Les OSI françaises et le genre : Quel intérêt ?

Les OSI/ONG de développement françaises se désintéressent-elles du genre ? Que vous soyez OSI française, partenaire du Sud d’OSI françaises, ou acteurs du développement travaillant avec les OSI fançaises, votre avis nous intéresse !

Récemment, le Réseau genre en action a annulé une réunion consacrée aux genre pour faute de mobilisation des Organisations de Solidarité Internationales (OSI) françaises.

Cette faible mobilisation nous interpelle. Certes, le calendrier est chargé (retour du
FSM entre autre), mais il nous semble que les raisons de ce silence sont
ailleurs. Face à des signes à répétition qui semblent indiquer le peu d’intérêt porté à la dimension
genre par les responsables des OSI françaises et des structures qui les fédèrent, nous nous posons des questions :

- manque de reconnaissance des enjeux que représente l’égalité femmes-hommes pour un développement durable et juste ?

- résistance "politique" : par ex. pour certains, l’approche genre a été coptée par la Banque Mondiale à des fins néo-libérales et doit donc être "résistée" ?

- sexisme ordinaire (les OSI fonctionnent sont sous le plafond de verre et sont dirigées en grande partie par des hommes) ?

- culturalisme envers le Sud (souci des traditions, dont participeraient les relations femmes-hommes, même inégales) et envers la France (idée d’une exception à la française qui voudrait que la France contribue au développement du sud à sa façon, pas à la façon anglo-saxonne) ?

- faible (ex)pression "d’en haut" (bailleurs, notamment le Ministère des affaires étrangères), et/ou "d’en bas" (des partenaires du sud, y compris des associations de femmes), et/ou des pairs

- etc...

Ces questions, nous vous les posons aussi. Quelle expérience et vision avez-vous de la prise en compte du genre par les OSI françaises, que vous soyez OSI française vous-même, partenaire du Sud des OSI françaises, ou acteurs du développement (bailleurs, coopération bi ou multilatérales, ou OSI non-françaises) travaillant avec les OSI fançaises.

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6 Messages

  • bonjour
    je voudrais adresser un message dans ce forum de la Tunisie où notre président avait décreter que le 10 plan soit fait selon le genre. chose qui a était faite mais malheureusement le genre reste une approche encore trops peu connu ou mal comprise beaucoup de gens la considère comme un chapitre dans l’approche participative et pas comme une approche de développement cmoplète. malheureusement ces gens continuent de reigner sur les formations et passent leurs idées et avis qui considère le genre comme une nouvrlle façon pour intégrér les femmes pour demander encore plus pour des femmes qui ont déjà beaucoup eut dans une population gouvernée et planifiée par le genre. a mon humble avis si la banque mondiale quotionne le genre elle doit mettre le mçeme paquet q’elle a mis pour l’approche participative. et cela n’est pas beaucoup demander si on parle de déveloopemnt humain durable.
    avec mes salutation
    dalila jaziri

  • > Les OSI françaises et le genre : Quel intérêt ? Le 09/02/05 à 13:30 , par Joelle Palmieri

    Je crois que cette analyse est très juste, sur tous les points.
    Je parle de mon côté "d’acharnement" à ne pas mettre en oeuvre des politiques de genre, à faire semblant d’en tenir compte, pour la bonne et simple raison que ça me renvoie dérechef aux débats d’après-guerre en Europe sur l’arrivée des femmes sur le marché du travail... de fait, c’est un peu le même raisonnement. Quand les femmes ont été de nouveau sollicitées pour retourner à l’usine (elles y étaient pendant la guerre faute de "comabattants") ou aujourd’hui dans les services, c’était ouvertement affiché comme une "tolérance" - une femme n’est pas légitime pour travailler - et donc, les conséquences sont celles que l’ont connaît : différence de salaire, discrimination à l’emabauche, temps partiels...
    et ceci n’est qu’un exemple...
    ce que je voudrais souligner - et je suis au coeur du travail avec les Osi - c’est que le précipité mysoginie/anti-féminisme/anticolonialisme/théologie de la libération/ est le moteur d’une situation pour laquelle il faudra bien du temps mais aussi une stratégie fine pour la renverser. Tant que l’analyse et la prise en compte de l’opression spécifique des femmes liée au patriarcat ne sera pas au centre de toute politique ou action, les actions humanitaires ou de développement ne serviront que des macro-politiques et -économiques, qui elles ont choisi clairement leur camp, assurant depuis fort longtemps la division sexuelle du travail.

