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Les trois axes d’action du consortium Tchiwara

Synthèse Marie Dominique de Suremain, ENDA

mardi 10 novembre 2009

Trois axes seront interrogés de façon transversale dans le programme : comment atteindre une meilleure maîtrise des circuits économiques et des filières par les femmes ; ouvrir un espace de développement personnel, comme levier de l’empowerment des femmes ; le développement collectif et solidaire, grâce au travail en réseau et à une plus grande visibilité.

Trois axes seront interrogés de façon systématique dans les projets

1 Comment atteindre une meilleure maîtrise des circuits économiques et des filières par les femmes

Les projets se situent à différentes étapes des filières agro-alimentaires. Une question les traversent presque tous, celle de la sécurité et la souveraineté alimentaire. Le positionnement des femmes dans la transformation des produits agricoles pour les marchés nationaux est présent dans la plupart des projets. La campagne « les femmes nourrissent l’Afrique » résume cet objectif.

Certaines organisations visent également à transformer et promouvoir des produits sains, exempts de pesticides et de toxiques, de façon à protéger la santé des producteurs-productrices et consommateurs-consommatrices, ainsi que l’environnement.

Ces productrices développent ainsi des innovations et des filières en affrontant des forces contraires, car d’autres intérêts sont en jeu, en lien par exemple avec le marché des produits phytosanitaires ou des importations de denrées alimentaires. Elles peuvent aussi se trouver en concurrence entre groupements féminins face aux marchés internes ou externes, ou instrumentalisées par des acteurs ayant un plus grand pouvoir de négociation qu’elles.

Les études de marché ou de filières seront éclairantes à ce niveau.

Les projets comportant un volet de renforcement des capacités techniques des femmes devront s’assurer de l’appropriation des technologies, au sens socio économique et culturel, non seulement dans la manipulation lors du processus de production, mais également au niveau de la maintenance et de l’entretien. Qu’il s’agisse d’un investissement ou d’une formation technique, la question du gain de pouvoir et d’autonomie pour les femmes sera posée.

Plusieurs projets incluent des actions de promotion des produits des organisations participantes pour ouvrir ou entretenir un marché national, voire international. Cette promotion est destinée à susciter et ou augmenter la consommation nationale de produits locaux et sains, vers une plus grande souveraineté alimentaire.

La question des emballages, du contrôle de qualité, de la conservation, est présente dans presque tous les projets, elle pourra faire l’objet d’échange d’idées et de bonnes pratiques ou d’échanges commerciaux entre les organisations.

Les freins déjà identifiés concernant comme l’accès au foncier, à la main d’œuvre, aux ressources financières, à la mobilité, aux formations, aux décisions, dans l’espace public et dans l’espace privé, doivent être également mentionnés. .
2 Ouvrir un espace de développement personnel, comme levier de l’empowerment des femmes

Le programme du consortium comportera un volet de formation et d’échanges sur les questions de la vie personnelle et familiale dans les formations destinées aux femmes (et quand il y a des organisations mixtes, un module sera élaboré en direction des hommes aussi).

Un inventaire des documents existants concernant les activités productives des femmes en Afrique de l’ouest et le genre, ainsi que des formations reçues par les femmes des organisations participantes sera établi.

Lors du premier séminaire d’échanges et de lancement du consortium, une demi-journée sera consacrée à l’élaboration d’une « cartographie sociale » sur la place des hommes et des femmes dans les filières agroalimentaires concernées et dans l’économie familiale.

Puis la méthodologie commune de documentation du processus et de recherche-action capitalisation sera discutée et mise en place ;
Les thèmes complémentaires seront identifiés et des formations mises en place éventuellement à la demande, directement ou en lien avec les réseaux locaux.
en santé reproductive,
droits civiques et sociaux,
gestion de l’argent dans la famille, affectation des ressources et des responsabilités
droit de la famille (en commençant par le choix du conjoint ou le refus les violences, etc…).

La question de la surcharge des femmes, de la gestion de leur temps (rémunéré, non rémunéré, détente, formation, etc…) et de l’allocation des ressources dans la famille devra compléter ce qui aura été analysé dans la première composante en termes d’accès aux ressources, au pouvoir de décision, etc).

Le programme sera l’occasion de faire émerger la parole des femmes sur ces questions, de permettre des réflexions et de mettre des mots sur les transformations socio-culturelles en cours. Les ONG découvriront sans doute des explications nouvelles aux blocages éventuels rencontrés. Les thèmes pourront être choisis en commun par les partenaires du consortium et être adaptés à chaque contexte selon les priorités.

Dans l’idéal, cette réflexion ne s’adressera pas qu’aux femmes, même si celles-ci ont un intérêt plus direct à acquérir leur propre autonomie. Les hommes peuvent également être amenés à prendre conscience de la transformation en cours des rôles masculins traditionnels, notamment pour les jeunes et des perspectives ouvertes par un nouveau partage des responsabilités, un rapprochement affectif dans le couple, l’amélioration de la qualité de vie, des gains de communication avec les enfants, par exemple.

3 Le développement collectif et solidaire, grâce au travail en réseau et à une plus grande visibilité.

Partager les informations et la réflexion, développer le travail collaboratif pour obtenir une plus grande visibilité collective, sont également facteurs d’empowerment et de renforcement des capacités.

Certaines ONG ont signalé que seules quelques femmes leaders bénéficiaient d’une reconnaissance ou d’un pouvoir accru au sein de l’association. Permettre un partage de ce bénéfice avec d’autres membres contribuera à une plus grande efficacité des associations, qu’elles soient féminines ou mixtes.

Reconnaitre ces réalités est déjà un point de départ. Si cette dimension n’a pas été encore travaillée, le constat pourra en être fait de façon participative, puis seront imaginées des réponses aux difficultés identifiées, par des actions en interne dans les organisations et en externe, en direction de l’environnement.