens entre l’anarchisme et les courants du féminisme
Le nouveau roman saoudien brave les interdits
Women in the Middle East and North Africa, de Fatima Sadiqi et Moha Ennaji
Obscénité, pornographie et censure. Actes du colloque "Normes, Genre et Sexualités"
Le bon mari : une histoire politique des hommes et des femmes à l’époque révolutionnaire
Justice de genre, citoyenneté et développement

LE RESEAU
Organisations et initiatives ’ressources’
Rapport de l’atelier à Ouagadougou : « Traduire les OMD en une loi-type visant la réduction de la pauvreté »
Parvenir à l’égalité entre les sexes. Lettre d’information de l’UNESCO

La leçon de gouvernance ?


En marge du colloque international sur le thème : Genre et gouvernance, tenu et organisé du 17 au 19 novembre 2009 à l’ile Maurice par le réseau Genre en Action, Jean-Claude Antoine, invité de la rencontre, livre ses impressions tirées de son expérience vécue lors d’un déjeuner à la table avec quelques intervenant(e)s dans un journal local.
Ces points de vues croisés dans un cadre informel montrent le long chemin qui reste à faire vers une bonne gouvernance dans beaucoup de pays africains et de l’Océan Indien. Dommage que ce journaliste n’ait pas retenu un peu plus l’aspect genre qui était pourtant au coeur du colloque. S’il ne s’était pas arrêté au repas, il saurait peut-être maintenant ce que genre veut dire en français ?



A gauche, il y avait la Camerounaise, à droite la Libanaise à côté de la Congolaise. Plus loin, il y avait une autre Congolaise et plusieurs Malgaches. Toutes ces représentantes des sociétés civiles de leurs pays respectifs étaient réunies cette semaine à l’hôtel Intercontinental ou Women in Networking organisait un colloque international sur le thème : Genre et gouvernance. Avec comme sous titre L’égalité femmes-hommes dans la décentralisation administrative, la participation politique et l’éducation citoyenne. Rien que ça. Encore un des ces colloques où les oratrices viennent lire un papier politiquement correct - surtout si des ministres sont dans la salle - que tout le monde applaudisse avant la photo souvenir de toutes les participantes en rang d’oignon autour du comité organisateur ? N’ayant pas assisté au colloque, je ne peux pas répondre à cette question, mais je peux dire que le déjeuner, auquel j’ai été invité à la dernière minute, fut passionnant. Et riche d’enseignements. Il y avait autour de cette table des femmes et un homme venus expliquer la situation du genre -cette traduction du terme anglais gender qui ne veut rien dire en français - dans leurs pays respectifs. Mais à table, je ne sais pas pourquoi, c’est la démocratie qui s’imposa comme sujet de discussion. Avec comme exemple précis l’organisation des élections. Ou, plus exactement, les moyens déployés par les dirigeants en place pour ne pas en organiser afin de rester au pouvoir. Dans nos pays, disaient mes compagnons de table, on n’organise les élections que quand on est sûr de les remporter. Sinon cela ne sert à rien. Et pour ce faire, la première étape de l’opération consiste à contrôler l’enregistrement des électeurs. Comment fait-on ? Ma question provoqua des sourires amusés. Je me rendis compte à la fin du déjeuner que par rapport aux réalités de mes compagnons de table, mes questions étaient bien naïves.

Les méthodes pour contrôler l’enregistrement sont multiples et variées, me répondit-on. A Madagascar, on oublie carrément certains villages qui par tradition ethnique votent pour un parti d’opposition. Dans l’île rouge, les listes électorales n’ont pas été mises à jour depuis au moins une dizaine d’années et ne le seront pas probablement pour les prochaines. Des centaines de milliers de Malgache ne voteront pas. Ils iront rejoindre ceux qui depuis des années sont écartés des registres électoraux. Au Cameroun, on invite seulement certains électeurs à se faire inscrire en décourageant - et pas uniquement au niveau verbal - d’autres. Au Maroc, on a encouragé - je n’ai pas osé demander comment - des prisonniers de droit commun à se faire enregistrer. On ne l’a pas demandé aux habitants de certains villages. En RDC, à moins que ce ne soit au Gabon, les autorités ont annoncé qu’elles ne pensent pas disposer des moyens financiers adéquats pour organiser le prochain référendum. Pour contourner la difficulté ils ont décidé que ceux qui auront dix huit ans en 2011 peuvent s’inscrire sur les listes d’avance, dès maintenant. Comment peut-on contrôler que celui qui va s’inscrire aujourd’hui sera vraiment éligible dans deux ans ? On ne peut pas dans la mesure où dans ce pays il n’existe pas de carte d’identité nationale. Mais comment fait-on les inscriptions alors ? A la tête de celui qui veut se faire inscrire. Selon le bon vouloir de celui qui est chargé - par le pouvoir en place - de procéder aux inscriptions. Donc, dans ces pays, les résultats des élections ne reflètent que le choix des inscrits. Une minorité par rapport aux millions de citoyens qui ne sont pas sur les listes et qui sont massivement contre les pouvoirs en place. Qui le savent et qui s’organisent pour qu’ils ne puissent pas participer aux élections. A ces simulacres d’élections que des observateurs internationaux et les grandes puissances, qui jouent volontiers aux champions et arbitres de la démocratie, valident sans hésitation. Et, ajoute une des mes compagnes de déjeuner, ces pays s’étonnent après d’être perçus comme étant alliés des dirigeants " réélus " régulièrement et par conséquent contre les habitants. Les grands pays, les institutions internationales acceptent et valident ces élections qui sont truqués à la source même et entretiennent des liens diplomatiques - et même d’amitiés - avec les dirigeants. Comment peut-on demander aux Africains à qui leur droit fondamental - ce one man one vote de Mandela - a été refusé de croire dans les discours que les dirigeants des grands pays et des institutions internationales prononcent lors des colloques internationaux ?

A un moment, sans doute fatigués de répondre à mes questions et de décrire leurs pays, mes interlocuteurs ont commencé à m’interroger sur la situation à Maurice. Ils ont ouvert de grands yeux quand ils ont appris que non seulement les élections avaient lieu à des périodes régulières, mais qu’il fallait inciter les Mauriciens à s’inscrire sur les listes électorales. Et que pour inscrire les électeurs, des fonctionnaires font du porte à porte. Ils ont été carrément scandalisés d’apprendre que pas mal de Mauriciens jouaient aux abstentionnistes le jour des élections. J’ai failli leur dire que le rapport sur le découpage électoral faisait actuellement débat, mais je me suis retenu. Comment expliquer à des gens venant de pays ou des millions de citoyens ne sont pas inscrits sur les listes électorales qu’on débatte sur le fait qu’une circonscription aura quelques milliers d’électeurs en plus qu’une autre ? En me quittant, tous mes interlocuteurs m’ont dit et répété que les Mauriciens ne mesuraient pas leur chance en matière de démocratie. C’est vrai que comparé à ce qu’on venait de me raconter, Maurice a des années d’avance en matière de démocratie. C’est en tout cas la leçon que j’ai retenue de ce passionnant déjeuner.

***

Source : le mauricien.com

Voir aussi : Quand gouvernance rime avec action politique des femmes


réalisé avec le soutien du ministère des Affaires étrangères et avec la collaboration du CEAN
Ce site utilise PHP, MySQL et est réalisé avec SPIP logiciel libre sous licence GNU/GPL.
L'ensemble des textes et images sont sous COPYRIGHT de leurs auteur-es.
Réalisation : Les Pénélopes