Les hommes : alliés ou aliénés du genre ?

L’éditorial de juin a soulevé de vives réactions ! C’était le but car il est important que ce réseau soit un lieu vivant d’échanges sur les différentes réalités et perceptions que nous vivons, hommes et femmes, dans la mise en oeuvre de l’approche genre et la recherche de l’égalité. Le débat continue ...

Les hommes - alliés ou aliénés du genre ?

Je viens d’étudier plus de 200 dossiers de candidatures pour une formation en genre, dont près d’un tiers envoyé par des hommes : chercheurs, responsables de projets ou de politiques, « points focaux genre », experts ou formateurs en genre etc. Leurs profils sont variés, tant au niveau de leur discipline qu’en termes d’âge, d’appartenance ethnique ou religieuse. De plus en plus d’hommes s’intéressent donc à l’approche genre. Tant mieux !? Pas si sûr …

Dossier après dossier, le même constat : ces hommes veulent des outils et des connaissances pour « mieux prendre en compte le genre dans leurs activités et leurs organisations et contribuer à la promotion des femmes ... parce que les femmes sont centrales au développement, parce que les projets ne peuvent aboutir si elles ne sont pas impliquées, parce que le développement ne peut se faire sans elles … parce que le genre est inscrit dans le cycle du projet ». Certains annoncent clairement qu’il s’agit d’étoffer leur CV, d’être plus performant, voire de se positionner dans un secteur où la présence des hommes est nécessaire au nom de la parité, de la mixité, du passage de « femmes » à « genre ». Dans ces dossiers, le genre qu’évoquent les hommes rime avec profession et organisation, pas avec justice et politique. Le changement attendu, c’est l’efficacité du développement, pas la liberté pour chacun et chacune de choisir sa vie, de
décider de son corps et de son sort sans discrimination liée au sexe.
Seuls quelques hommes évoquent leur malaise – mais pas de révolte - face aux rapports inégaux entre les sexes, les non-droits et l’injustice. Peu parlent de leur vécu d’homme face au diktat de « l’hétéro-normativité », de leur envie de changer les relations de pouvoir entre les femmes et les hommes, et donc de changer les hommes … en commençant par eux-mêmes. Pas de témoignage d’hommes qui militent pour l’égalité hors de leur cadre professionnel.

« S’intéresser au genre » dans sa version professionnelle est de plus en
plus facile et indolore, alors que le combat politique pour l’égalité est
de plus en plus ardu et dangereux. En témoignent celles et ceux qui
continuent à se battre de par le monde, parfois au risque de leur vie,
pour faire changer les mentalités et avancer les droits. Ce grand écart
entre l’institutionnel et le politique est alarmant. Alors que les
mouvements de femmes sont aussi de plus en plus ONG-isés, que les projets genre phagocytent les projections féministes, faut-il voir comme un risque supplémentaire d’instrumentalisation le fait de composer avec des hommes dont la motivation profonde n’est pas la remise en cause des rapports de force entre les sexes et leur nécessaire renégociation ? Il ne s’agit évidemment pas de fermer la porte aux hommes car la révolution des rapports de genre ne se fera pas sans eux. Mais alors, de quel genre d’hommes l’égalité a-t-elle besoin ? Profil attendu …

Il faudrait que les hommes qui « s’intéressent au genre » cessent de voir dans l’approche genre un simple outil de développement ou un atout professionnel, mais s’en emparent en tant que puissant vecteur de transformation radicale des rapports de domination du masculin sur le féminin, de mise à mal du patriarcat sous toutes ses formes. Qu’ils osent se lever en public pas seulement pour défendre les femmes discriminées mais pour accuser les hommes discriminants ; pas seulement pour protéger les femmes victimes de violence mais pour condamner leurs bourreaux ; pas seulement pour soutenir les femmes qui veulent entrer en politique mais pour exiger des hommes qu’ils partagent le pouvoir avec elles ; pas seulement pour défendre les services de la petite enfance si précieux aux femmes – et pour cause ! – mais pour montrer l’exemple et mettre au défi leurs congénères de prendre enfin leur place dans la vie domestique et le soin des enfants au quotidien. Qu’ils défendent l’idée qu’on peut être homme sans être ni dominant ni dominé, sans être forcement hétérosexuel.
Qu’ils dialoguent avec les hommes et pas seulement avec les femmes sur la déconstruction des normes genrées … Qu’ils innovent pour développer des techniques permettant aux femmes de lutter contre la domination masculine et pas seulement de puiser de l’eau ou d’obtenir du micro crédit. Qu’ils ne se contentent pas de faire du genre « sage » dans le cadre logique qui fait plaisir aux bailleurs, rassure les hommes, attendrit les femmes … et laisse les privilèges du masculin – donc les leurs - en place. Qu’ils questionnent leur propre rapport au genre, à leur sexe et à l’autre sexe* !

En lisant une ébauche de cet éditorial, une « ami-litante » m’a dit : « Je
ne crois pas à une génération spontanée d’hommes féministes. Je crois à des jeunes hommes ou garçons qui ont réfléchi à leur propre rapport à la domination et à l’injustice ... ». On est d’accord, et le fruit de cette
réflexion-là ne se fige pas dans un cadre logique, ne se résume pas à un
programme sous-financé de 5 ans avec gestion axée sur les résultats ! Il
ne s’intègre pas « à toutes les étapes de la programmation », ne s’inscrit pas dans la politique des bailleurs, ne se valorise pas dans un CV. Il marque toutes les étapes de nos existences, professionnelles et privées. Il construit, oriente, balise nos vies de femmes et d’hommes … il peut les détruire aussi. C’est vers cette conscience du genre que nous devons aller, et il me semble, en relevant le nez de mes dossiers de
candidatures, que les hommes ont plus de chemin encore à parcourir que les femmes.

Claudy Vouhé
Consultante, Militante et Formatrice en genre et développement

* je suis évidemment consciente que ce que j’écris sur les hommes est en grande partie aussi valable pour les femmes !!

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22 Messages

  • Les hommes : alliés ou aliénés du genre ? Le 03/07/09 à 09:03 , par victorine.djitrinou@actionaid.org

    Cheres amies,

    Je voudrais remercier madame Vouhe pour son message que je trouve particulierement interessant et qui souleve des problemes presents sur le terrain depuis un bout de temps.

    Elle a pose le coeur du probleme au paragraphe 03 . mais je me demande comment nous trouverons cette generation d’hommes au merveilleux profil decrit au paragraphe 04 quand la plus part des sensibilisations et autres activies sur le genre s’adressent systematiquement aux seules femmes et que beaucoup d’ONG refusent encore de comprendre que la bataille ne saurait etre gagnee qu’avec les hommes qui malheureusement sont encore tres, trop majoritaires dans la prise de decision. Comment arriver a former plus de femmes, a rendre les informations plus accessibles aux femmes quand la majorite d’entre nous n’a pas acces a cette information ? Comment faire en sorte que toutes les femmes soient formees ou au moins informees quand beaucoup d’entre nous considerent encore que le debat sur le genre est une affaire et que c’est parfois tres dure pour les candidates aux elections politiques d’avoir les voix des femmes dans certains pays ? Comment, comment, quand l’ecole est encore un privilege pour beaucoup de filles et que le budget de l’education des adultes passe directement dans la poche des fonctionnaires vereux et corrompus ?

