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L’exclusion sociale pour allégation de sorcellerie, une violence faites aux femmes

jeudi 9 octobre 2014

Par Denise Sidonie NEBIE/ZOMA (Burkina Faso). Le contexte socio-culturel du Burkina Faso est toujours marqué des croyances et des pratiques qui sont sources de violences à l’égard des femmes. Parmi ces violences, on peut citer l’excision, le lévirat, le mariage forcé et précoce, mais aussi l’exclusion sociale des femmes pour allégation de sorcellerie.

L’auteure

Denise Sidonie NEBIE/ZOMA est professeure certifiée de philosophie au Burkina Faso. Elle a été successivement directrice régionale de la promotion de la femme et directrice de la coordination des associations féminines. Plusieurs formations au Japon, au Danemark, au Burkina Faso sur la contribution des femmes au développement ont renforcé sa prise de conscience sur la problématique du développement en lien avec les inégalités liées au genre. Elle est également formatrice en genre et responsable d’une association dénommée actions femmes épanouies/association pour le développement (AFE/APD).

L’inclusion sociale, un facteur déterminant du développement social

Le vendredi 19 septembre 2014 s’est tenue une cérémonie de lancement du « projet Delwendé » dans l’enceinte du centre Delwendé situé à Tanghin, dans l’arrondissement 04 de la ville de Ouagadougou.

Cette cérémonie placée sous la présidence du Professeur Moussa OUATTARA, Ministre des Enseignements Secondaire et Supérieur (MESS), président de la Commission Nationale burkinabè pour L’UNESCO , a connu la présence effective des bénéficiaires du projet, des membres du gouvernement et de leurs représentants, du coordonnateur résident du système des Nations Unies au Burkina Faso, du Président du Conseil exécutif de l’Organisation Islamique pour l’Education, la Science et la Culture (ISESCO) , de la représentante de la directrice du bureau multisectoriel de l’UNESCO pour le Sahel à Dakar, du Secrétaire Général de la Commission Nationale burkinabè pour l’UNESCO, des autorités religieuses et coutumières , des directeurs et chef de service, des représentants des Organisations de la Société Civile, etc.

Ce projet intitulé « intégration de la vulnérabilité dans les politiques publiques pour promouvoir l’inclusion sociale et la lutte contre la pauvreté et la discrimination des groupes les plus défavorisés, incluant les femmes et les hommes » est une suite de l’étude d’évaluation du niveau d’inclusivité des politiques publiques commanditée par l’UNESCO et réalisée dans neuf pays de trois régions différentes. Il s’agit du Burkina Faso, du Niger et du Sénégal pour la région Afrique, du Liban, du Maroc et de la Jordanie pour le Moyen Orient, du Guatemala, du Honduras et du Salvador pour la région Amérique Latine et Caraïbes.

Le sommet mondial sur le développement social a retenu depuis 1995, l’inclusion sociale comme un facteur déterminant du développement social. L’inclusion sociale étant définie comme « une société pour tous dans laquelle chaque individu, avec ses droits et responsabilités, a un rôle actif à jouer » . L’avènement d’une telle société ne peut se faire que sur la base des principes d’équité, d’égalité, de justice sociale, de droits humains, de liberté et d’acceptation de la différence d’être, de savoir, de savoir faire.

La déclaration du Millénaire pour le développement en 2000 a également pris en compte, la dimension de l’inclusion sociale tout en mettant l’accent sur l’éradication de la pauvreté comme principal facteur de développement.

Nonobstant les débats conceptuels sur l’inclusion sociale, plusieurs stratégies de développement ont été mises en œuvre dans les pays pour résoudre la problématique des inégalités sociales en mettant l’accent soit, sur des thématiques telle que la pauvreté, le chômage, etc. soit sur l’accès aux ressources – facteurs de production et services sociaux de base, etc. Ce faisant, la problématique de l’inclusion sociale est restée entièrement posée et les inégalités se sont accrues.

L’UNESCO, à travers sa section Sciences humaines et sociales (SHS) et le programme de gestion des transformations sociales (MOST), accompagne les Etats membres à améliorer la qualité des politiques sociales. C’est ainsi qu’en 2012 , deux priorités thématiques ont été adopté dans le programme MOST : l’inclusion sociale et les transformations engendrées par le changement environnemental au niveau global.

