Féminisme agressif ou dynamique de résistance ?

« Travailler l’agression dans notre activisme : la contribution de la psychanalyse et de l’éthique féministe », un atelier au programme ambitieux pour 90 minutes…

La première question, travaillée en petits sous-groupes « C’est quoi, pour vous, l’agressivité ? Quels mots vous associez à ce terme ? », a clairement montré l’ambivalence du terme. Un côté est clairement négatif, associé à des mots comme « haine » et « violence ». Les associations comme « dire NON ! » étaient plus au moins neutres, mais il y a aussi des aspects positifs : « résister » et « se défendre ». Ce qui a donc permit d’ouvrir le débat sur les représentations de l’agressivité : qui décide si l’agressivité est mauvaise, neutre ou bonne ? Quelles constructions sociales s’opèrent autour de cette notion ? Une des animatrice montrait un prospectus d’un programme sensé soigner des filles agressives, les « mean girls ». En effet, dans une grande partie de notre globe, il est socialement accepté, voire encouragé pour les garçons de manifester de l’agressivité, alors que l’on considère facilement les filles agressives comme problématiques, voire malades. Cette imprégnation explique sans doute une partie du rapport compliqué que nous, les femmes, entretenons avec l’agressivité.

Comprendre l’agressivité

Le temps passait vite, les échanges, discussions, mais aussi les présentations plus théoriques des animatrices étaient riches et souvent étonnantes. En conclusion, on peut retenir l’importance de chercher à comprendre et analyser les raisons profondes des agressions que nous ressentons, à être attentives aux signes de notre agressivité, jusque dans les aspects corporels (« body-literacy »). Car une des hypothèses partagées était que l’agressivité qui s’exprime entre les femmes trouve souvent ses sources dans des rapports inégaux avec des hommes, sur lesquels les femmes ne s’autorisent pas à s’exprimer et à évacuer, s’estimant « bien élevées ».

Reste la grande question que les participant-es ont à peine effleurée, tant la prise de conscience de sa pertinence était au centre de cet atelier : comment faire pour transformer l’agressivité en moteur de dynamique, de force, de résistance et en fin de compte de transformation sociale ?

Elisabeth Hofmann, Réseau Genre en action

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