    Bref ! Je crois que l’instrumentalisation est deja la. Peut etre pouvons nous en limiter les degats ! Pour cela il va nous falloir repenser notre approche et voir avec les differents acteurs impliques comment ils pourraient aider a reorienter les choses.

    Merci encore pour tout ce que vous faites.

    • Les hommes : alliés ou aliénés du genre ? Le 15/07/09 à 06:10 , par Adam Alassane

      Merci pour cette autre évidence : "La bataille ne saurait être gagnée qu’avec les hommes -qui malheureusement sont encore très, trop majoritaires dans la prise de décision."

      Je suis un homme. Je travaille presque exclusivement sur le thème et le chantier de l’autonomisation des femmes au sein d’une plate forme d’ong et associations.
      Ma petite expérience m’a montré que :
      1. Les adversaires de l’égalité se recrutent et parmi les hommes et parmi les femmes.
      2. Certaines femmes (nous en avons fait les frais à Cape Town/AWID) pensent et veulent même que le combat pour le genre soit une chasse gardée pour les femmes. Ce sont généralement celles qui ont milité dans des ong de développement gérées par plus d’hommes que de femmes ; elles ont fini par quitter et ont créé leur propres ong et font du genre ; mais elles ont, bien souvent, emporté avec elles les mauvaises pratiques de gestion qui y ont cours : les financements servent de fonds personnels aux touts-puissants coordonnateurs et à leurs complices.
      Ce genre de femmes -finalement expertes en faux rapports d’activités soutenus par de fausses factures- comme leurs anciens collègues hommes, n’admettent ni les hommes ni les femmes éclairé-es dans leurs structures.

      J’aimerais donc finir en disant qu’il y a parmi les hommes et parmi les femmes ceux/celles qui sont et font genre par conviction. Mais il y a aussi dans les deux groupes ceux et celles qui NE sont et NE font genre que dans la mesure où cela fait tomber des millions.

      Comment en sortir ? Vers la fin de sa réaction, Mme Fall semble vouloir proposer un chemin.

      • Les hommes : alliés ou aliénés du genre ? Le 15/07/09 à 10:35 , par Claudy Vouhé

        Bonjour Adam

        1/ Hum ... Il me semble que vous êtes particulièrement sévère avec les femmes des ONGs et vous laissez entendre qu’il n’y aurait pas plus de femmes que d’hommes qui s’intéresseraient "authentiquement" au genre ... ce dont je doute ... très très franchement ! Je ne veux pas faire la guerre du nombre, mais quand même ... non ?

        2/Dans mon édito, l’avant dernier paragraphe commence par "Il faudrait que les hommes qui « s’intéressent au genre » ... etc. " et je donne quelques pistes (utopiques m’ont dit certain-es !) sur des actions/postures, que, à mon sens, les hommes "pro-genre" pourraient prendre pour faire avancer l’égalité. En tant qu’ homme qui travaille sur le genre, quelles actions avez-vous entreprises, quelles postures avez-vous adoptées (personnellement et organisationnellement), non pas auprès des femmes, mais AUPRES DES HOMMES, pour faire avancer le chantier de l’autonomisation des femmes ? Ce n’est pas une question piège, nous cherchons des pistes.

        3/ Vous mentionnez AWID. Pour ma part, j’ai entendu là-bas des ateliers sur les masculinités, des exemples d’hommes (je repense à des groupes d’Afrique du Sud, du Pérou) qui se désolidarisaient de leur "groupe de sexe" et s’exposaient ouvertement aux sarcasmes des autres hommes, pour travailler aux côtés de femmes dans une optique genre/égalité. De tels exemples émergent en Afrique de l’est (cf-http://www.genreenaction.net/spip.php?article7102) et centrale (ex. Rwanda Men’s Ressource Centre RWAMREC
        au Rwanda http://www.rwamrec.org/) mais quid de l’Afrique de l’Ouest ? et quid de la France et du reste de la francophonie ?

        • Les hommes : alliés ou aliénés du genre ? Le 16/07/09 à 06:18 , par Adam Alassane

          Bonjour, Claudy.
          Mes félicitations renouvellées pour cet article qui semble avoir fait bouger le ...monde.

          J’ai bien pris note de vos réactions ; je pense que vous liriez utilement à nouveau mon texte. Car pour certains détails, ce n’est pas ce que vous avez compris que j’ai écrit [ou voulu écrire]. Mais faisons comme si...

          Je reconnais avoir été un peu dur avec mes collègues femmes des ong. Mais Monsieur Diop [voir forum] semble parfaitement partager mes idées. Je pense qu’il assure des fonctions sensiblement identiques aux miennes. Nous subissons sans nous en plaindre les attaques des hommes en étant genre [je ne tolère pas le terme pro-genre, vous me l’excuserez], mais nous avons du mal à accepter que nos efforts sont dissous par des...femmes qui font officiellement office de leader du genre.
          Ce qui m’amène à aborder sommairement la question -redoutable- que vous me posez : qu’est-ce que j’ai fait en faveur de l’autonomisation des femmes et de l’égalité de genre ?

          Je consacre toute ma vie professionnelle à ce thème. J’ai élaboré une dizaine de projets dont 4 ont été mis en oeuvre, alors que les autres attendent, justement...
          Sur le plan public, j’ai eu à présider, entre autres, le groupe de travail sur l’examen des réserves portées par mon pays sur la CEDEF, et des solutions possibles...

          Ce n’est pas gros, c’est vrai ! Mais je pense que ce n’est pas non plus un CV que je dois fournir.

          Merci encore une fois de m’avoir fait observer cette exagération -qui m’a échappée.

          • Les hommes : alliés ou aliénés du genre ? Le 16/07/09 à 08:03 , par Claudy Vouhé

            Adam re bonjour - et merci de poursuivre cette discussion

            Ma question n’est pas tant en fait de savoir ce que vous avez fait en direction des femmes, mais, qu’est-ce que, en tant qu’ HOMME, vous (et votre organisation) avez-fait en direction d’AUTRES HOMMES ? Quelles sont les stratégies, les actions que vous menez pour faire changer les rapports de genre DU COTE DES HOMMES ? Le fait d’être un homme vous ouvre, j’imagine, des opportunités de dialogue et d’interventions auprès des hommes - tout comme le fait d’être femme me permet de parler avec et sur certains sujets avec les femmes plus que vous ne pouvez le faire peut-être du fait de votre sexe. Il ne s’agit pas d’exclusivité (dire que les femmes agissent auprès des femmes, les hommes auprès des hommes) mais de reconnaitre qu’il y a une facilité d’accès, des connivences, des d’expériences vécues qui sont favorables au dialogue entre membres d’un même "groupe de sexe" ... Comment utilisez-vous cela ?

            Car ma question est bien là : qu’est-ce que les hommes qui travaillent sur le genre apportent "en plus" ? qu’est-ce qui, dans leurs approches, leurs stratégies, leurs "publics", discours etc. est différent, complémentaire de ce que font, disent, etc. les femmes (avec toutes les réserves que nous notons dans les différents messages bien sûr).

            Bonne journée à Niamey

            • Les hommes : alliés ou aliénés du genre ? Le 20/07/09 à 07:53 , par Adam Alassane

              Bonjour, CLAUDY.
              J’aurais besoin d’un peu de temps pour rassembler les renseignements sur mon expérience dans ce domaine. Je voudrais vous rappeler que j’ai un projet d’édition* dans le même cadre.

              [*Mon ouvrage porte le titre :’Femmes : l’homme,seul bourreau ?’ Je pense que le moment venu, il suscitera le débat que j’espère introduire à travers cet ouvrage.

