La Coopération Française se met au genre !

A l’occasion de la Journée Internationale de la Femme, Brigitte GIRARDIN, ministre déléguée à la coopération, au développement et à la Francophonie a organisé, en collaboration avec les femmes ambassadeurs d’Afrique du Sud, d’Ethiopie, du Kenya et du Mozambique, une rencontre débat. Elle affirme que la France ne va pas ménager ses efforts pour que les droits des femmes progressent. Le Réseau et ses membres sont à l’écoute pour collaborer afin que ces propositions deviennent réalité.

La Coopération française n’a pas encore fait ses preuves quant à la prise en compte de la dimension genre (lire par exemple Evaluation de la Coopération Française : Quelle place pour le genre ? et La prise en compte du genre dans les actions françaises de développement.

Les politiques et programmes gouvernementaux restent très en deça des engagements signés par la France (Plateforme de Pékin, CEDEF etc) dans ce domaine. Ils sont, de fait, en décalage avec les besoins et expériences des partenaires, notamment des femmes, dans les pays du Sud.

Du côté des Organisations de Solidarité Internationale, ce décalage est aussi très palpable, malgré des efforts récents (lire par exemple Les OSI françaises font-elles l’impasse sur le genre ? .

Tout le monde est d’accord : il y a beaucoup à faire (écoutez en ligne les interventions Beijing +10 : Les communications au colloque du 24 mars à la Banque Mondiale à Paris. Jusqu’à présent, le Ministère n’a pas "poussé" les OSI vers le genre, et vice-versa, maintenant ainsi un jeu d’inertie implicite sur ces thèmes entre les pratiques gouvernementales et non-gouvernementales. Même le Réseau Genre en Action, qui est, à l’origine, une initiative du Ministère, a beaucoup de mal à être reconnu et à impulser une dynamique de changement dans ce domaine.

C’est pourquoi nous accueillons avec plaisir les propositions concrètes de Mme la Ministre :

S’agissant de notre politique de coopération, je souhaite que toutes nos actions prennent désormais en compte systématiquement la question de l’égalité des sexes, ou plus généralement, ce que l’on appelle « le genre ». L’expérience montre en effet que cette démarche contribue à renforcer l’efficacité de notre aide.

C’est pourquoi je propose :

-  d’inclure la promotion de la femme et de l’égalité des sexes dans les programmes de coopération et de mettre en oeuvre une évaluation effective de cette politique. Les documents cadre de partenariat, qui sont nos nouveaux instruments de programmation de notre aide pour les 5 ans à venir, devront ainsi comporter des actions concrètes visant cet objectif ;

-  de créer, au sein de mon ministère, un groupe de travail chargé de la mise en place de cette approche nouvelle ;

-  de sensibiliser les acteurs non étatiques à cette question du genre et de renforcer dans ce but l’appui aux ONG, aux collectifs et aux collectivités territoriales qui doivent pouvoir intégrer cette dimension dans leur action de coopération.

Le Réseau et ses membres sont à l’écoute pour collaborer afin que ces propositions deviennent réalité.

Lire l’intégralité du discours ci-dessous

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DISCOURS DE MADAME BRIGITTE GIRARDIN
MINISTRE DÉLÉGUÉE À LA COOPÉRATION,
AU DÉVELOPPEMENT ET À LA FRANCOPHONIE

À L’OCCASION DE
LA JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA FEMME

INTRODUCTION AUX TABLES-RONDES

* * *

MERCREDI 8 MARS 2006 - 14 HEURES 30

Madame la Présidente,
Mesdames les Ministres,
Mesdames les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

Merci d’être venus si nombreux pour cette Journée internationale de la Femme, au ministère de la coopération, du développement et de la Francophonie.

Je voudrais saluer tout particulièrement Madame Chandrika BANDARANAIKE KUMARATUNGA, ancienne Présidente du Sri Lanka, qui nous fait l’honneur d’être avec nous pour le lancement de cet après-midi de débats et de réflexions. Je voudrais, Madame la Présidente, rendre hommage à votre engagement personnel en faveur de la paix et à votre combat pour plus de justice.

Je souhaite que notre rencontre d’aujourd’hui permette d’apporter une dimension nouvelle à notre partenariat Nord Sud autour de la question de la promotion de la femme dans les actions de coopération et de solidarité internationale.

Il est désormais acquis que l’égalité entre les sexes est un facteur de développement économique. Mais il faut constater qu’en matière de droits des femmes beaucoup reste à faire.

Parce qu’elle plaide pour plus de justice dans le monde, la France entend affirmer son action en faveur des femmes. Il s’agit en effet de répondre à leurs besoins fondamentaux, par la mise en oeuvre de micro-crédits, le renforcement de la protection sociale, la lutte contre leur exclusion économique, ou encore le soutien aux programmes de scolarisation et d’alphabétisation des agences internationales (UNICEF, FNUAP).

Il s’agit aussi d’œuvrer à la reconnaissance et au renforcement des droits des femmes notamment par une collaboration accrue avec l’UNIFEM pour ce qui concerne les droits sociaux et politiques, et avec le FNUAP pour ce qui concerne les droits en matière de santé et de la procréation.

La lutte contre toutes les violences faites aux femmes est aussi un axe prioritaire de notre action aux Nations-Unies : la France porte en particulier, avec les Pays-Bas, l’étude globale des Nations-Unies sur ce sujet qui sera présentée à la prochaine Assemblée générale de l’ONU.

Au-delà de ces actions, il m’apparaît nécessaire de veiller tout particulièrement à la mise en place effective de politiques de prévention, notamment face aux risques nouveaux de régression des droits des femmes que l’on observe de plus en plus. La France souhaite jouer un rôle encore plus moteur dans la mise en œuvre de ces politiques dans toutes les enceintes nationales et internationales.

S’agissant de notre politique de coopération, je souhaite que toutes nos actions prennent désormais en compte systématiquement la question de l’égalité des sexes, ou plus généralement, ce que l’on appelle « le genre ». L’expérience montre en effet que cette démarche contribue à renforcer l’efficacité de notre aide.

C’est pourquoi je propose :

-  d’inclure la promotion de la femme et de l’égalité des sexes dans les programmes de coopération et de mettre en oeuvre une évaluation effective de cette politique. Les documents cadre de partenariat, qui sont nos nouveaux instruments de programmation de notre aide pour les 5 ans à venir, devront ainsi comporter des actions concrètes visant cet objectif ;

-  de créer, au sein de mon ministère, un groupe de travail chargé de la mise en place de cette approche nouvelle ;

-  de sensibiliser les acteurs non étatiques à cette question du genre et de renforcer dans ce but l’appui aux ONG, aux collectifs et aux collectivités territoriales qui doivent pouvoir intégrer cette dimension dans leur action de coopération.

Madame la Présidente,
Mesdames, Messieurs,

Ensemble, nous avons la possibilité de faire en sorte que les droits des femmes progressent. Pour cela, il nous faut adapter aussi largement que possible nos politiques de coopération. Sachez que la France ne ménagera pas ses efforts pour y parvenir.

Je vous remercie.

Téléchargez le discours d’ouverture ci-dessus

Allez sur le site du Ministère et de la coopération au développement

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