  • > Les OSI françaises et le genre : Quel intérêt ? Le 09/02/05 à 17:15 , par Bernice DUBOIS

    En ce qui concerne la C.L.E.F., (Coordination française pour le Lobby Européen des Femmes), il est vrai que nous avons un problème réel de manque de personnes et de disponibilité.
    Nous n’avons aucune salariée, par faute de moyens. Les quelques unes qui sont vraiment actives au sein de notre Conseil d’Administration et qui habitent la région parisienne (pas toutes) et qui n’ont pas de travail professionnel en plus (rares) sont totalement débordées.
    De plus, il y a depuis quelque temps pléthore de réunions qui semblent toutes importantes pour les femmes. Nous ne déplorons pas cela ; au contraire, mais nous ne suffisons pas non plus pour tout assurer.
    De notre part, ce n’est pas un manque d’intérêt mais par ailleurs, nous ne voyons pas comment faire mieux.
    Nous regrettons amèrement cet état de choses et espérons que vous réussirez à continuer malgré tout car l’enjeu nous semble extrêmement important.
    Il est vrai que, en tant que Coordination, nous ne travaillons pas non plus directement sur le terrain mais certaines de nos associations adhérentes le font.

    • > Les OSI françaises et le genre : Quel intérêt ? Le 10/02/05 à 15:09 , par Claudy Vouhé

      Je crois qu’il est en effet important de faire une distinction entre les associations de femmes (comme CLEF, mais il y en a beaucoup d’autres) qui travaillent avec peu de ressources et des bénévoles/militantes, et les OSI ’professionnelles’ avec ressources, personnel salarié, subventions, ... Pour les OSI qui sont membres du CRID et/ou de Coordination Sud, il exsite en plus des opportunités de formation car ces organismes fédérateurs reçoivent des subventions du ministère des affaires étrangères dont une partie pourrait (devrait ? à vérifier dans les conditions du MAE) être affectée aux questions de genre.

  • > Les OSI françaises et le genre : Quel intérêt ? Le 10/02/05 à 14:06 , par Robert Toubon

    Naturellement, toutes les hypothèses évoquées par Claudy jouent chacune leur rôle, même si celle sur le sexisme ordinaire constitue l’explication de fond.
    >
    > Naturellement aussi, ce sexisme ordinaire n’ose plus trop s’exprimer
    > franchement, mais comme par hasard, quand un emploi de temps est saturé,
    > ou l’ordre du jour d’une réunion trop rempli, c’est pour les femmes et /ou le
    > genre qu’on n’a jamais le temps, ou la place. Ce n’est vraiment pas de
    > chance...
    >
    > Dans ce domaine comme dans bien d’autres, je crois profondément à la vertu des OMD : imparfaits et criticables comme ils le sont, ils n’en constituent pas moins (et constitueront de plus en plus) la feuille de route de l’aide au développement, au Nord comme au Sud, et tous, gouvernements ou ONG,
    > bailleurs et receveurs, devront s’y plier. Ce qu’ils n’auront pas fait par
    > conviction, il faudra donc qu’ils le fassent par obligation...un peu comme
    > celà s’est passé pour les quotas électoraux. Et ce sera à nous tous, au
    > Nord comme au Sud, de saisir alors ce qui n’aura été consenti que pour la
    > forme( ne soyons pas naïfs) pour en faire des changements de fond.
    >
    > En tout cas, il ne faut surtout pas se décourager.
    >
    >

  • > Les OSI françaises et le genre : Quel intérêt ? Le 03/03/05 à 12:10 , par Elisabeth Hofmman

    Je me pose la question si ce témoignage de Tunisie ne peut pas nous éclairer aussi sur la France. En effet, pouvons-nous être sûr que l’approche genre est réellement comprise par les OSI françaises, notamment dans sa dimension à remettre en question l’approche du développement ? J’en doute... Au-delà des obstacles linguistiques qui continuent à être évoqués (concernant le genre, mais encore plus l’empowerment), j’ai l’impression que pour beaucoup, le genre n’est qu’un nouveau terme pour l’intégration des femmes. A titre d’exemple, la différence fondamentale entre IFD et GED est souvent brouillée dans les discours et discussions. Les OSI qui commencent à vouloir intégrer le genre, veulent des outils et des indicateurs, en d’autres termes des recettes faciles pour se mettre en phase avec les exigences des bailleurs multi-latéraux. J’émet l’hypothèse que les questions de fonds que l’approche genre pose n’ont pas encore été abordées par la majorité des OSI françaises. Et dans le domaine du genre comme ailleurs, on ne peut pas griller cette étape essentielle. Est-ce que la contrainte (voir ci-dessus la contribution de Robert Toubon) est la solution ? Je suis sceptique... En revanche, ce sont les partenaires du Sud qui peuvent inciter les OSI françaises à s’engager sur la route vers le genre - il est temps que les impulsions des évolutions prennent la direction Sud-Nord !

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