              Mes encouragements pour tou-tes ceux/celles qui ont participé à cette discussion.

              • Les hommes : alliés ou aliénés du genre ? Le 07/08/09 à 05:16 , par francoise

                Le fait que les hommes s’intéressent aux outils sur le genre ne suffit pas pour nous convaincre leur soutien vis-à-vis des actions programmatiques en cours sur le GENRE-

                Un exemple simple : considérons le taux de participation des hommes dans les formations,la sensibilisation, et autres actions liées au genre, vous allez voir que leur taux de participation reste très faible par rapport aux efforts des femmes, alors que l’invitation s’adresse à tous sans distinction du genre- Ainsi, je me suis toujours poser cette question : pourquoi ce taux de participation reste faible pour les hommes ?
                Ceci montre à quel point la question du genre reste un tabou pour la majorité des hommes- ils ne se sentent pas beaucoup concernés, car d’après les analyses faites, bon nombre des femmes représentent leur institutions dans les forums, les formations etc- alors que cette plate forme est une bonne occasion pour échanger les expériences entre homme et femmes, apporter des succès pour le changement de comportement des hommes et des femmes face aux problemes du genre.

                Pourquoi j’insiste sur la contribution et l’implication des hommes dans les actions programmatiques liées au genre ? Parce qu’ils sont mieux placés, ils occupent des postes de prise de décision, au premier rang pour assurer 1) la plaidoirie et 2) la promotion des lois, des politiques et des programmes accès sur le genre-
                bonne journee - Francoise

                • Merci, Françoise, d’"insiter sur la participation des hommes aux actions empiriques..."

                  En fait si les hommes s’impliquent actuellement dans la lutte pour l’égalité, il ne faut pas que cela transparaisse comme un ’’cadeau fait aux femmes’’ : il y a des endroits ou alors des moments où le rapport des force a été, est, ou peut être à la favaeur des femmes.
                  Notre souci est que dans les deux cas l’homme et la femme soient solidaires.

                  Qu’est-ce que ça doit être, j’imagine, un calvaire que de vivre, en tant qu’homme, dans un monde que domineraient les [lol] femmes ! Aucun homme ne souhaiterais s’y trouver, je pense...

                  Alors voyez-vous, nous faisons un combat préventif.

  • Les hommes : alliés ou aliénés du genre ? Le 03/07/09 à 15:41 , par Chantal DOGBE GNIMADI

    Les femmes militantes du genre et non féministes sont elles des alliées ou des aliénées du genre ? comme du reste leurs camarades hommes ?
    Cet éditorial vient à point nommé pour pousser aux clarifications qui me paraissent nécessaires dans le Réseau Genre en Action afin de permettre à certaines personnes comme moi de statuer sur la pertinence de la poursuite de leur appartenance à ce Réseau au regard de ses dernières évolutions en cours.
    Moi aussi je veux et je donne au quotidien des outils pour mieux prendre le genre en compte dans les activités et les organisations …. non pas d’abord parce que le développement ne peut se faire sans elles, non pas davantage parce que le genre est inscrit dans le cycle du projet et encore moins parce qu’on est passé de femmes à genre.
    Moi, je suis rebelle au féminisme exactement depuis 1992, année à laquelle j’ai commencé à m’intéresser à la question du genre : à ce moment où en tant que consultante genre, je n’étais pas en odeur de sainteté vis-à-vis de la plupart des bailleurs qui au Bénin (en dehors de la SNV et de la Coopération Suisse) comme ailleurs, ne juraient que par l’IFD qui est l’avatar qui a suivi le féminisme. Le discours femme femme me hérisse depuis toujours en raison de convictions personnelles contraires aux vôtres et aussi fortes qu’elles pour des raisons qui n’ont rien à voir avec quelque bailleur que ce soit. Cela étant, pas plus tard qu’avant-hier, j’animais un atelier dont les participants voulait faire du féminisme des pionnières qui les ont initiés à l’approche genre au Bénin la cause de leurs difficultés à intégrer de manière opérationnelle le genre au quotidien dans leurs activités. Malgré mon opposition personnelle au féminisme, j’ai refusé professionnellement cette façon de voir en proposant plutôt de nous sensibiliser tous et toutes sur le continuum qu’il y a depuis le féminisme jusqu’à nous car sans le féminisme nous n’en serions pas là et cela ne sert à rien de jeter aujourd’hui le bébé avec l’eau du bain.
    Je pense qu’il n’est pas normal que l’appartenance au réseau genre ou la légitimité de l’appartenance à ce réseau se fonde le fait qu’on soit ou non féministe, ni sur les convictions éthiques et personnelles des unes et des autres que vous avez entrepris depuis quelque temps de baliser et de normaliser sur des bases qui m’inquiètent.
    Je pense que l’appartenance au réseau doit se baser sur une conviction selon laquelle les inégalités entre femmes et hommes sont à identifier, analyser et combattre par les femmes et les hommes dans la vie publique et la vie privée, au plan personnel, dans le ménage, dans les organisations, dans les institutions ….en vue d’une société ou un monde meilleur.
    Et par rapport à cette vision, moi je vous reconnais, vous féministes comme ayant droit de siéger comme moi-même et des personnes d’autres tendances encore au sein du Réseau Genre. Mais il ne me semble pas que ce soit votre cas aujourd’hui et je voudrais en avoir le cœur net pour me désaffilier vite fait, bien fait, si vous me le confirmez.
    Moi je me revendique genre fondamentalement non pas parce que je suis éprise d’un combat politique pour la justice en la matière comme vous, mais fondamentalement parce que je suis chrétienne et fière de l’être.