Pour atteindre les résultats escomptés au niveau du programme, une évaluation des politiques publiques était nécessaire afin de permettre d’identifier les obstacles existant à l’inclusion et proposer des recommandations.

C’est sur la base des résultats et orientations de l’étude d’évaluation des politiques menée au Burkina Faso, que l’accent est mis sur les pensionnaires du centre Delwendé et celles de la cour de solidarité à Paspanga à travers ce projet.

L’accusation de sorcellerie, une forme d’exclusion sociale genrée

Qui sont les pensionnaires du centre Delwendé ? Le terme « pensionnaire » est le terme politiquement correct utilisé pour désigner les femmes accusées de sorcellerie, d’être des mangeuses d’âmes.

Au Burkina Faso, l’appellation usitée de nos jours est « femmes exclues sociales pour allégation de sorcellerie ». Ces accusations sont portées généralement sur des femmes lors de maladie de longue durée, de mal incurable ou après le décès d’un membre de leur famille ou de la communauté. Rarement des hommes sont accusés de sorcellerie, d’être des mangeurs d’âmes et exclus de leur communauté après avoir subi des violences. Les hommes suspectés sont plutôt craints et la population s’en méfie.

Lorsqu’il s’agit des femmes, celles-ci sont bannies de leur village, exclues de leur communauté, rejetées par leur famille après avoir subi des violences, des traitements dégradants et inhumains (sévices corporels, menaces verbales, injures, lapidation, incendie d’habitation et de biens, etc.). Elles sont condamnées à errer dans la nature, torturées par la faim et la soif, livrées à la merci des animaux sauvages, des psychopathes et autres dépravés sexuels.

Les femmes victimes de ce type de violence et de discrimination sont pour la plupart, du troisième âge, n’ont pas eu d’enfants ou ont eu des filles, ou ont des enfants émigrés ou qui n’ont pas « réussi ». Elles sont veuves ou ménopausées, pauvres, sans instruction. Il arrive parfois que des femmes moins âgées qui sortent de la norme sociale qui leur est imposée soient accusées de sorcellerie. Dans cette catégorie d’accusée de sorcellerie, il y a les femmes insoumises, économiquement indépendantes, qui veulent jouir de leur droit de parole, de choisir leur époux, de planifier leur grossesse, d’exercer une activité, d’aller et de venir sans autorisation préalable, etc.

En somme les femmes exclues sociales pour allégation de sorcellerie sont généralement des femmes sans soutien, qui constituent une charge pour la famille, ou des femmes qui refusent de se conformer à leur rôle et statut préalablement définis par la société.

Au Burkina Faso, cette pratique est plus courante dans les aires socio-culturelles moaga et apparentées.

La chasse aux sorcières

Une revue documentaire permet de se rendre compte que les accusations pour sorcellerie et la chasse aux sorcières ont existé dans toutes les époques et dans toutes les civilisations et qu’elles ont été peu à peu remises en cause et ont disparues des pays surtout d’Europe et d’Amérique.

Les éléments déterminants de ce changement étaient essentiellement dus au christianisme, au progrès scientifique, à l’instruction, à l’élévation du niveau de vie et de développement socio économique.

Selon le dictionnaire Wikipedia, pour comprendre la croyance à la sorcellerie, il faut se replonger dans les mentalités anciennes pour qui, la nature est peuplée de forces surnaturelles. Un humain peut donc, par divers procédés (invocations, rituels), mettre ces forces surnaturelles à son service pour faire le bien ou le mal. Lorsqu’il choisi de faire le mal, le "sorcier" supposé est perçu comme n’importe quel criminel, donc poursuivi et condamné comme tel. Le plus souvent, il n’y a pas de procès devant un tribunal, mais simplement d’une vengeance collective, un lynchage populaire.

Dans l’Europe païenne de jadis, comme dans le Moyen Âge chrétien, il suffisait parfois qu’une personne tombe malade, qu’une grange brûle ou qu’une vache meure sans cause apparente, pour que la communauté villageoise désigne un coupable que son comportement ou sa marginalité a rendu suspect.

