Afrique : charte, forum... progrès ?

La session "Féministes : Pas de "si", pas de "mais" ! Mobiliser le militantisme en Afrique" a montré à quel point le féminisme africain s’est libéré ces dernières années. Des avancées remarquables ont été accomplies, malgré le fait que beaucoup de femmes n’osent pas encore afficher leurs convictions, de peur d’être étiquetées de "féministes", dans le sens péjoratif du terme.

Les expériences personnelles relatées par les intervenantes démontrent que les nombreuses actions venant des quatre coins du continent sont à l’origine du changement. Ces multiples initiatives ont été combinées et des années plus tard, le forum africain a vu le jour.
Depuis sa création, le forum s’est rassemblé deux fois. La participation a été jusqu’ici assez modeste mais pour autant, elle est considérée comme une grande victoire, puisqu’elle a permis l’édification d’un espace féministe africain indépendant, se réunissant en dehors des locaux des Nations Unies.

Le progrès ne s’est pas arrêté là, puisque qu’une Charte sur les principes féministes africains a vu le jour. Elle met en perspective différents thèmes, propres au continent africain, comme notamment la corruption, la violence ou la démocratie. Elle servira ainsi d’outils de débat et de mobilisation pour tous les mouvements féminins à la base.

Les enjeux du féminisme en Afrique sont actuellement la démocratie, qui se traduit par les échecs des accords de paix et la dictature de certains dirigeants, mais aussi la crise financière mondiale qui aura sûrement un impact sur le continent.

Lutter : une exigence

Les intervenantes ont insisté sur la nécessité de trouver des "solutions africaines aux problèmes africains". Le rôle des femmes a également été réaffirmé. L’exemple de la région des Grands Lacs a été ainsi mentionné, région où les mouvements féministes cherchent à combattre le vide médiatique existant en dénonçant dans les radios communautaires les violences et exactions commises. Les femmes luttent également pour être présentes dans les discussions et font pression sur le Fonds monétaire mondial pour le féminisme afin d’apporter des changements.

L’attention a notamment été attirée sur des pays comme le Congo ou le Zimbabwe, où les situations sont particulièrement critiques. Dans le cas du Zimbabwe, la nécessité d’exercer un plaidoyer auprès des dirigeants de la SADEC a été soulignée, afin qu’ils puissent faire pression sur le gouvernement.

L’exemple du Liberia est apparu comme le plus grand progrès enregistré. En effet, la place des Libériennes dans la vie publique et politique a beaucoup évolué par rapport à celle de leurs paires africaines. Les femmes ont obtenu tous les ministères-clés, afin de s’assurer que leurs voix et intérêts soient entendus, mais surtout, elles ont pu faire élire la première présidente africaine.

Cependant, les débats ont montré que les mouvements féministes francophones accusent un certain retard, même si le Sénégal s’érige en précurseur, puisqu’il tiendra bientôt son premier forum féministe national. Il paraît alors primordial de rappeler la nécessité de réorienter la collaboration entre les mouvements féministes sur tout le continent afin que la différence de culture, de langue et d’âge ne soit pas un obstacle au changement.

Mina Harivola Rakotoarindrasata - Mouvement des jeunes pour l’égalité des sexes et le développement - Madagascar

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