    Mon combat pour le genre est la manifestation d’abord de ma foi en Dieu. Ce Dieu d’Amour qui a créé l’homme et la femme dans une complémentarité naturelle ontologique que notre rébellion appelée chez nous « péché » a transformée en inégalités de toutes sortes dont les inégalités entre hommes et femmes. Sans l’imposer à quiconque, ni me baser sur cette conviction forte pour stigmatiser et discriminer les homosexuel(le)s , l’homosexualité féminine ou masculine est pour moi une rébellion anathème contre le projet d’Amour de Dieu le Père pour moi et pour l’autre moi-même, qui n’est pas mon semblable, mais l’autre, l’homme.
    Le Christ qui est venu effacer notre dette vis-à-vis du Père nous a ouvert un autre horizon pour vivre des relations femmes et hommes inspirées de la réalité première : avec Lui, le Maître s’est fait serviteur et a lavé les pieds de ses disciples contre l’ordre ancien. Les femmes adultères qu’on voulait lapider ont été réhabilitées de par leur foi. Nous avons été les premiers témoins de Sa Résurrection et nous avons été les premiers évangélistes … (plus des numéro 2 !) Avec Lui, la notion de chef n’est plus celle que dans notre méchanceté après notre chute nous lui avons donnée : elle est transcendée : quand la Bible dit que l’homme est le chef de la femme comme Christ est le chef de l’Eglise, elle va largement au-delà de la bien pâle égalité entre femmes et hommes après laquelle nous courrons dans le monde séculier et au sein de Genre en Action parce que jamais cette égalité n’a pas encore eu pour conséquence dans notre humanité déchue que les chefs donnent leur vie pour leur subordonnés. Christ n’a pas démontré sa chefferie sur l’Eglise en la tyrannisant mais en donnant sa vie pour elle : quelle autre manifestation concrète avons-nous du fameux concept de pouvoir de ….avec lequel genre veut remplacer le concept classique de pouvoir sur …. Je pourrais encore continuer à longueur de pages sur ce registre mais tel n’est pas le centre de mon propos actuel.
    Que d’autres militantes genre comme moi partent de prémisses, références, convictions et engagements sur cette matière autres ou même contraires, selon moi, n’empêche nullement que nous militions dans le même mouvement pour le genre. J’ai la faiblesse de croire mais peut-être que je me trompe que ce n’est pas là notre base de regroupement mais de plus en plus j’ai l’impression que vous voulez faire de vos convictions personnelles et éthiques une norme de référence et je commence vraiment à me sentir mal à l’aise de ce fait.
    Je pense qu’au sein du Réseau Genre mes convictions comme les vôtres méritent un respect équivalent. Et si nous devons continuer à évoluer dans le même mouvement, il serait bon que de part et d’autre chacune s’astreigne à la discipline du respect des autres convictions.
    Moi dans mes activités militantes et professionnelles genre, en dehors de mon Eglise, je n’ai jamais éprouvé le besoin de bassiner les autres avec mes convictions éthiques et religieuses personnelles ou mes choix d’orientation sexuelle et leurs fondements, si ce n’est votre éditorial qui me pousse aujourd’hui à franchir ce pas, juste pour clarifier les choses.
    J’ai été politiquement engagée dans ma vie (y compris à ce moment déjà pour le genre), même s’il ne s’agissait pas d’un engagement politique de type féministe : de 1975 à 1982 je me suis opposée au pouvoir autocratique sanguinaire de feu Gnassingé Eyadéma du Togo, étant togolaise d’origine, à un moment où il n’était pas donné à tout le monde de le faire.
    Mais, aujourd’hui, mon engagement pour le genre n’a plus de fondement politique : il est d’abord pour le Christ et ensuite pour le développement : c’est cela mes repères et mes boussoles actuels pour l’action.
    Il ne doit rien aux bailleurs de fonds et s’est même construit contre eux, puisqu’en temps que consultante genre invétérée depuis 1992, les guichets des partenaires attachés à l’IFD me sont longtemps restés fermés chez moi au Bénin. Quand il leur est arrivé de me confier exceptionnellement du travail , je l’ai fait invariablement selon une perspective genre avec pour conséquence un rejet du travail au premier abord (à un moment où j’étais à l’extérieur et n’ai pu défendre moi –même mes points de vue) même si à mon retour et au prix de mon obstination, ils ont fini par lâcher prise et me payer mon dû sans parvenir à me faire renier mes convictions genre solidement chevillées à mon corps et à mon dernier rendu.
    Et aujourd’hui que tout ce monde crie dans un chœur touchant « genre » « genre », je me garde de hurler avec les loups juste pour aller à la soupe puisque je sais que tout ce qu’on veut me vendre pour du genre n’en est pas forcément.
    J’ai développé une première stratégie sectorielle genre avec notre Ministère du Travail et de la Fonction Publique en 2006 et maintenant je suis en train d’en développer une seconde avec le Ministère de l’Industrie et du Commerce, uniquement sur la base de la vision alternative de la démarche que je partage avec les responsables techniques chargés de cette stratégie et sans 1 F de soutien de quelque bailleur de fonds que ce soit à ce jour, du moins dans les phases de l’élaboration que j’ai accompagnées : cela revient concrètement à livrer un diagnostic genre, un plan stratégique, un plan d’actions et des fiches de projets de mise en œuvre de la stratégie genre (trois mois de travail) pour des honoraires équivalent à moins de deux jours des tarifs que je pratique lorsque je fais des consultations internationales, puisque c’est ce que mon pays peut me payer. Je crois que cela aussi c’est du militantisme genre, si militer veut dire aussi défendre ce en quoi on croit, sans en attendre une rémunération lucrative.
    Au demeurant , il n’y avait aucun enjeu financier même minime le jour où simple fidèle de base dans mon église de quartier, j’ai envoyé une lettre au Conseil d’Eglise pour demander la suspension professionnelle d’un pasteur qui s’enivrait tous les dimanches matins avant de venir se poster à l’entrée de l’Eglise avec son haleine empestée d’alcool pour faire la chasse aux femmes qui osaient venir à l’Eglise sans foulard pour les renvoyer chez elles ou les obliger à en trouver un avant de rentrer dans l’Eglise. Sans avoir fait quelqu’école de théologie que ce soit, je me suis basée sur mon interprétation libre de l’Evangile pour dénoncer le machisme socio-culturel dont l’Apotre Paul et à sa suite les courants les plus retardataires de nos Eglises ont perverti le message fondamentalement libérateur de Bonne Nouvelle que Jésus a apporté également aux femmes et aux hommes : le Conseil d’Eglise de ma paroisse s’est divisé en deux sur ce débat que j’ai ouvert avec les femmes parmi les plus fortes gardiennes de la tradition alors que moi j’étais avec les hommes pour dénoncer cette tradition : l’affaire est allée jusqu’à la présidence de mon Eglise où le Président de l’Eglise (qui soit dit en passant fait partie des pionniers qui ont introduit au Bénin le Planning Familial à une période où il fallait vraiment oser le faire) a tranché en ma faveur et en la faveur de mon camp (dominé par des hommes) : cela se passait dans les années 1988 alors que je n’étais qu’une obscure fonctionnaire de l’Etat et pas même consultante genre : si cela n’est pas le militantisme genre, j’aimerais bien savoir ce que c’est . Depuis, mon combat permanent au sein de mon Eglise et des organisations confessionnelles protestantes et évangéliques des femmes pour l’égalité femmes/hommes dans l’Eglise au Bénin et sans un sou vaillant depuis une dizaine d’années peut être documenté par qui veut.
    Moi j’ai personnellement rompu avec les 50 ans de post-colonisation française qui nous ont bercés de mots vidés de sens tels que justice, liberté, égalité et fraternité qui se sont révélés de vastes moulins à vent cachant la plupart du temps des choses plus sordides.
    Je me positionne résolument et ouvertement aujourd’hui pour un développement efficace. Et je milite activement pour cela : nos populations ont besoin de manger 3 fois par jour, de boire de l’eau potable s’instruire, de se soigner et de produire leurs propres richesses dans le cadre de rapports plus équilibrés entre femmes et hommes afin de s’offrir elles mêmes tout cela et de conquérir par là et en même temps justement les fameuses justice, liberté, égalité et fraternité.
    J’ai la faiblesse de croire que la responsabilité de l’intellectuel africain engagé que je suis en plus de la chrétienne est de consacrer à ce combat toute son énergie et que le genre est une arme puissante pour remporter la victoire sur ce combat de nos pays pour leur développement : si pour cela, il faut m’exclure de Genre en Action, je me sentirai honorée et valorisée.
    Marx a déjà dit que c’est l’existence qui fait la conscience : que vous vous mobilisiez sur d’autres priorités en Europe se comprend aisément : mais nous ne saurions avoir les mêmes priorités dans le combat universel pour l’élimination progressive des inégalités entre femmes et hommes.
    Bien à vous

    Chantal DOGBE GNIMADI
    Consultante Indépendante Genre
    BENIN

    • Les hommes : alliés ou aliénés du genre ? Le 07/07/09 à 06:34 , par Claudy

      Merci Chantal pour cette réponse franche. Tout d’abord, je voudrais souligner que j’ai écrit l’éditorial à la première personne et que, par conséquent, il représente mon opinion - et mon inquiétude en l’occurrence - et non pas celle "du réseau". En effet, comme vous, je pense que ce réseau existe justement pour accueillir et confronter (dans le sens constructif du terme) en son sein des personnes et opinions diverses. Près de 3000 membres, femmes et hommes, sur plus de 40 pays ... nous avons forcément des vécus différents, des analyses différentes du pourquoi des inégalités, de leurs définitions, du comment de leur éradication et des ambitions et visions différentes de l’égalité.