Le contexte socio-culturel du Burkina Faso reste toujours marqué par un certain nombre de croyances et de pratiques qui sont sources de violences à l’égard des personnes marginalisées et vulnérables. Parmi ces violences ont peut citer entre autre, la mendicité forcée des enfants, l’excision, le lévirat, le mariage forcé et précoce, le « déclassement des femmes ménopausées ou mal aimées » , l’exclusion sociale des femmes pour allégation de sorcellerie.

Une étude sur le renforcement des instruments juridiques relatifs aux violences faites aux femmes et aux filles, propose la définition suivante : « l’accusation de sorcellerie est toute imputation de faits d’ordre magique, abstrait, imaginaire ou surnaturel qui ne peuvent être matériellement prouvés, à une ou plusieurs personnes et qui portent atteintes à l’honneur et à la réputation de celles-ci ».

Pour Dimdolobsom, l’homme d’après les mossé se compose de trois éléments : le corps, le Siga ou Toulé (âme) et le Kima (revenant). Le Siga est la partie de l’homme qui doit retourner à Dieu. A sa mort le Kima de l’homme rode quelques temps à côté de sa maison et va rejoindre ses ancêtres à Pilimpikou. Pour les mossé, une personne ayant certains pouvoirs peut prendre le Siga d’un individu pour le manger.

Si cette conception de l’homme et la croyance en l’existence de forces et formes surnaturelles peut expliquer que l’on arrive à penser la sorcellerie, aucune excuse ne peut justifier les violences psychologiques, physiques, morales et l’exclusion sociale des femmes. Il s’agit là d’une flagrante violence liée au genre. Pourquoi les hommes accusés ne subissent pas les mêmes types de violences ? Comment les autres communautés ethniques gèrent elles cette question ?

Les centres d’accueil pour personnes marginalisées accueillent majoritairement des femmes accusées de sorcellerie

Si certaines femmes exclues de leur communauté pour allégation de sorcellerie ont mis fin à leur jour ou sont devenues folles, d’autres par contre ont trouvé refuge dans des centres d’accueil disséminés dans les zones où le phénomène est très répandu.

Le centre Delwendé de Tanghin à été crée en 1963 pour héberger des indigents. Avec l’appui de l’Eglise catholique, le centre a commencé à recevoir les femmes exclues de leur famille pour allégation de sorcellerie. De nos jours, le centre héberge deux cent cinquante six (256) femmes exclues sociales pour allégation de sorcellerie et cinq (05) hommes déficients mentaux.

La cour de solidarité de Paspanga a été crée en 1985 sous la révolution pour accueillir les mendiants de la ville de Ouagadougou. Elle a été transformée en 1994 en centre d’accueil des femmes exclues sociales pour allégation de sorcellerie. Elle compte quatre vingt quatre (84) pensionnaires.

Dans ces centres, les femmes exercent individuellement et ou collectivement des activités telles que la cuisine, le ménage, le filage du coton, la fabrication du savon, du soumbala, l’élevage, le jardinage. Les plus valides se transforment en ouvrières agricoles pendant l’hivernage. Malgré tout, elles rencontrent des difficultés d’ordre moral, psychologique, économique, sanitaire, matériel, etc.

Les droits des femmes au Burkina Faso

Le Burkina Faso a adhéré à de nombreux instruments juridiques internationaux, régionaux et nationaux en faveur des droits humains en général, des droits catégoriels en particulier et de l’égalité homme femme. En réalité, l’effectivité des droits humains et l’application des textes pose problème.

Ce qui fait réagir la ministre des droits humains et de la promotion civique en ces termes : « L’exclusion sociale des femmes pour allégation de sorcellerie constitue une violation flagrante des droits humains et défie l’engagement du Burkina Faso pour la construction d’un Etat de droit où tous les droits humains sont garantis et respectés pour une meilleure promotion de la paix, du civisme, de la tolérance et du développement durable …. C’est un fait social qui met en évidence l’intolérance de la société qui se trouve dans l’incapacité ou dans la difficulté d’intégrer certaines catégories de personnes dont les femmes en général. Cette incapacité d’inclusion sociale constitue un défi énorme pour l’effectivité des droits humains. »

Qu’est ce qui est fait ?

