Droit des femmes : l’UNIFEM demande de véritables mécanismes de surveillance

Les gouvernements et les organisations multilatérales ne font pas assez pour
respecter leurs engagements en faveur des droits des femmes, affirme un
nouveau rapport du Fonds de développement des Nations Unies pour la femme
( UNIFEM), qui préconise de véritables mécanismes
de suivi.

« Il faut des mécanismes bien plus efficaces pour garantir que les
engagements internationaux et nationaux envers les droits des femmes sont
respectés »
, affirme le rapport
2008/2009 de l’UNIFEM intitulé "Qui est responsable envers les femmes ?
Genre et responsabilité"
, publié jeudi à New York.
Cette responsabilité commence avec l’accroissement du nombre de femmes à des
postes de décideur, mais ne s’arrête pas là, affirme l’UNIFEM. 
Sur ce point, on est encore loin des objectifs puisqu’il y a une femme pour
quatre hommes dans les parlements nationaux. Le taux est passé de 8% à
18,4%, mais les pays en développement ne dépasseront la « zone de parité de
40 à 60% avant 2045
 », affirme le rapport.

A cet égard, l’UNIFEM estime que l’imposition de quotas fonctionne. Là où il
existe une forme de quota électoral, il y a en moyenne 19,3% de femmes
contre 14,7% dans les pays où il n’y en a pas.
Quant aux autres engagements, ils sont aussi en retard.
Plus de 60% de toutes les personnes qui travaillent à la maison sans être
payées sont des femmes, les femmes gagnent en moyenne 17% de moins que les
hommes et un tiers des femmes dans le monde souffrent de violences dues à
leur genre au cours de leur vie.

Le rapport recommande que les institutions multilatérales d’assistance et de
sécurité, y compris les Nations Unies et les institutions financières
internationales, assurent le suivi du montant de l’assistance qui va à la
promotion de l’égalité homme-femmes ou donnent plus de pouvoirs ou de
capacités aux femmes.
Au niveau national, les services publics sont taillés pour les hommes
employés, lettrés ou aisés. Les femmes continuent de subir des barrières à
l’accès aux services de santé, d’éducation ou agricoles. Elles sont privées
des soins des cliniques et des écoles qui sont souvent trop éloignées ou
trop chères. Une des composantes de ces barrières réside dans la corruption.

Enfin, dans le domaine de la santé maternelle, le bilan est peu brillant. « 
Une femme sur dix meurt de complications liées à la grossesse que l’on sait
prévenir »
. « Soyons honnêtes. Nous avons faits de grands progrès mais en ce
qui concerne la santé maternelle, notre bilan est lamentable. Il est
impensable qu’une femme meure toutes les minutes du fait de la grossesse ou
à la naissance. Il s’agit d’une crise silencieuse »
, a déclaré le Secrétaire
général de l’ONU, Ban Ki-moon, au lancement du rapport.
La fourniture des services publics est un vrai test de la responsabilité des
gouvernements, affirme le rapport.

Enfin, selon l’UNIFEM, un moyen efficace de permettre l’accès des femmes à
la justice passe par des changements dans les institutions de maintien de
l’ordre et de justice informelle. Ainsi, la présence d’un contingent féminin
au Libéria encourage les femmes à s’engager dans la police.

Source : Texte publié sur les listes de diffusion ATTAC-GENRE

Dans la même rubrique :

Communauté

  • Devenir membre
  • Se connecter
  • Nos membres
  • Le genre se bouge
  • Publier un article

infoGENRE

S'abonner à la newsletter