      En ce qui ME concerne, je pense que cela devrait être aussi un des objectifs de ce réseau de motiver les membres à penser, comprendre et utiliser l’approche genre pour atteindre une justice de genre et une vraie citoyenneté égale pour les femmes et les hommes. Je pense que ceci est un but en soi de l’approche genre. Ce qui, à mon sens, ne réduit pas l’importance d’utiliser l’approche genre pour arriver à un développement économique et social plus efficace pour les deux sexes (qui passe indubitablement, pour moi, par la justice et la citoyenneté pour toutes et tous).

      Mais j’ai deux inquiétudes :

      1 - je constate que parmi les institutions, organisations et acteurs qui inscrivent le genre dans leurs stratégies ou programmes, les femmes sont encore mises "au service" du développement, plutôt que le contraire et que la justice de genre reste un objectif de second plan ;

      2- il me semble que, de plus en plus, l’approche genre est suivie à des fins personnelles et professionnelles plus que pour véritablement servir de levier pour les droits des femmes et les changements des rapports femmes-hommes.

      Dans mon édito, je parle surtout d’hommes qui ont cette tendance au "genre utile". L’étude des dossiers de candidatures d’hommes dont je parle dans cet édito était un prétexte. Mon constat est basé sur des expériences évidemment plus larges, les miennes et celles d’autres personnes, au Nord et au Sud. Ce que je voudrais mettre en avant, c’est la vigilance et l’exigence que nous devons avoir envers celles et ceux qui "hurlent avec les loups juste pour aller à la soupe du genre" - pour reprendre votre expression - et ne voit en cette démarche qu’une qu’activité lucrative et un simple label du "développement correct". J’ai aussi écrit dans mon édito que ce que je disais sur les hommes s’appliquait aussi sans doute aux femmes ... féministe mais pas naive ! On n’est pas et on ne nait pas féministe parce qu’on est née femme ... mais on peut le devenir, qu’on soit femme ou homme d’ailleurs. Et on peut décider de ne pas le devenir mais de poursuivre l’égalité autrement, par d’autres voies.

      Une chose est sûre, il y a plus de femmes que d’hommes investies professionnellement dans les questions de genre : souvent, pour les plus "anciennes" cette activité est un continuum de leurs activités militantes et associatives et une forme de validation professionnelle des compétences acquises. De plus en plus aussi - parce que la dimension générationnelle est bien présente - des jeunes femmes se forment au genre dans leurs études supérieures et s’y investissent professionnellement, souvent, mais pas toujours, avec une base militante. Le militantisme, surtout féministe, peut-être mal vu ... et les femmes le savent et parfois le taisent, stratégiquement. Pourquoi ? Questionnons cela !

      De plus en plus d’hommes se forment aussi et se mettent au genre dans leur travail. MAIS, hors du domaine "professionnel", force est de constater que ce sont surtout les femmes qui mènent ce combat, dans leurs assos, leurs églises, ou de façon non-organisées, bénévolement et, souvent, au prix de gros sacrifices personnels et professionnels. Les femmes ne se battent pas que pour les femmes. C’est une réalité. D’ailleurs, vous parlez dans votre message de votre engagement anti-Eyadéma au Togo, et j’ai repensé à un édito que j’avais écrit en juillet 2005, après le décès d’Eyadema. http://www.genreenaction.net/spip.p..., sur le même thème, et où je questionnais la solidarité des hommes envers les femmes qui n’hésitent pas, elles, à s’engager pour des causes larges qui ne les concernent pas exclusivement. Et c’est pour cela que nous avons besoin de trouver parmi les hommes des alliés qui soutiennent le combat pour l’égalité de genre aussi en dehors de leur engagements (pour ne pas dire leurs obligations) purement professionnel.

      Je ne pense pas que ce soit avoir un discours "femme-femme" que de dire cela. Pour moi, il n’y a pas d’incompatibilité entre être féministe et adopter l’approche genre. De la même façon qu’on peut - et qu’on l’a fait pendant des années - pratiquer l’approche IFD "femme-femme" sans être féministe dans le sens politique. On peut aussi adopter l’approche genre et ne pas se revendiquer du féminisme, par conviction intellectuelle, personnelle, politique, religieuse etc. D’ailleurs, peut-être faudrait-il encore avoir cette discussion entre nous, membres du réseau : qu’est-ce que le féminisme en 2010, quelles féministes voulons-nous être, ne pas/plus être ? qui sont les hommes féministes ? Peut-être que nos définitions sont différentes et que c’est pour cela que nous ne nous "reconnaissons" pas.

      La notion d’égalité de genre ne peut s’enraciner dans nos modes de penser, de gérer nos familles, nos vies, de gouverner, d’éduquer nos enfants, de faire du commerce etc. sans un investissement et une conscience de tous les instants et dans tous les domaines. Certes, chacun-e donne selon ses moyens et ses convictions et toutes les contributions sont les bienvenues ... sauf celles qui voudraient réduire à la caricature "anti-homme" les valeurs et les ambitions de l’approche.

      Je suis femme, fille, soeur, mère, compagne d’un homme, professionnelle, engagée associative, parent d’élève, amie de femmes et d’hommes d’horizons politiques et culturels divers, électrice, cliente et consommatrice potentielle de produits et services en tous genres, auditrice radio et télé, lectrice de journaux ... tous les jours, sous ces multiples casquettes, les questions de genre affleurent, m’effleurent et parfois me sautent dessus. Je ne veux/peux pas me battre tout le temps et sur tout, me ruer sur le "courrier des lecteurs" chaque fois que j’entends une remarque sexiste à la radio, que je vois une publicité sexiste, que je constate l’orientation genrée donnée aux filles et aux garçons dès la maternelle ... alors je lâche du leste, je fais des compromis, je suggère, j’illustre, je me la joue "pédagogue", je rigole - jaune !, je baisse les bras parfois ... MAIS il y a des moments - et ils restent nombreux - où il faut monter au créneau et ne pas accepter l’humiliation, la discrimination, les droits bafoués, les préjugés sexistes (et les autres) qu’ils s’appliquent aux femmes ou aux hommes, les hypothèses biaisées qui "expliquent" les inégalités femmes-hommes. Le genre que je veux défendre est celui-là, et il sort bien évidemment des murs des organisations. En disant cela, je ne sous-évalue pas, bien au contraire, les organisations - et gouvernements - qui prennent sérieusement les questions de genre et mettent en oeuvre des stratégies et des moyens pour que le développement arrive jusqu’aux femmes, se fasse avec elles et avec les hommes, qu’elles aient et exercent leurs droits, que l’équilibre entre femme et homme soit plus juste etc.

      Moi aussi je gagne ma vie en mettant mes connaissances, mes idées et mes compétences "genre" en pratique depuis presque 20 ans, mais 80% du temps, ces idées, connaissances et compétences ne me font pas gagner ma vie, elles l’occupent ... elles grignotent même allègrement sur le professionnel ... et le reste aussi.

