Déclaration de Paris : une opportunité pour les Mauritaniennes ?

La Déclaration de Paris semble porter ses fruits en Mauritanie. Le contrôle citoyen de l’action publique commence à s’exercer notamment grâce à la mobilisation des femmes. Très concrètement, cet engagement a permis une meilleure représentation politique.

La Déclaration de Paris (DP) caractérise le fait que les pays bénéficiaires doivent eux-mêmes s’approprier l’initiative de leurs programmes de développement, et que les pays donateurs, quant à eux, ne se contentent plus de mettre uniquement à disposition le financement des projets que les pays auront eux-mêmes choisis en toute liberté. L’Afrique devrait alors sortir gagnante de cette initiative car moins sous la contrainte des donateurs. Les mouvements féminins doivent saisir cette opportunité pour jouer un rôle essentiel, à savoir le contrôle citoyen de l’action publique, afin de s’assurer que les fonds publics issus de l’aide au développement prennent au mieux leurs besoins et préoccupations.

Dans ce contexte, la seule garantie pour assurer de manière efficace ce contrôle citoyen de l’action publique est la mobilisation des mouvements associatifs féminins, à travers des actions de lobbying, de mobilisation, de formation en leadership féminin politique. Il est évident que cet objectif ne peut être atteint que si une discrimination positive permettant de combler le retard accumulé par les femmes à différents niveaux est opérée. Elles doivent être éduquées et formées aux plans technique et professionnel, au plan politique pour garantir un meilleur plaidoyer.

Une bien meilleure représentation politique

En Mauritanie, de tels programmes ont été exécutés avec l’appui technique et financier de la GTZ et de NDI et ont porté des fruits non négligeables. A l’issue des élections de 2006, la représentation des femmes dans les instances parlementaires et municipales s’est considérablement améliorée. On est passé de 0,03% à 6,5% de femmes maires à Nouakchott. Toutes les communes de Mauritanie ont élu une femme adjointe au poste de maire, conformément à la loi qui impose un quota de 20% pour les femmes. Les conseillères municipales sont au nombre de 1120 sur un total de 3688, ce qui représente 30,37%. A l’Assemblée nationale, 17 femmes ont été élues sur un total de 95 députés, ce qui représente sensiblement 18%. A travers ces résultats, on peut constater aisément que le projet a contribué sensiblement à promouvoir l’égalité de genre.

La seule garantie pour que les femmes et les populations déshéritées et vulnérables puissent profiter au maximum de la DP est la mobilisation effective des organisations de femmes afin de défendre leur choix et prendre part à la construction nationale. Pour cela, il faudra renforcer les capacités des femmes en les habilitant à concevoir des programmes et projets visant à améliorer leurs conditions de vie.
Les femmes devront néanmoins s’atteler à démontrer qu’il n’est pas question de continuer à rester en marge des sphères de décision. Elles doivent participer à la vie politique de leur pays, être présentes au moment de la prise de décisions, en rapport avec les politiques, les programmes et les stratégies de développement.

Khadijetou Cheikh - SOS Défis, Droits des Femmes et Développement Durable - Mauritanie

Dans la même rubrique :

Communauté

  • Devenir membre
  • Se connecter
  • Nos membres
  • Le genre se bouge
  • Publier un article

infoGENRE

S'abonner à la newsletter