Les politiques et stratégies de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles intègrent de nos jours, l’épineuse question de l’exclusion sociale des femmes exclues sociales pour allégation de sorcellerie.

En effet, grâce non seulement aux actions multiformes des Organisations de la Société Civile, des organisations confessionnelles et religieuses, des leaders d’opinion, etc. la problématique de l’exclusion sociale des femmes accusées de sorcellerie fait partie intégrante des violences faites aux femmes. A cet effet, on peut citer entre autre :

  • - la mise en œuvre de 2009 à 2011 du projet de « Promotion des Droits des Femmes Agées et Accès à leurs Acquis Sociaux au Burkina Faso » par l’ONG promo femme/développement solidarité qui s’est attaquée au phénomène de l’exclusion sociale des femmes dans les départements de Yako, de Théma Bokin et d’Arbollé dans la province du Passoré au Nord du Burkina Faso et dans les centres d’accueil de Ouagadougou ;
  • - la campagne de lutte contre l’exclusion sociale et les violences faites aux femmes avec une option pour les femmes accusées de sorcellerie menée tout au long de l’année 2010 par la commission épiscopale justice et paix ;
  • - les dons en technologies aux pensionnaires du centre Delwende de Tanghin par le Soroptimist club ;
  • - l’accompagnement moral, et les dons de vivres par l’association Buudu ;
  • - les repas communautaires organisés par les associations ou personnes sensibles au sort des femmes accusées de sorcellerie ;
  • Plusieurs actions diversifiées ont été entreprises par plusieurs institutions parmi lesquelles on peut retenir :
  • - une étude sur le renforcement des instruments juridiques relatifs aux violences faites aux femmes et aux filles a été commanditée en 2012 par le Ministère de la Promotion de la Femme et du Genre (MPFG) ;
  • - l’Assemblée Nationale du Burkina Faso a initié un projet de loi sur l’exclusion des femmes accusées de sorcellerie ;
  • - le Ministère de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale appui les centres d’accueil.

Le Burkina Faso a été interpellé sur la question de l’exclusion sociale des femmes pour allégation de sorcellerie lors de son passage à l’examen périodique universel le 22 avril 2013 et invité à prendre des dispositions pour mettre fin à de telles violations des droits humains.

Au regard de la complexité et de la transversalité de ce phénomène, une synergie d’actions de tous les acteurs s’avèrent nécessaire et les différents acteurs l’ont compris.

Vivement que le projet de loi soit adopté en renforcement des actions déjà menées et que des stratégies beaucoup plus holistiques soient mises en œuvre pour une pleine participation et autonomisation des personnes marginalisées et discriminées.

Denise Sidonie NEBIE/ZOMA
25/09/2014

Sources :

  • WIKEPEDIA, http://fr.wikepedia.org/w/index.ph ;
  • Evaluation du niveau d’inclusivité, incluant la dimension genre des politiques publiques, version pilote, avril 2013 ;
  • Rapport provisoire de l’étude sur le renforcement des instruments juridiques relatifs aux violences faites aux femmes et aux filles, Burkina Faso, juillet 2012
  • Jean Hubert Bazié, Comprendre l’information et la communication en milieu traditionnel, 2011, Burkina Faso
  • Discours de la ministre des droits humains et de la promotion civique au cours du lancement du projet « Delwendé

Messages

  • LONDON, Sept 15 (Reuters) - More than 10,000 people on Thursday tuned into a YouTube video feed giving live updates about a miles-long queue
    snaking through central London to pay respects to the
    late Queen Elizabeth.
    The YouTube broadcast tracking
    the queue to Westminster Hall, where the queen’s body will lie in state until Monday, had over 12,000 users
    watching it live as of 1530 GMT.
    By contrast, a BBC
    News video on YouTube broadcasting footage of what people were actually queueing for - visuals
    of the Queen’s coffin from inside Westminster Hall - had only about 5,000 people
    watching it around the same time.
    The total number of
    people who might have viewed the queue tracking video, created by the British government’s culture department,
    could be significantly higher, with the broadcast having begun hours earlier on Thursday morning.
    Some users online joked about the queue being visible from space, while others focused attention on Britons’ love for assembling in an orderly line.
    "For we British, this is the queue we’ve been training for all our lives. All those hours queuing in post offices, at bus stops, & to board planes ... The mother of all queues," Twitter user Jonathan Green wrote on Thursday.
    Titled "Queue Tracker", the video shows a simple Google Maps snapshot of central London on its left-hand side with the route of the queue marked out in the royal colour of purple.
    The right side, using a respectful
    black background, displays some serious queue statistics
    that may terrify the faint-hearted : the length of the queue (4.2 miles or 6.8 km as of 1530 GMT), an estimate of queuing time ("at least 9 hours") and the nearest landmark to the endpoint of the queue
    (Bermondsey beach along the River Thames).
    Many of Britain’s leading newspapers including the Daily Telegraph and Metro also carried the video on their websites.

