L’engagement des bailleurs de fonds en faveur des mouvements

Les bailleurs de fonds, qu’ils soient ONG ou fondations, peinent à comprendre le fonctionnement des mouvements. Il est important de maintenir le dialogue pour lever les incompréhensions et les fonds.

Le vendredi 14 novembre, s’est tenue une session intitulée « Pour financer le développement du mouvement ; les bailleurs de fonds se rendent compte des exigences » pendant laquelle des représentantes de l’organisation AEFAR ont échangé avec Nicky Mcintyre, de l’ONG internationale Mama Cash, qui finance leurs actions, sur les exigences qu’imposent les bailleurs de fonds pour financer les mouvements sociaux de femmes.

Côté bailleurs
Les représentantes de l’AEFAR ont introduit le débat en expliquant que les mouvements sociaux féminins commencent à souffrir d’un manque de soutiens de la part des bailleurs de fonds et plusieurs d’entre eux se plaignent de plus en plus de la rareté des subventions. Selon Nicky Mcintyre, plusieurs raisons expliquent ce phénomène, notamment le fait que, d’une manière générale, les bailleurs de fonds ne sont pas motivés pour financer les actions des mouvements sociaux parce qu’ils trouvent que, contrairement à des organisations à la structure bien déterminée, les mouvements ne sont pas « palpables », ils sont « imprévisibles », ce qui désoriente les bailleurs. Ces derniers ignorent aussi souvent les résultats exacts et concrets des actions menées par les mouvements qu’ils financent. Les donateurs sont en revanche tous d’accord sur le fait que ce sont les mouvements qui apportent les véritables changements dans les contextes répressifs. Ils doivent donc être financés. Mais là se pose un problème : la baisse de soutien de certains bailleurs, notamment les ONG, est également liée à leur propre difficulté à lever des financements auprès de fondations ou d’individus.

Côté mouvements
Les stratégies à mettre en œuvre pour convaincre les bailleurs de les soutenir sont un des grands défis des mouvements. Les représentantes des mouvements ont rétorqué en disant qu’il est difficile d’évaluer directement les résultats des mouvements parce qu’ils s’inscrivent dans un temps très long. Cela peut prendre jusqu’à 5 ou 10 ans pour qu’on puisse observer les changements. Ce qui évidemment ne doit pas les empêcher de continuer à faire le suivi des actions pour lesquelles elles reçoivent des financements et donc de faire des rapports. Ainsi les bailleurs sauront-ils ce qui s’est réellement passé. Les tenants des mouvements savent maintenant à quoi s’en tenir.

Jacqueline Musugani Nyangoma - Initiatives des femmes en situations difficiles pour le développement intégré (IFESIDI) – République démocratique du Congo

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