      J’ai presque envie de dire "le genre c’est la vie" parce que c’est effectivement partout. Que ce soit à travers l’église, l’entreprise, la famille, l’école, les activités communautaires, qu’importe pour moi le lieu et le moyen pour le mettre en oeuvre. Et franchement, en relisant votre message, je pense que nous parlons le même langage.

  • Les hommes : alliés ou aliénés du genre ? Le 07/07/09 à 06:41 , par Chantal DOGBE GNIMADI

    Bonjour Claudy,

    Merci beaucoup pour votre réponse.

    Nous parlons effectivement le même langage.

    Je suis rassurée.

    J’avais cru un instant me trouver dans l’obligation vis à vis de moi même de me désaffilier de Genre en Action. C’aurait été vraiment dommage pour moi.

    Mais il n’en est plus question.

    Plus que jamais en avant pour le même combat selon les fondements et perspectives de chacune.

    Merci

    Chantal DOGBE GNIMADI
    Cotonou - BENIN

  • Les hommes : alliés ou aliénés du genre ? Le 07/07/09 à 07:55 , par Chantal DOGBE GNIMADI

    En complément à mon message de tout à l’heure, je voudrais aussi rendre hommage à la maturité de Claudy qui a bien discerné que l’"ire" de mes propos du 03 juillet 2009 débordait en réalité l’horizon de son éditorial. Son éditorial m’a en effet servi de prétexte pour accoucher d’un malaise qui m’est venu à la suite de plusieurs autres textes d’autres personnes dans des contextes différents. J’ai fait une exécution en série qui n’est ni juste, ni très glorieuse.

    Moi aussi comme Claudy, je ris souvent jaune et je ne pars pas toujours au quart de tour jusqu’à ce que la coupe devienne pleine quelque part et à ce moment, gare au premier venu qui vient tout ramasser, moins pour ce qui le concerne en particulier que pour tous les autres. Pardon pour cet amalgame infantile et merci pour le discernement.

    Chantal DOGBE GNIMADI BENIN

  • Les hommes : alliés ou aliénés du genre ? Le 14/07/09 à 08:20 , par AWA Diop - Sénégal

    Bonjour
    J’ai lu avec un grand intérêt l’article de Claudy Vouhé. Et, heureusement
    qu’elle a fini son texte avec : "* je suis évidemment consciente que ce
    que j’écris sur les hommes est en grande partie aussi valable pour les
    femmes !", idée qui ne m’a pas quittée tout au long de la lecture. En
    effet, certaines formatrices en genre ou travailleuse du développement
    utilisant le concept, l’analyse ou l’aspect genre, ne voient en le genre
    qu’un outil technique ou une phraséologie et un moyen de gagner du pain.
    Alors que ce qui donne sa puissance de transformation à l’approche genre,
    c’est sa capacité à décoder les rapports de pouvoir et surtout à générer
    des innovations aptes à surmonter les disparités, à établir ou rétablir de
    nouveux équilibres dans les rapports. Cette compréhension et cette
    pratique génératrices de sens et porteuse d’histoire, les femmes, de par
    leur vécu de l’oppression semblent aptes à y accéder plus facilement que
    les hommes. Ce qui n’est pas toujours le cas.
    Cela appelle, à mon avis, un examen critique des formations en genre qui
    devraient davantage mettre l’accent l’exacerbation de la haine de
    l’oppression et sur l’éveil à la sensibilité en faveur des droits des
    femmes, sans reculer sur les éléments informatifs d’analyse qui sont
    souvent bien traités.
    Awa Fall Diop

  • Les hommes : alliés ou aliénés du genre ? Le 14/07/09 à 08:22 , par Claudy Vouhé

    Signalons à ce sujet un colloque international sur l’engagement des hommes pour l’égalité des sexes, à paris, en février 2010 - voir sur http://www.genreenaction.net/spip.php?article6818

  • Les hommes : alliés ou aliénés du genre ? Le 14/07/09 à 14:04 , par Adam Alassane (Niger)

    Je suis bien content de l’éditorial de Claudy. Elle touche du doigt l’un
    des obstacles que rencontrent les militant-es agissant en faveur de
    l’égalité des genrres : l’hypocrisie.

    Je connais des femmes qui se font passer pour des ’spécialistes en genre’
    mais qui une fois rentrées sous le toit conjugal, ne sont que des
    "Marie-couche-toi-là !"

    Claudy a, me semble-t-il, fait preuve de tact, évitant de dire tout droit
    les chose : je voudrais lui emboiter le pas. Il est des hommes [et même
    des femmes malheureusement] qui ne ’sont genre’ que pour capter les fonds
    des bailleurs [je l’ai largement expliqué dans ma communication au caucus
    sur les mouvements sociaux-Awid 2008]. Il faut le dire, le genre est l’une
    des thématiques qui attirent les plus gros financements à l’heure
    actuelle. Et donc, les infatigables ’courtiers de développemnt’ [comme on
    semble les appeler maintenant]que sont les leaders d’ong et association
    ont vite fait de se convertir en...feministes.

    Or, trop enthousiastes, les bailleurs délient rapidement la bourse, en
    faveur de ces ’poids lourds’ du monde associatif subitement devenus
    genre-sensibles.

    Heureusement, à chacune de leurs apparitions médiatiques leurs épouses et
    leurs enfants, leurs collègues de travail, leurs voisin-es et leurs
    proches... commentent prudemment : "Genre en public, bourreaux en
    famille."

    Un ami m’a parlé d’un de ses voisins, Consultant émérite en genre, mais
    qui, chez lui, règne en tyran...

    Merci à Claudy pour cet édito.

    Cordialement,
    A. ADAM

  • Les hommes : alliés ou aliénés du genre ? Le 14/07/09 à 14:10 , par NTAMBWE MODI (RDC/Belgique)

    Bonjour à toutes ,

    eh bien merci pour la réflexion de cet éditorial je pensais être seule à faire ce constat amer qu’en définitive les hommes qui s’intéressent aux question d’égalité entre homme et femme ne le ferait en définitive que lorsque cela sert a leur CV ou à leur portefeuille, c’est selon . Mais
    qu’ils ne remettent pas en question pour eux même au premier plan ces inéquités...

    J’ajouterais même et cela vraiment à titre d’interrogation a confirmer peut-être dans une recherche que c’est tellement vrai que par exemple les consultants spécialistes des questions de genre dans nos pays d’ Afrique sont devenus nombreux parmi les hommes mais dans la pratique vers l’égalité on ne voit pas le changement à la faveur d’un traitement égal des femmes même lorsqu’elle sont spécialistes des question d’égalité de droits...comme leur pair masculins...
    J’appellerais cela la genrisation des question d’égalité ou de droit tout court, en d’autre termes on vend mieux on est bien vu lorsque le genre apparait dans la politique ou les actions etc... mais en voulant voir plus loin, la pratique ne révèle en définitive que de jolis souhaits...

  • Les hommes : alliés ou aliénés du genre ? Le 15/07/09 à 05:31 , par Michel Cahen

    Constat très intéressant.. Mais les enfants (garçons) de ces hommes qui s’intéressent au genre "parce qu’il faut bien", eux, seront peut-être vraiment conquis. Etape intermédiaire historiquement nécessaire ?
    Merci Claudy pour cet article éclairant.

