Editorial

Du bon geste à la révélation libérale

Malgré les très bonnes attentions portées par les organisatrices du Forum, parmi lesquelles les représentations de spectacles vivants et la présentation d’éléments de mémoire collective, le pire est à craindre. Anglophone, pour le moins, contaminée par le brevetage informatique, pour sûr, cette dixième édition reste à prendre avec des pincettes.

Le 11e Forum international de l’AWID sur les droits de la femme et le développement dédié au « Pouvoir des mouvements sociaux » organise une série d’événements festifs au loisir des participant-es. Dès le samedi soir, le 15 novembre, une pièce, produite par la Gender Equity Unit de l’Université, sera présentée au public. Reclaiming the P… Word (À la reconquête du mot P… ). Cette représentation sera précédée d’une performance par Shailja Patel, poétesse, dramaturge et artiste kenyane. La fête continue. Après le spectacle, une fête nocturne invite l’audience a écouter Kethi, activiste et musicienne sud-africaine d’« afrosouljazza », ainsi que Marilyn et Edwina Thorne de Nouvelle-Zélande, déjà présentes à l’édition de Bangkok.
Le samedi sera chaud… d’autant qu’un atelier sonore, organisé par les mêmes Marilyn et Edwina, devrait précéder ces représentations. Cette activité ambitionne « d’apprendre et de partager la musicalité et la culture que vous-mêmes et d’autres personnes présenterez à l’atelier. » Elles invitent quiconque à venir avec son instrument, ou sa voix en chanson, « avec un esprit ouvert, une bonne « oreille » et une passion pour l’expression artistique ».
Le 16 novembre, les organisatrices proposent un spectacle, en première mondiale, « Le labyrinthe des papillons », adapté du livre « Women : Metamorphosis of the Butterfly Effect » de Maria Suarez Toro. Cette pièce, qui s’inscrit dans une soirée de « célébration de la femme », sera de plus précédée d’une réception à laquelle tou-tes les délégué-es du Forum sont invité-es.
On l’aura compris. Les organisatrices souhaitent gâter les 1700 participant-es attendu-es. Et tant mieux. Elles souhaitent même qu’on lance nos messages, le 15. Pourquoi pas ? Mais il faut les envoyer avant le 31 octobre, d’accord, en trois langues, plus dur, et en présentation « PowerPoint » (sic). Là, la coupe est pleine. Tous les spectacles proposés, hormis l’atelier sonore, à suivre, seront en anglais… Comment les Francophones non bilingues vont-elles pouvoir « échanger » ? Ensuite, Microsoft n’a pas à se soucier de son prosélytisme… il est assuré par les féministes internationales… Quels beaux indicateurs pour une conférence qui entend s’engager sur le chemin des mouvements sociaux et donc du changement mondial ? de la liberté peut-être ? J’ai hâte de voir mes frayeurs s’apaiser.

Joelle Palmieri
Genre en Action

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