Genre en action

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Genre et développement économique, enjeux et acteurs

vendredi 5 février 2010

Résumé du rapport de Genre en Action « Genre et développement
économique, enjeux et acteurs »

De par le monde, les femmes sont vulnérables et subissent de nombreuses discriminations et violences, ne bénéficiant pas d’un égal accès aux services, aux droits et aux opportunités, que ce soit au niveau civil, économique ou politique.

Dès leur enfance, la division sexuelle du travail leur impose de concilier les tâches domestiques, les responsabilités familiales et les activités génératrices de revenus. Elles se retrouvent dépendantes, que ce soit financièrement ou socialement, tout en endossant le plus en plus souvent, de jure et/ou de facto, le rôle de « cheffes » de la famille.

Pourtant, les études le démontrent : un rôle actif des femmes dans l’économie nationale ouvre la voie à un meilleur développement du pays et à une croissance économique plus soutenue. L’égalité hommes-femmes permet à ces dernières de déployer davantage leur potentiel productif. Leur autonomisation économique est une condition sine qua non de leur accès réel aux droits humains et à leur liberté, et s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la pauvreté et contre la tendance à sa féminisation (OMD3 : « Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes »).

Le soutien aux femmes actrices économiques passe par le renforcement de la société civile, pilier de la gouvernance démocratique. Il concerne les mouvements de femmes, du regroupement féminin villageois aux réseaux régionaux transfrontaliers. Il assure la mutualisation des ressources
humaines, financières ou matérielles, et de temps, dans le but d’augmenter les rendements et la rentabilité des activités et de garantir un revenu plus important et régulier aux femmes (optimisation de la production, facilitation du ravitaillement, diversification des cultures ou produits, accès à des
débouchés stables…).

La très forte hétérogénéité de ces initiatives doit être soulignée : en termes d’échelle d’intervention (du local au global), de public concerné (avec des femmes plus ou moins pauvres) et enfin d’objectifs : certaines expériences visent un « mieux-vivre » et l’épanouissement personnel, d’autres relèvent de la survie. En dépit de ces diversités, les expériences partagent plusieurs
similitudes : elles luttent pour un accès réel aux droits humains et elles mettent l’économique au service de la solidarité.

La structuration des mouvements de femmes a permis une meilleure visibilité des contraintes, des opportunités et des initiatives existantes sur le terrain, et a orienté les stratégies d’appui. Pour être opérationnelles, il est important que les femmes suivent des formations professionnelles et techniques (alphabétisation, comptabilité, gestion d’équipe, etc.) qui englobent aussi une approche
sociale (droits humains, du travail, expression en public, gestion des organisations, contraception, maladies, etc.).

De plus en plus, l’attention des gouvernements (du Nord comme du Sud), des ONG et des organisations internationales et trans-régionales (ONU, Banque mondiale, FAO, BAD, UEMOA…) est centrée sur les femmes. De nombreuses initiatives sont aujourd’hui à l’oeuvre : appui aux groupements de femmes, à la micro entreprise, formations professionnelles ou professionnalisantes, accès à la microfinance…

Cette préoccupation internationale se traduit dans les faits sous plusieurs formes : par l’adoption d’une approche transversale, comme par exemple au sein de l’Union européenne par l’adoption d’une feuille de route 2006-2010, par la création d’agences de coopération au sein de chaque pays européen, dont une des missions est de veiller à la prise en compte effective de l’approche
sexospécifique dans les projets et programmes de développement.

La prise en compte plus complexe des questions de genre permet par ailleurs aux institutions internationales qui soutiennent les activités économiques des femmes de les placer au centre des processus de décisions. C’est la cas de la Banque mondiale qui a adopté un plan d’action "Gender as Smart Economics" en 2007 et de l’OIT et de son programme programme SEED « Small EnterprisE
Developement » (développement de petites et moyennes entreprises) engagé en 2000 pour la promotion de l’entreprenariat féminin.

Enfin, outre les organisations et institutions internationales, les organismes interrégionaux africains démontrent aussi leur préoccupation quant à l’autonomisation des femmes. Les axes économiques prioritaires s’attachent principalement à la promotion du micro-entrepreneuriat féminin, le
renforcement des réseaux et des débouchés existants, et la formation des femmes et des personnels internes.

Un partenariat entre structures de la société civile – que ce soient des associations ou coopératives locales, des fédérations nationales, des réseaux transrégionaux ou des ONG du Nord et internationales – et bailleurs gouvernementaux, multilatéraux ou privés, permet la mise en place de
programmes pertinents et efficaces de soutien aux actrices économiques. C’est de cette manière qu’ils pourront s’inscrire dans une optique durable et pérenne et être réappropriés par les acteurs locaux, permettant une représentation effective des hommes et des femmes dans tous les processus de décisions économiques, sociales et politiques.
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