    Michel Cahen (Centre des Etudes d’Afrique Noire, CEAN, IEP de Bordeaux)

  • Les hommes : alliés ou aliénés du genre ? Le 15/07/09 à 14:40 , par Daouda Diop (Sénégal)

    Je te remercie de m’avoir mis en contact et en confrontation avec l’analyse la plus profonde et la plus véridique de l’engouement que le genre suscite à l’heure actuelle et pour mieux coller à la réalité depuis quelques années.

    Cette découverte ou actualisation réflexive mise à nue est valable aussi bien au niveau des hommes dont la monographie est pertinente que pour les femmes dont nombre, voire l’écrasante majorité ne sont nulle part ou sur nul lieu non ’’perdiémisé’’ des militantes des droits des femmes de l’égalité des sexes et du droit des femmes tout comme des
    hommes de se gérer et de s’engager librement selon leurs propres perspectives.

    Il serait intéressant de mener une étude (ou un mini sondage tout aussi pertinent et plus faisable) documentée sur les motivations et des hommes et des femmes qui s’intéressent aux questions de genre. Ceci permettrait de mieux baliser les cheminements transformateurs des
    relations entre les sexes ; d’autant que souvent, voire trop souvent même le genre sert à voiler les sexes : un ancien directeur de cabinet de plusieurs ministres de la femme ou de la famille chargées de la CEDAW et du CDE aimait dire ’’Maintenant, nous ne faisons plus femme, nous faisons genre’’ mais c’était pour lui une façon de voiler les réalités des femmes et rester sur le terrain des
    généralités et généralisations douteuses.

    L’éditorial de madame Claudy Vouhé Militante et Formatrice en genre et développement attire bien l’attention et le fait admirablement sur la base de réalités tangibles. Depuis au moins 10 ans l’implication et de nombre de femmes et de nombre d’hommes sur les questions de genre est purement de type intérêt monétaire et je vous affirme que j’en ai rencontré(e)s un peu partout.
    Je ne peux pas affirmer que la faute incombe aux institutions internationales multilatérales (PNUD, UNIFEM, FNUAP, FAO,BM, UE [voire le projet bonne gouvernance de l’UE au Sénégal]) et bilatérales (USAID, ACDI, CRDI, Coopération Hollandaise, Belge, Danoise, Allemande, etc.), mais elles ont une lourde responsabilité dans cette réalité mise à nue par madame Claudy Vouhé.

    Les politiques mises en œuvre donnent l’impression qu’en vérité, les questions de genre sont caricaturée et ramenées à des parachèvements mathématiques à faire entrer dans des cadres de résultats par quantités sans aucun indicateur de progrès social, politique et culturel qui embraie sur le mouvement réel que tissent, solidifient, perpétuent ou changent, les relations que les hommes et les femmes
    nouent au quotidien dans tous les compartiments de la vie publique et privée.

    Les questions relevant du leadership féminin et du leadership partagé entre les sexes de tout âge, selon les degrés d’implications et de maturités diverses qui sont incontournables pour des transformations sociales gender sensibles (équité et égalité), ne sont évoquées ou entrevues que sous l’angle efficacité et efficience
    mathématiques des projets d’accroissement de la production et non des institutions, orientations et politiques majeures qui maintiennent les statu quo, redéfinissent et redistribuent les rôles, places, possibilités et capacités dans les jeux des relations sociales entre sexes et
    catégories socioprofessionnelles et socioculturelles diverses.

    Il n’est fait nulle part, part des aspects militants de >> transformations sociales, ce qui fait que les formations et
    accompagnements en meilleure maitrise des relations sociales entre les hommes et les femmes et en leadership et leadership partagé pour les conduire, sont presque sans incidences, voire impacts réels sur les vécus des genres.

    Les recherches et leurs résultats restent presque ou pour
    l’essentiel, la réserve exclusive de castes/élites qui ne les utilisent que pour impressionner les autres et les convaincre que leurs places sont là où elles/ils sont et surtout qu’elles/ils doivent attendre d’atteindre leurs niveaux pour prétendre jouer des rôles majeurs dans la société. L’élite intellectuelle féminine clame
    toujours haut et fort aux populations que si elle se trouve elle au cœur des affaires, elle les y représente fortement et y porte leurs besoins, occupations, préoccupations et perspectives.

    Ainsi, nous sommes toujours dans la représentation substitutive qui nous a donné les républiques féodales que nous vivons et souffrons comme républiques des castes aux sommets. Et ces castes sont des castes qui ne sont là que pour perpétuer le règne des mâles, même si des femmes y sont éparpillées par ci par là pour montrer que
    l’humanité avance vers un équilibre entre les sexes et une société d’équité et d’égalité entre les hommes et les femmes.

    Mêmes les consultations se donnent le plus souvent sur la base de connivences de castes et conglomérats entre élites. Ceci explique, entre autres, l’absence d’avancées sérieuses sur le terrain de l’équité et de l’égalité de genre. Car les perspectives transformationnelles structurantes d’autres devenirs y sont presque toujours absentes, encore que même le technique y fait souvent défaut dans ces projets et programmes où le critère genre est dit être
    mis en avant.

    A l’heure actuelle, il n’est pas tout à fait faux d’affirmer que malgré les discours et engagements parfois multi annuels, aucune institution de coopération multi ou bilatérale, n’a mis en place, soutenu, ou accompagné un programme pour la transformation des relations entre les hommes et les femmes dans une perspective d’égalité à terme. Aussi bien au plan économique, politique, social, ni
    éducationnel. Aux femmes ne sont réservés que les
    petits et les sensibilisations (petit équipement, petite agriculture, poulets de case, petite élevage, petit crédit/micro finance, formation - sensibilisation en vérité - d’une ou de deux journées, micro crédits, micro entreprises, etc.).

    Les rapports des Etats sur les Droits Humains, la CEDAW, la CDE, augurent rarement très et même rarement de ruptures et d’avancées essentielles relativement aux femmes et aux filles, en Afrique de l’Ouest notamment.

    Il est vrai que ces des derniers temps on note quelques frémissement de la part des institutions de recherche qui de plus en plus veulent partager leurs conclusions et inclure dans leurs équipes des personnes autres que des universitaires et étudiantes avec implication des leader(e)s à la base, c’est le cas notamment de l’IIED
    Afrique. Mais la rupture réelle point du Labo genre de l’Université de Dakar qui a signé une convention avec une radio FM à grand rayon de diffusion voire à couverture nationale, pour la dissémination de ses recherches au niveau du grand public au niveau de ce média. Il lui
    reste à utiliser comme outil de communication les langues nationales d’autant que le Sénégal compte plus de 65% d’analphabètes avec plus de 80% chez les femmes. Le laboratoire a dans ses perspectives l’intégration de chercheur(e)s issu(e)s des masses populaires et des
    communautés de base.

    Un gender audit des politiques et programmes mis en œuvre par toutes les institutions de coopération bi et ou multilatérale permettrait aux institutions, mais surtout aux organisations de la société civile, surtout le mouvement féminin et féministe, de tout réorienter vers les changements idoines, pour de ’’Nouveau Contrat
    Social de Genre’’ aussi bien formels que non formels. Excusez les fautes faites sciemment.

    Si le temps et les multiples occupations et préoccupations me le permettent, je reviendrais sur les constats et analyses de madame Claudy Vouhé. J’aimerais pour conclure vous signaler, qu’il y a quelques années, sur initiative et orientation de Rabia Abdel Krim (Chercheure et formatrice
    en genre, elle et moi nous avions produit un texte que nous avions titré ‘’Le Voile du Genre’’ pour attirer l’attention sur la relégation ou l’effacement de la femme au non ou sous couvert du genre. Si je le retrouve, je vous le ferais parvenir. Je rechercherais également du coté de Rabia.

