Agir pour le changement des rapports sociaux de sexe : quelles motivations ?

Parmi les réponses à cette question, certain-e-s estiment que nos intérêts personnels, de sexe/genre, de groupe ou de classe, en relation avec la période historico-sociale considérée, y sont pour beaucoup. Dans l’intérêt de qui les "classes" (et les clans) de femmes et d’hommes s’engagent-elles/ils ? En faisant "pour soi", faisons nous aussi pour d’autres ? A quelles conditions ?
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Photo : Géraldine Ader

Parmi les réponses à cette question, certain-e-s estiment que nos intérêts personnels, de sexe/genre, de groupe ou de classe, en relation avec la période historico-sociale considérée, y sont pour beaucoup.
Béatrice Borghino, membre actif du réseau Genre en Action, réagit à une note de lecture de l’ouvrage collectif "Etre femme en Egypte, au Maroc et en Jordanie", de Alain Roussillon et Fatima Zahra Zryouil afin de nourrir un débat bien au-delà de cet ouvrage. Elle pose des questions cruciales : Dans l’intérêt de qui les "classes" (et les clans) de femmes et d’hommes s’engagent-elles/ils ? En faisant "pour soi", faisons nous aussi pour d’autres ? A quelles conditions ?

Le texte résumé de la note évoquée nous en donne 3 exemples, dans 3 pays différents (voir les extraits de la note de lecture). Les deux questions qui sont apparues comme suite sont :

- Cet état de fait peut-il expliquer, du moins en partie, la non généralisation de la remise en cause des inégalités de genre, comme il l’est évoqué dans ce texte ?

- A quelles conditions un groupe luttant pour "ses" droits (dans le sens de ses "intérêts") peut-il également travailler au bénéfice d’une base beaucoup plus large de la population ?

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3 Messages

  • Qu’est ce qui nous fait (nous ferait) agir avec/pour « l’Autre » ? Début d’une petite réflexion…… Béatrice Borghino, le 24 février 2010

    1- Il y a déjà plusieurs mois avait été mis en ligne sur www.genreenaction.net , rubrique Forum, un appel à la discussion que j’avais proposé, et qui n’a reçu strictement aucun commentaire (certes, ce n’est pas le seul forum vide de ce site, mais ça m’interroge… : serait-ce que nous serions si peu nombreux/ses à nous poser ces questions ?)

    Ce texte d’appel à discussion est un des forums de ce site et, si vous avez envie de participez, après avoir lu les articles liés qui alimentait ma réflexion, n’hésitez surtout pas à allez cliquer sur « Répondre à cet article », en bas de message , de façon à alimenter une réflexion collective.

    2- Dans le groupe de travail "Perspectives Plurielles" de Marseille, la dernière réunion de février 2010 a été l’occasion d’entendre le commentaire de Véronique Marzo sur le livre/témoignages de l’Association MADE de la Cité Bassens, tjrs à Marseille, à l’aide de la grille de lecture que nous nous efforçons de mettre en pratique dans ce groupe à partir des croisements Genre/"Race" /Classe.

    Cette contribution va être mise par écrit et sera disponible d’ici peu. Dans la lignée de sa fin de commentaire, j’ai évoqué ce que ce texte de MADE m’avait moi même suggéré (en inter-relation avec un ami algérien). Je devais moi aussi l’écrire. C’est l’objet du point 3 qui suit.

    3- « Qu’est qui nous fait agir avec (et « pour ») « l’autre » ? (question récurrente, apparemment… !) En désordre :
    * Le fait d’avoir un ennemi commun à un moment donné  des alliances, y compris avec l’éventuel ennemi d’hier
    * Par intérêt non directement affiché : ex : si le nord des USA a été contre l’esclavagisme, c’est qu’il avait besoin de forces de travail nouvelles pour ses manufactures ; il s’est donc engagé dans la Guerre de Sécession et contre l’esclavage pratiqué par les planteurs du Sud.
    * Par intérêt personnel : ex : je suis une femme, un-e immigré-e….etc, un esclave , et je m’engage dans les luttes correspondantes à ces groupes.
    * Par solidarité, oui, ça existe aussi sans doute ; ex : Victor Schelcher ? C’est un bon exemple ? Ou les français engagés contre la colonisation en Algérie.
    * Le point précédent n’empêche pas de se demander quels sont les bénéfices « secondaires » que nous en retirons….De même pour le point suivant
    * Par identification/projection sur la situation vécue par l’autre
    * Pour défendre ses propres intérêts tout en les faisant passer pour ceux de tout le monde (inconsciemment parfois, selon les acteurs/trices) : ex : les USA quand ils ont attaqué l’Irak
    * Pour porter assistance à…. : on est touché par une situation et on veut aider à l’améliorer (rejoins un peu le point Solidarité ainsi que les remarques faites sur les éventuels bénéfices secondaires dans certains cas)
    * Par partage d’intérêts objectifs en tant que groupe social (classe ou fragment de classe, par ex)

    Mes conclusions arrivées là sont les suivantes :

    - c’est assez triste (ou cynique ?) comme liste de raisons !

    - peut être trop orienté sur la notion « d’intérêts » ; ceci dit, mon sentiment profond est que les humains en général ont plus tendance à les dissimuler, ou à ne pas vouloir les voir, que l’inverse, donc cet exercice peut être utile.

    - A chaque situation examinée, il faudrait savoir en faire l’analyse matérialiste + l’analyse « culturelle » + l’analyse de nos déterminations "psychiques" à prendre telle ou telle position

    - La discussion dans le groupe "Perspectives Plurielles" à apporté le fait que : G. Chakravorty SPIVAK, dans son livre : « Les subalternes peuvent-elles prendre la parole ? » (Essai, 2006), proposait de prendre en compte pour réfléchir 3 dimensions : LE POUVOIR – LE DESIR – L’INTERET. La réflexion peut /doit continuer ; à vos claviers… Merci d’avance

    • Une copine qui m’a dit ne pas avoir le temps de le faire, et qui me chargeait de transmettre, ajouterait les 2 items suivants à la liste de "Qu’est-ce qui nous ferait agir...."
      - La culpabilité, côté négatif ou côté positif (notamment, de faire partie de certains groupes dominants et donc d’en avoir les avantages, même si on ne les recherche pas, cf. l’article de Peggy Mc Intosh : "Privilège blanc : déballer le havresac invisible",lisible entre autre sur : http://www.mrax.be/spip.php?article270

      - la volonté de se rapprocher d’une figure "héroïque" de soi...

      Complément par béatrice borghino (encore)

    • "agir avec l’autre" - une des motivations est la solidarité ; dans le cas où on partage les mêmes objectifs, les mêmes ambitions, ou simplement les mêmes problèmes,c’est le "pouvoir avec" qui donne plus de force et constitue plus de pression pour réussir.
      Mais attention,la question qui a été posée lors d’une formation fut : faudrait il alors attendre d’être conscient-e de l’inégalité de genre, d’avoir vécu les mêmes problèmes de violence,de discrimination,d’excision (par exemple) ... pour accepter d’"agir avec l’autre" c a d de lutter ensemble contre ces problèmes ? De mon point de vue, la réponse est évidemment NON ! il faudrait à mon sens ramener le débat aux questions de "droits" pour aboutir aux questions de "devoir", et finalement retenir que "agir avec/pour l’autre" —ici lutter contre les inégalités de genre— c’est un "devoir" ...

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