Partage égal des responsabilités entre femmes et hommes : applicable au contexte du VIH/sida

La 53ème session de la Commission de la Condition de la Femme (CCF), qui s’est tenue du 2 au 13 mars 2009 au siège des Nations Unies à New York, a permis d’aborder le thème du "Partage égal des responsabilités entre femmes et hommes, y compris les soins dispensés dans le contexte du VIH/sida". A aussi été prise en compte la nouvelle problématique de la prise en compte de "L’égalité des sexes dans le cadre de la crise financière".

Fernanda Hopenhaym, directrice de l’Initiative Stratégique "Où est l’argent pour les droits des femmes ?" de l’AWID, présente ici une vue d’ensemble de la session de la CCF.

Les éléments clés dans la prise en compte du partage égal des responsabilités entre femmes et hommes sont, entre autres : l’accélération de la mise en œuvre des engagements antérieurs à l’échelon national, par le biais d’échanges portant sur les expériences vécues, les enseignements tirés et les bonnes pratiques ; l’attention accrue portée aux besoins d’informations et de données ; la plus grande capacité d’intégration de la problématique ; et l’identification d’autres initiatives clés en matière de politiques en vue de faire progresser la mise en œuvre [Commission of the Status of Women (en anglais)].

Dans les conclusions concertées de la session, la Commission a réaffirmé l’importance du protocole du CEDAW [1] et du Programme d’action de Beijing, et a appelé à la pleine mise en œuvre de celui-ci et des engagements pris lors de la Conférence internationale sur la population et le développement (1994), du Sommet mondial pour le développement social (1995), du Sommet du Millénaire (2000), du Sommet mondial pour les enfants et du Consensus de Monterrey sur le financement du développement (2002). L’attention s’est portée plus particulièrement sur la question du VIH/sida et sur la manière dont ces engagements internationaux pourraient insuffler un nouvel élan à la lutte contre la pandémie à partir d’une perspective d’égalité entre les sexes, qui permettrait de soulager la charge qui pèse sur les femmes.

Les organisations et les réseaux de base, ainsi que les groupes de prestataires de soins, se sont fortement mobilisés afin d’influencer les conclusions et d’accroître les engagements pris par les gouvernements en matière d’égalité des sexes, de participation égale des femmes et des hommes, ainsi que sur des questions plus spécifiques liées à la rémunération des prestations de soins à domicile.

D’autre part, de nombreux débats ont eu lieu sur le thème de la crise financière et de son impact sur les femmes. Une table ronde d’experts composée de représentants gouvernementaux s’est tenue, ainsi que de nombreuses sessions parallèles organisées par des organisations de femmes. L’AWID a participé à certaines de ces sessions dans le cadre du Groupe de travail des femmes sur le financement du développement, et a organisé une session sur les pratiques de développement dans une perspective féministe.

Certaines des principales questions abordées lors de ces sessions ont porté sur les impacts spécifiques de la crise sur les femmes, qui constituent les principales pourvoyeuses d’aliments dans certaines régions et la majorité de la population pauvre, ainsi que sur l’inclusion d’une perspective d’égalité des sexes dans les solutions possibles à cette crise, telles que les programmes de relance. Les organisations de femmes ont également examiné en particulier les manières d’affronter les effets de la crise.

Des réunions se sont également tenues sur la commémoration l’année prochaine de Beijing+15, un thème qui sera probablement adopté par la Commission lors de sa 54ème session. De nombreuses organisations ont proposé d’organiser une manifestation féminine avant la 54ème session de la Commission de la condition de la femme, visant à appuyer la pleine mise en œuvre du Programme d’action de Beijing. Il reste encore beaucoup à définir concernant les activités en 2010, mais il existe une demande claire du mouvement des femmes d’évaluer les progrès et les revers, et de poursuivre la pression exercée sur les gouvernements pour qu’ils mettent en œuvre leurs engagements.

Enfin, un autre domaine d’action essentiel est la promotion de la réforme visant à renforcer l’architecture de l’égalité des sexes (campagne GEAR) au sein des Nations Unies, qui réunit diverses organisations de défense des droits des femmes et des droits humains du monde entier. Certains signes semblent indiquer l’existence d’un intérêt politique d’utiliser un “modèle composite” qui pourrait donner lieu à la création d’un nouvel organisme. Si cet organisme correspondait aux demandes des partisans du GEAR, celui-ci aurait une forte présence dans les pays, une capacité de financement considérable, un leadership de haut niveau et une fonction stratégique d’élaboration de normes et de politiques. Les membres de la campagne ont eu l’occasion de faire pression sur les représentants des gouvernements et de mobiliser un plus grand nombre d’activistes en vue d’accroître l’appui de cette option de réforme, qui se traduirait par la création de l’organisme pour les femmes tant attendu par le mouvement.

***

Sources : AWID

Notes

[1Convention sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes

Dans la même rubrique :

Communauté

  • Devenir membre
  • Se connecter
  • Nos membres
  • Le genre se bouge
  • Publier un article

infoGENRE

S'abonner à la newsletter