    Je vous fais suivre en fichier attaché document ‘’Etats des Lieux de la Parité au Sénégal’’ portant une courte réflexion sur Genre et Parité : leurs différences et articulations***. Je souhaiterais vos apports et approfondissements là-dessus et aussi ceux de toutes et tous les membres du réseau et de ses amitiés.

    J’aimerais vous exprimer ma gratitude, car je me ressource et m’informe de chacune des publications du réseau ‘’Genre en Action’’.

    Salutations Cordiales

    *** ce texte sera mis en ligne sur Genre en action car les pièces jointes ne passent pas sur les forum (note de la modératrice)

  • Les hommes : alliés ou aliénés du genre ? Le 16/07/09 à 07:41 , par Isabelle Gaydon-Ohl (France)

    Bonjour,

    Voici ma première réaction à cet éditorial : Est-ce que les femmes répondent différemment ? Et si non, je leur recommenderais de le faire pour avoir plus de chance d’être retenues ...

    Et si l’on ne connaît pas bien l’institution "recruteuse",
    il est très difficile, quelque soit nos convictions de défendre autre chose que du "rapport au travail", politiquement correct pour une candidature.

    Moi-même actuellement formatrice/consultante en égalité
    professionnelle entre les femmes et les hommes, après mon
    adhésion dans une association féministe où j’ai découvert
    l’immense fossé entre les textes et la réalité du terrain ... professionnel, je me garde de mettre en premier lieu des arguments politiques car antérieurement je n’avais aucun contrat. Et malheureusement, ce n’est pas les syndicats de salariés et les représentants de l’Etat y compris la DRDFE (LA DELEGATION REGIONALE AUX DROITS DES FEMMES ET A L’EGALITE) qui m’ont appelée. Et aujourd’hui c’est grâce au MEDEF (Mouvement des entreprises de France) - au début j’en étais malade- que je vais décoller professionnellement car il y avait un homme qui était conscient de l’inégalité entre les femmes et les hommes.

    Il est possible également de rajouter que je ne savais pas bien me vendre... Et dès lors, que je note une tribune exclusivement masculine, je me garde de le mentionner trop fort si ce sont des prescripteurs potentiels car je serai cataloguée "féministe hystérique" ce qui ne me permettra pas de travailler, donc de ne pas faire avancer la cause qui nous intéresse.

    J’ai également été confrontée bien souvent à des personnes -femmes et hommes- ayant un discours très politique en matière d’égalité entre les femmes et les hommes,
    et la déconstruction des stéréotypes avec "méchants" sur mon aile droite et "gentils" sur mon aile gauche qui dans la réalité du terrain reproduisait tout à l’identique
    ... J’en conclus qu’il faut peut-être aller au-delà des apparences du premier discours et que la déconstruction doit se faire à tous les niveaux et cela dès la première
    échographie indiquant le sexe de l’enfant à naître et se poursuivre tout au long de notre vie ... j’ai une fille et un garçon à élever, avec leur père et ce n’est
    pas simple de ne pas transmettre. Hormis après une analyse car au-delà du conscient nous avons notre "immense continent noir de l’inconscient" qui oeuvre à notre insu.
    Bien à vous et encore merci pour vos éditoriaux me permettant une réponse en écriture quasi instinctive,

    Bon été à toute l’équipe de "Genre en action".

    Bien cordialement, Isabelle Gaydon-Ohl

  • Les hommes : alliés ou aliénés du genre ? Le 21/07/09 à 09:07 , par Dre. Céline Clémence MAGNECHE NDE SIKA Enseignante d’Université - Coordinatrice AFFAMIR - Cameroun

    Cet éditorial m’a pronfondément bouleversée et m’a permis de mesurer la complexité du concept genre. Depuis que je me suis familiarisée avec ce concept, tous les jours qui passent je le trouve de plus en plus complexe
    malgré mes efforts pour l’appréhender à travers mes lectures, les cours auxquels j’ai déjà participé, mes recherches sur Internet, mon mémoire de DEA que j’ai obtenu en septembre dernier à l’université de Valladolid sur
    les femmes et le genre dans les humanités. J’ai l’impression et je suis sure que je ne maitrise toujours pas ce concept qui, pourtant, est la clé
    pour libérer définitivement les femmes, leur donner les outils leur permettant de prendre en main les rênes de leur destin, de jouir de la liberté à laquelle a droit TOUT être humain, de ses droits fondamentaux.

    Je comprends donc tous ces hommes qui confondent le genre et
    développement, qui croient que le genre c’est seulement pour accélérer le développement, et ne voient pas dans ce concept un outil formidable pour libérer les femmes et remettre la balle à terre pour TOUT le monde. En effet, le genre c’est comme cet arbitre qui retire la balle à une équipe qui l’a conservée trop trop longtemps sans la passer à l’autre camp, pour la mettre à terre et relancer le jeu.

    Cet exercice que tu viens de faire met en évidence une chose : il est URGENT de traduire ce concept de genre dans des termes faciles à comprendre pour TOUT le monde si nous voulons que chacun de nous pense au genre, pas seulement en termes d’étoffer notre CV, recevoir des subventions des bailleurs, contenter les uns et les autres, être à la
    mode, si nous voulons que le genre soit pris et compris comme ce qu’il est : celui de l’outil qui changera non seulement les mentalités des uns et des autres, mais surtout le rapport des forces déséquilibré entre
    les hommes et les femmes. Pour qu’il "marque toutes les étapes de nos existences, professionnelles et privées", il nous faut encore énormément travailler avec les hommes aussi bien qu’avec les femmes. Chacun a son niveau, avec les moyens dont il dispose, tous les jours, à tous les
    niveaux.

    Excellente fin de soirée et au plaisir !

  • Les hommes : alliés ou aliénés du genre ? Le 07/08/09 à 06:35 , par MOUANGA

    Chère collègue,

    j’ai lu ton article "les hommes:alliés ou aliénés du genre" mais, je suis très déçu de son contenu qui ne considère pas l’homme en tant que acteur de l’égalité des genres,mais comme un profito -situationiste du concept.

    je vous dirais que la femme seule ne peu prétendre mener le combat des inégalités des sexes,mais ensemble avec l’homme qui lui aussi vie particulièrement ces inégalités ils pourront réussir.

    chère collègue,je t’exhorte de nous présenter des excuses pour la bonne marche de notre mouvement du concept genre.

  • Les hommes : alliés ou aliénés du genre ? Le 11/08/09 à 13:01 , par Sylvain Davila (France)

    Bonjour,
    billet intéressant, je vous l’accorde. billet dangereux aussi car il va à sens unique. Les rapports sociaux, si figés soient-ils, doivent passer par un processus de lente évolution. Il n’est vraiment pas évident de voir du chemin à parcourir et un cynisme des hommes envers la thématique du genre sur un CV ou un lettre de motivation. Je lis surtout dans votre billet une volonté de séparer "ceux qui veulent tendre vers" et "ceux qui le sont déjà". Comme si la
    barrière était infranchissable. Je suis en fait profondément choqué car je vois qu’on juge encore sur des bribes de savoirs et d’apparences, qui plus est dans un dossier de candidature. ça me rappelle certaines discriminations qui outrepassent les seules questions de genre. bon courage à vous

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