    Officials expect some 750,000 people in total to view the queen’s coffin.
    Google searches in Britain for the word "queue" peaked around 6
    a.m. on Thursday, Google Trends data showed.
    In another sign of
    the interest in Britain’s royal family since Elizabeth’s death one week ago, the final flight carrying
    the late monarch’s body from Edinburgh to London became the most tracked flight in history.

    (Reporting by Sachin Ravikumar ; Editing by Angus MacSwan)

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    DUBAI, Oct 9 (Reuters) - Protests ignited by the death of a
    young woman in police custody continued across Iran on Sunday in defiance of a crackdown by the authorities, as a human rights
    group said at least 185 people, including children,
    had been killed in demonstrations.
    Anti-government
    protests that began on Sept.

    17 at the funeral of 22-year-old Mahsa Amini in her Kurdish town of Saqez, have turned into the biggest challenge to Iran’s clerical leaders in years, with protesters calling for the downfall of
    Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei.
    "At least 185 people, including at least 19 children, have been killed in the nationwide protests across Iran. The highest number of killings occurred in Sistan and Baluchistan province with half the recorded number," the Norway-based Iran Human Rights said on Saturday.
    Authorities have described the protests as a plot by Iran’s foes, including
    the United States.

    They have accused armed dissidents amongst others of violence that has reportedly left at least 20 members of
    the security forces dead.
    Videos shared on social media showed protests in dozens of cities across Iran early on Sunday with hundreds of high school girls and university students participating despite the use of tear gas,
    clubs, and in many cases live ammunition by the security
    forces, rights groups said.
    The Iranian authorities have denied that live
    bullets have been used.
    ’DON’T HIT MY WIFE, SHE IS
    PREGNANT’
    A video posted on Twitter by the widely-followed
    activist 1500tasvir showed security forces armed with clubs attacking students at a high school in Tehran.
    In another video, a man shouted "don’t hit my wife, she is pregnant," while trying to protect her from riot police
    in the city of Rafsanjan on Saturday.
    A video shared by Twitter account
    Mamlekate, which has more than 150,000 followers, showed security forces chasing dozens of school girls in the city of bandar togel online deposit murah Abbas.

    Social media posts said shops were closed in several cities after activists called
    for a mass strike.
    Reuters could not verify the videos and posts.
    Details of casualties have trickled out slowly, partly because of internet restrictions imposed by the authorities.
    Meanwhile,
    the semi-official Tasnim news agency quoted
    deputy interior minister warning of harsh sentences for those
    it referred to as rioters.
    Amini was arrested in Tehran on Sept.

    13 for wearing "inappropriate attire". She died three days
    later at a Tehran hospital.
    A state coroner’s report on Saturday
    said Amini had died from pre-existing medical conditions.

    Her father has held the police responsible for her death with
    the family lawyer saying "respectable doctors" believe she was beaten while in custody.
    While the United States and Canada have already placed sanctions on Iranian authorities,
    the European Union was considering imposing asset freezes and travel bans on Iranian officials.
    "Those who beat up (Iranian) women and girls on the street, who abduct, arbitrarily imprison and condemn to death people who want nothing other than to live free - they stand on the wrong side of history," German Foreign Minister
    Annalena Baerbock told Bild am Sonntag newspaper on Sunday.
    (Additional reporting
    by Birgit Mitwollen in Berlin Writing by Parisa Hafezi ; Editing by Elaine
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