Les droits de la terre existent-ils vraiment pour la femme africaine ?

En Afrique, comme ailleurs dans le monde, les hommes restent les vrais détenteurs des droits fonciers. Pourtant, faciliter l’accès à la terre pour les femmes est une réponse pertinente aux défis, comme la crise alimentaire, auxquels le continent se trouve confronté.

Le problème des droits fonciers est un problème réel qui se pose dans tous les pays africains. Les femmes jouent un rôle majeur dans la sécurité alimentaire ainsi que dans le développement et la stabilité des campagnes. Et pourtant, leur statut ne leur permet souvent pas de jouir des droits fonciers. Leur contribution vitale au sein de la société est largement méconnue.
Les panélistes du 11ème Forum d’AWID venant d’Afrique du Sud, du Kenya, du Mozambique et d’Ouganda ont toutes apporté leurs lumières sur les lois foncières de leur pays. En Afrique, tous les pays ont une politique foncière ou une loi constitutionnelle concernant les droits fonciers mais apparemment ces textes ne sont pas respectés.
Les mouvements de femmes essaient de s’organiser pour valoriser cet aspect qui a une grande importance pour la survie de la femme africaine. Le constat reste malheureusement négatif. Dans l’ensemble des pays africains, ces mouvements ou organisations ne travaillent pas en coordination. Il existe des mouvements fragmentés ayant trait aux différents intérêts, à la culture, aux us et coutumes. Ceci ne donne pas la possibilité aux décideurs de mettre les problèmes des droits fonciers des femmes comme priorité. Le fait que les exploitants agricoles soient des hommes ne favorisent pas non plus l’accès des femmes à la terre.

Lever les obstacles
En République Démocratique du Congo, par contre, la question des droits fonciers ne se pose pas réellement vu l’étendu des territoires, et surtout à cause de loi Bakanjika qui dit que la terre appartient à l’Etat, mais chaque personne est libre de faire la culture. Le grand problème aujourd’hui est l’exploitation des ressources minières et les mines qui endommagent cette terre à cause des guerres répétitives dans les pays. Ces préoccupations peuvent à long terme causer des problèmes fonciers aux femmes. Les déplacements massifs des populations anéantissent l’accès à la terre. Et pourtant, l’abondance de nourriture dont bénéficie la République Démocratique du Congo est avant tout le fruit du dur labeur des femmes.
Les pays africains devraient d’abord se pencher sur les mesures juridiques visant à protéger les droits fonciers des femmes et à sensibiliser les exploitants agricoles, des hommes qui font obstacles à l’accès aux droits fonciers des femmes. En améliorant les conditions d’accès aux droits fonciers des femmes, l’Afrique ira vers un monde meilleur où la malnutrition et la famine marqueront un net recul. Tous les moyens doivent être mis en place pour permettre aux femmes d’assurer une production alimentaire suffisante pour tous. Plus encore, il est nécessaire d’appuyer les femmes dans leurs droits fonciers en leur assurant les moyens de produire et les moyens de vendre. En donnant plus de pouvoir et en améliorant leurs droits fonciers aux femmes, elles contribueront ainsi à l’organisation de leur propre vie et assumeront pleinement leurs responsabilités dans la planification de la crise alimentaire.

Annie Matundu-Mbambi - WILPF – République démocratique du Congo

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