Femmes migrantes en Belgique (Le Monde Selon les Femmes, Bruxelles)

Ces ouvrages explorent l’immigration comme phénomène économique, politique et social, fruit des relations de dépendance entre les pays riches du Nord et les pays pauvres du Sud. Les femmes migrantes quittent le Sud pour des raisons économiques, principalement. Elles migrent de plus en plus souvent seules, chefs de ménage, et toujours elles assurent, par leur travail, un rôle clé pour la survie de leur famille restée au pays ou immigrée elle-aussi. Mais l’invisibilité des femmes migrantes dans leur société d’accueil est évidente.

Le Monde selon les femmes, depuis 96, s’implique dans un partenariat avec des associations de migrantes en Belgique. Par l’organisation de colloques communs et des plate-formes de travail, avec d’autres ONG belges.

De cette collaboration des études ont été réalisées : une sur l’accès à l’emploi des femmes migrantes, une autre sur le rôle des femmes migrantes dans les ONG et une dernière sur les migrantes et la santé reproductive.

L’intégration des femmes migrantes au marché de l’emploi

Cette publication se veut une tribune où les expériences des migrantes, dans le domaine de la recherche d’un emploi, sont mises à plat.

L’accès de femmes migrantes au marché de l’emploi est rendu ardu par plusieurs obstacles : le règlement du travail des étrangers, le niveau de formation, les moyens financiers, l’absence d’autonomie, la discrimination à l’embauche, le racisme, le sexisme, etc. En outre, il convient d’ajouter le problème de la répartition traditionnelle des tâches entre les hommes et les femmes dans la société, qui pénalise les femmes et a des conséquences graves pour leur formation ou leur (ré) insertion professionnelle.
Les travailleuses migrantes sont contraintes à exercer un nombre limité d’occupations et se concentrent davantage dans le secteur domestique ou dans l’industrie du divertissement. Elles travaillent dans des situations pénibles et restent confrontées à l’exploitation, à la violence et sont forcées d’accepter les pires conditions, proches de la survie.
Dans sa réflexion sur l’accès des femmes migrantes à l’emploi, SFIA BOUARFA a démontré que « les travailleuses immigrées occupent des postes mal payés et sous qualifiés. Elles y sont généralement contraintes à des horaires a-typiques dans les secteurs du nettoyage et de la restauration par exemple, et au travail en noir qui les prive d’une protection sociale correcte. Ce phénomène est amplifié par l’apparition croissante de familles monoparentales. De nombreuses femmes immigrées qui se retrouvent seules avec leurs enfants sont confrontées à des situations particulièrement dramatiques.

Parcours d’insertion socioprofessionnelle ?

Quand les migrantes sont en situation légale, qualifiées ou peu qualifiées et possédant un « permis de travail », celles-ci dépendent de leurs employeurs pour le renouvellement de leur statut.
La situation est encore plus compliquée pour les travailleuses domestiques clandestines (le travail domestique n’est pas couvert par la législation nationale). Celles-ci dépendent encore plus de leurs employeurs qui peuvent se permettre de retenir le salaire et abuser d’elles psychologiquement ou physiquement en toute impunité, sachant que les travailleuses ne rapporteront pas ces faits par craintes de poursuites judiciaires et de mesures d’expulsion.

Il ressort qu’une bonne partie des travailleuses occupent des emplois nettement inférieurs et ne correspondant pas à leurs qualifications.
On assiste au phénomène de « déqualification des femmes migrantes et de dislocation des familles » entraînant ainsi « une dévalorisation » et « un gaspillage du capital humain. »
A ce sujet le rapport de la recherche du Forum des migrants précise que les femmes migrantes ne bénéficient ni d’une couverture sociale (pas de prestation de chômage), ni de la protection de la législation du travail. Les emplois dans l’économie souterraine rendent leur situation encore plus précaire, les marginalisent et accentuent leur invisibilité puisque leur activité professionnelle ne figure évidemment pas dans les statistiques du marché de l’emploi.

Le rôle des femmes migrantes dans les ONG et le développement

Cette publication se penche sur les liens entre les ONG du Nord et les femmes migrantes ainsi que leur apport au développement : des pistes, des actions, des propositions méthodologiques pour appuyer la capacité d’action des femmes immigrées comme actrices du développement socioéconomique du sud, des ponts à jeter pour la participation des associations de migrantes au développement sont quelques-uns des thèmes abordées, avec un article spécifique de la migration des femmes latino-américaines.
La mobilisation des associations de migrant(e)s fait émerger de nouveaux acteurs au Nord. Elle permet d’instaurer des nouvelles formes de dialogues et d’échanges originaux, entre les acteurs des sociétés civiles du Nord et celles du Sud. Ces différentes initiatives contribuent également à un renouvellement de l’approche traditionnelle des questions de développement caractérisée jusqu’ici par une démarche d’aide du Nord envers le Sud.
L’essor du mouvement associatif des femmes migrantes n’a commencé que dans les années 80, ce mouvement était alors animé par des préoccupations dues à l’absence d’une politique d’accueil des immigr(é)es et ensuite aux discriminations dont ces femmes étaient victimes.
Des nouvelles possibilités se sont progressivement offertes, et ont permis aux femmes migrantes de créer des associations pour résoudre certains problèmes. Ces associations sont devenues des points de repère pour les nouveaux venus mais aussi des vraies interlocutrices et des agents de développement. Dans cette brochure nous voulons montrer que les femmes migrantes participent activement en Belgique à la construction d’une société meilleure et plus solidaire.

Accès aux droits de la santé reproductive et sexuelle des femmes migrantes en Belgique

Cette étude de cas des associations des femmes migrantes en Belgique a été menée dans le cadre de la conférence Internationale des Droits en matière de santé reproductive et sexuelle organisée par la Plate-forme Population et Développement. La démarche du Monde selon les femmes était de sensibiliser les associations de femmes migrantes à l’accès aux droits reproductifs et sexuels et élaborer conjointement des recommandations concernant ces droits notamment dans le cadre de la coopération et mettre en valeur les différentes approches des associations de femmes migrantes pour déceler les apports culturels et mettre ceux-ci à profit dans le travail des associations et ONGs qui s’occupent de la santé reproductive et sexuelle dans les pays du sud. Une introduction au concept de ‘accès et de droit à la santé reproductive et sexuelle est apporté comme les résultats des interviews.

Ces publications sont accessibles sur demande au Monde selon les femmes au prix de 6 €.

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Le Monde Selon Les Femmes
18 rue de la Sablonnière
Bruxelles 1000
Belgique

P.-S.

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