Fondamentalismes religieux au Congo

En République Démocratique du Congo, les fondamentalismes religieux ont sérieusement pris leurs marques et créent les bases d’une régression en matière de droits des femmes. Les organisations de femmes doivent se mobiliser, en organisant des initiatives multiformes, à tous les niveaux et en cherchant des soutiens politiques. Elles expriment ainsi leur résistance.

Les fondamentalismes religieux peuvent représenter des systèmes sociaux, culturels, politico-économique ou philosophiques. Ces systèmes désignent l’attachement strict à une doctrine précise, travaillant sous l’apparence de religion et de culture. Leurs bases sont des textes interprétés qui laissent croire à une vérité absolue. Les liens qui existent entre les différents types de fondamentalismes et leur mode de fonctionnement par-delà les régions et les religions sont les fanatismes, la croyance dans la culture est leur façon d’interpréter la religion. Force est de constater que la plupart des mouvements des femmes sont infiltrés par les fondamentalistes religieux. Le contexte des violences familiales ou sexuelles, institutionnelles, politiques, économiques et sociales constituent le terreau privilégié des fondamentalisme religieux.

En République Démocratique du Congo, par exemple, l’une des ressources les plus importantes est la diversité des ethnies (culture). On compte plus de 540 ethnies et des milliers des religions. Les traditions, les coutumes, les pratiques religieuses et les dogmes d’ordre religieux sont tous différents selon la religion ou la communauté, l’ethnie ou la province. Les fondamentalismes religieux représentent tous des milliers de religions. Il existe des milliers de noms et groupes, et deux grands mouvements dont les noms sont connus par toute la population congolaise. Leur dimension genre est intéressante car l’un est dirigé par une femme et l’autre par un homme. La première a su s’implanter dans toutes les provinces de la République Démocratique du Congo et connaît des ramifications internationales et le deuxième se trouve concentré dans la partie Ouest de la République Démocratique du Congo mais a des adeptes aussi à l’extérieur du pays. Leur présence et leur force locale font que les mouvements des femmes sont victimes d’une situation d’oppression au sein de leur groupe.

La résistance des femmes

Dans ce contexte, les mouvements des femmes ont été souvent remis en question. La femme risque fort de se faire isoler par leur milieu ambiant en cas de non-adhésion à ces fondamentalismes. Cette situation devient un cancer dans le corps de la société. La stratégie utilisée actuellement par les mouvements des femmes pour résister aux fondamentalismes religieux est d’abord l’information, la communication et la sensibilisation à tous les niveaux sur les phénomènes des fondamentalismes et leur avancée dans la vie et les droits des femmes. Ensuite les campagnes de désinformation où la femme est considérée comme responsable. Enfin la médiatisation des mouvements des femmes pour la paix et la solidarité. Les mouvements des femmes ont agi ainsi car elles ont remarqué que les fondamentalismes religieux limitaient leur action et l’espace qu’elles doivent occuper et leur vision du développement du pays. La provocation se situe au niveau de la réduction au silence des femmes et parfois elles sont éliminées physiquement à cause des actions de jeûne qui provoquent ou suscitent des maladies (cas de diabète et d’hypertension).

La forme de résistance adoptée est la tactique de diversions qui se résume à organiser les femmes en ateliers où elles apprennent des actions génératrices de revenus. Ces initiatives les aident à résister aux fondamentalistes car leur temps devient précieux dans les activités génératrices de ressources au niveau de leur foyer. Les alliés des mouvements des femmes sont des organisations qui ont la même vision que les femmes dans la défense de leur droits ainsi que les hommes qui comprennent le bien fondé de cette action. Parfois certaines églises classiques soutiennent l’action des femmes car ce sont aussi leurs fidèles qui fuient les paroisses pour aller s’embourber dans toutes ces églises appelées Eglises de Réveil.
Les stratégies que les militantes pour les droits des femmes peuvent tirer sont la conjugaison des efforts pour une meilleure coordination des actions des différents pays et la mise en œuvre d’un partenariat entre différentes organisations pour lutter contre l’avancée de ces fondamentalismes religieux dans le monde.

Annie Matundu-Mbambi - Présidente WILPF - RDC

Dans la même rubrique :

Communauté

  • Devenir membre
  • Se connecter
  • Nos membres
  • Le genre se bouge
  • Publier un article

infoGENRE

S'abonner à la newsletter