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Genre, développement durable et changements climatiques

jeudi 13 octobre 2016, par Claudy

Le 16 décembre 2014, à l’occasion du 20ème anniversaire de la Conférence de Pékin de 1995 et à la veille de l’adoption des Objectifs du développement durable (ODD) par les Nations unies à Paris, le ministère des Affaires étrangères et du Développement international français (MAEDI) et le réseau international francophone Genre en Action organisaient le colloque international «  1975-2015  : C’est encore loin l’égalité des femmes et des hommes  ?  », avec le soutien d’ONUFemmes. Ce texte présente les résultats de l’atelier consacré à « Genre, développement durable et changements climatiques ».

Recommandations de l’atelier pour les Objectifs de Développement Durables post-2015

  • Reconceptualiser les liens entre le genre et les changements climatiques : Les analyses et propositions des acteurs institutionnels et de la société civile à propos de la crise écologique et climatique continuent de minimiser ou oublier l’enjeu du genre. Pourtant, l’approche genre et développement durable constitue une approche par les droits qui fait un lien direct entre justice sociale et préservation de la nature. Passer du développement durable, concept souvent qualifié de flou, au prisme de l’approche de genre permet de préciser et de revitaliser la notion, car organiser et planifier une transition écologique et économique en y intégrant réellement une approche de genre implique des démarches très concrètes, notamment au niveau territorial. Il s’agit par exemple de prendre en compte les rapports d’exploitation et notamment le travail de care gratuit ou faiblement rémunéré des femmes sur lequel s’appuie l’économie « productive ».
  • Mettre le genre au cœur des décisions stratégiques : Il est impératif que les questions de genre (et autres diversités transversales) soient au cœur des décisions stratégiques relatives à un autre mode de développement, un mode de développement soutenable à même de répondre aux crises écologiques, sociales et économiques. Ceci implique, entre autre, une reconnaissance de la question de genre et des droits humains dans les décisions stratégiques de développement urbain comme, par exemple : l’infrastructure urbaine, le développement économique urbain/régional ou encore les priorités spatiales de développement. La question du genre, et des diversités, doit faire partie intégrante des réflexion sur le « découplage » du progrès économique par rapport à l’utilisation des ressources environnementales (surtout, mais pas seulement, dans les villes du Nord).
  • Entendre et écouter les femmes dans les négociations climat : Les réponses aux changements climatiques doivent être globales et couvrir la formation et le renforcement des capacités, l’amélioration des moyens d’existence et la fourniture d’une protection sociale ainsi que les services et infrastructures essentielles de base. Les préoccupations des femmes doivent être entendues et leur participation assurée. Il est essentiel donc d’inclure les femmes dans les négociations sur le climat, afin qu’elles puissent porter le plaidoyer en faveur des droits des femmes et de l’égalité et que ces questions soient enfin intégrées aux questions climatiques et écologiques, intimement liées au développement durable.
  • Mettre les politiques en cohérence avec la CEDEF : les gouvernements sont en train de décider d’un plan de travail en vue de l’adoption d’ici 2015 d’un accord universel sur les changements climatiques qui doit être sensible au genre. Cet accord doit être cohérent avec les principes de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) et le Programme d’action de Pékin et d’autres textes fondateurs de la pertinence du genre dans les questions environnementales.
  • Promouvoir la concertation des acteurs et actrices pour que les questions de genre soient intégrées au processus et aux négociations : Les parties à la Convention sont incitées à inclure davantage de femmes comme candidates à des postes au sein de ces organes, et à établir l’équilibre entre les sexes dans les délégations participant aux réunions en vertu de la Convention et du Protocole de Kyoto.
  • Veiller aux mots : à Lima fin 2014, il y a eu un renversement de la situation. On s’attendait à ce que les engagements soient forts, mais certains Etats, à l’instar de l’Arabie Saoudite, ont bloqué le processus en parlant d’ « équilibre entre les sexes » et non d’ « égalité des sexes ».
  • Poursuivre le plaidoyer pour l’intégration du genre dans les négociations et politiques climatiques : La participation de la société civile, notamment celle qui implique les femmes, aux négociations mais aussi à la mise en œuvre des décisions est essentielle. Cette dernière doit rester unie pour atteindre les objectifs de négociation.
  • Etendre les champs d’intervention et de recherche, notamment vers la dimension urbaine : Le développement durable et la question climatique ne sauraient se limiter à analyser et agir dans les zones rurales. Il est important de penser à l’inter-sectionnalité des facteurs d’inégalité lorsque nous réfléchissons à l’articulation entre genre/changements climatiques/villes ou établissements humains.

Lire le compte-rendu

Retrouvez tout le colloque sur le site de Genre en Action

Retrouvez des articles sur genre et changement climatique sur Observaction, le centre de ressources en ligne de Genre en Action.

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