Le tissu associatif malgache en action pour les droits des femmes

La promotion de l’approche genre à Madagascar a fait des adeptes et plusieurs associations de femmes 
œuvrant pour le développement voient le jour. C’est dans ce cadre qu’est née l’association « Femmes Jeunes Unies Opérant pour la Relève » (Femmes Juniors), dont l’objectif est de se concentrer sur la promotion des droits de la femme, sa participation dans la prise de décisions mais aussi de formuler des programmes pour elle.

Composée d’une trentaine de membres, l’association est très active 
à promouvoir les droits de la femme. « L’objectif des Femmes Juniors est de se concentrer sur la promotion des droits de la femme, sa participation dans la prise de décisions mais aussi de formuler des programmes pour elle, » explique Malalatiana Andriamahefa, membre 
fondatrice de Femmes Juniors, et qui occupe aujourd’hui le poste de conseillère.

L’idée lui est venue après son retour du deuxième sommet panafricain des jeunes 
leaders, organisé au Maroc en 2005 par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). « Au début, j’ai constaté qu’à Madagascar, peu de jeunes filles osent prendre des responsabilités. Mais aussi et surtout que peu de jeunes filles ont l’opportunité d’en prendre. D’où la création de Femmes Juniors qui attire de plus en plus de jeunes membres actuellement », 
ajoute-elle.

Faniloniaina Hantarisoa qui a 26 ans, est parmi les membres actifs de cette association. Elle est vice-présidente de l’association depuis l’an dernier. « J’ai rejoint l’association car je trouve que ses objectifs sont en faveur de mes intérêts. Aussi, je voudrais bien partager mes expériences et mes acquis avec d’autres jeunes filles diplômées comme moi », souligne-t-elle.

Depuis la promotion de l’approche genre à Madagascar, plusieurs associations de femmes 
œuvrant pour le développement voient le jour. De plus en plus de 
femmes veulent accéder au statut de leaders d’opinions et occuper des postes 
importants au sein du pouvoir, même si la parité tant souhaitée par le Protocole de 
la Communauté de Développement de l’Afrique australe (SADC) est loin d’être atteinte.

Dans un tel contexte, des jeunes femmes s’activent lentement mais sûrement. Femmes 
Juniors est parmi les pionniers des associations de jeunes filles. Elle veut libérer les jeunes filles du travail forcé, des commerces illicites et des mariages précoces qui sont une réalité à Madagascar.

Selon les statistiques publiées lors de l’enquête nationale sur le travail des enfants, 
effectuée par le Bureau International de Travail à Madagascar, conjointement avec l’Institut 
national des statistiques, les jeunes filles sont les plus assujetties au travail forcé pour subvenir aux besoins de leurs familles. Ainsi, 26,7% des filles de cinq à 17 ans sont économiquement actives et 23,8% d’entre elles exercent des métiers particulièrement dangereux comme travailler dans des carrières de sable.

Dans la plupart des cas, elles n’ont pas le choix que de se soumettre aux besoins et demandes de leurs familles. Pour y remédier, l’association Femmes Juniors organise un grand nombre d’activités. Une d’elle est le Generation for Peace Camp qui aura lieu au mois d’octobre à Farafangana, un district dans le sud-est du pays où un conflit a récemment opposé deux ethnies. Cela a eu un impact sur la communauté locale. D’où l’initiative de Femmes Juniors d’organiser ce camp pour apaiser les tensions et ramener la paix.

L’association a un projet d’éducation avec le centre Akany Avoko, centre de réinsertion situé à Antananarivo et qui abrite les jeunes filles bannies de la société pour cause de délits tels que des vols à la tire, des agressions et même des meurtres. « Ces jeunes filles ont pu mettre un peu de sens à leur vie grâce aux cours en aptitudes dispensés par les membres de Femmes Juniors. Plusieurs d’entre elles ont ainsi appris le français et l’anglais », souligne Herimalala Rakotovao, directrice du centre.

A la mi-septembre, cinq membres de Femmes Juniors ont consacré un après-midi à renforcer les capacités des internes du centre. Et ces dernières sont ravies. « Nous sommes avides d’apprendre autre chose que les activités de couture. Je me réjouis de ces cours de langues car cela me permet d’envisager une carrière à ma sortie du centre », souligne Felaniaina, une des internes.

Une autre interne, âgée de 16 ans, espère que Femmes Juniors pourra améliorer leurs conditions de vie au centre. « Nous espérons que Femmes Juniors trouvera des parrains car le centre n’arrive plus à subvenir à nos besoins. Le Programme Alimentaire Mondial nous aide pour les vivres mais ce que nous voulons, c’est de pouvoir nous développer d’un point de vue personnel », ajoute Hanitranirina, une nouvelle venue au centre, arrivée à la suite d’une fugue.

« Nous éduquons les femmes sur leurs droits. Nous avons aussi fait des formations sur le renforcement des capacités en plaidoyer et leadership pour d’autres associations. Nous travaillons aussi au niveau communautaire avec les fokontany », ajoute Faniloniaina Hantarisoa qui tente de trouver un équilibre entre son activité professionnelle et l’association.

 Femmes Juniors commence à se faire connaître dans la Grande Ile, surtout auprès des 
plates-formes œuvrant dans la promotion de l’approche genre. Toutes rêvent d’un avenir meilleur pour leurs congénères qui n’ont pas eu la même chance qu’elles dans la vie.

Par : Fanja Razafimahatratra


Fanja Razafimahatratra est journaliste free lance. Cet article fait partie du 
service de commentaires et d’opinions de Gender Links.
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Source : Gender Links

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