Préoccupations sur le financement du développement présentées au Dialogue de Haut Niveau

L’Assemblée Générale vient de tenir un Dialogue de Haut Niveau dans le
cadre du processus des Nations unies sur le financement du développement.
La représentante de l’AWID, Cecilia Alemany, est intervenue au nom des
organisations de la société civile pour soumettre certaines questions à
l’examen de la réunion. Le dossier de ce vendredi aborde certaines
préoccupations mentionnées dans la présentation.

Par Kathambi Kinoti

La semaine dernière, l’Assemblée Générale des Nations Unies a tenu un
Dialogue de haut niveau sur le financement du développement. Ce Dialogue
s’inscrit dans le cadre du processus qui doit conduire à la révision de la
mise en oeuvre du Consensus de Monterrey ; cette révision sera effectuée à
la Conférence de haut niveau qui se tiendra à Doha, Qatar à la fin de
l’année 2008. [1] La majeure partie de ce Dialogue a été consacrée aux
discussions entre les représentants des gouvernements sur la mise en oeuvre
du Consensus mais la société civile et le secteur des affaires ont été
autorisés, pendant un bref intervalle, à effectuer des présentations sur le
sujet. La société civile était représentée par le Groupe international de
facilitation sur le financement du développement, Nouvelles normes du
financement international (New Rules for International Finance) et le
comité des O.N.G. sur le financement du développement.

L’une des préoccupations soulevées par les représentants de la société
civile a été qu’il n’était pas tenu compte de leurs opinions dans le
processus de financement du développement. Les auditions avec les
représentants des gouvernements n’étaient pas suffisantes et, dans certains
cas, la société civile restait tout simplement en marge des réunions des
tables rondes. Les représentants ont demandé à pouvoir participer plus
activement à la préparation de la Conférence de Doha et ont souligné que
l’ONU doit montrer l’exemple en faisant participer la société civile. En
effet, sans la participation à part entière de celle-ci, le processus du
financement du développement va probablement rester peu représentatif et se
limiter à des questions techniques qui ne se traduisent pas par une
amélioration réelle dans la vie de la majorité des pauvres du monde, dont
beaucoup sont des femmes.

Les représentants de la société civile ont fait part de leurs
préoccupations quant aux restrictions imposées par les structures
internationales actuelles de commerce et de finance aux pays en
développement, contribuant de ce fait à entretenir les inégalités. Ils ont
également souligné la faible concrétisation des engagements adoptés dans le
Consensus de Monterrey. Étant donné ce retard au niveau de la mise en oeuvre
et les changements intervenus dans le contexte de la configuration des
acteurs du développement, les représentants ont demandé qu’un nouveau
sommet soit organisé afin de dégager de nouveaux engagements négociés au
plus haut niveau.

Les pays développés se sont déjà engagés à consacrer 0,7 % de leur produit
national brut à l’aide officielle au développement ; malheureusement ces
engagements n’ont pas été respectés. En fait l’aide a diminué durant
l’année 2006, ce qui, aux yeux de la société civile, est la manifestation
d’un manque de volonté politique pour faire de l’aide au développement un
instrument plus efficace. Ils ont demandé instamment qu’une aide plus
importante et de meilleure qualité soit accordée.

Les représentants ont également fait référence aux nouvelles modalités de
l’aide concertées par les pays développés et consignées dans la Déclaration
de Paris sur l’efficacité de l’aide. Ils ont attiré l’attention sur certains
problèmes associés à la mise en oeuvre de cette Déclaration. Les principes
sont définis par les pays développés et sont évalués sur la base des
données fournies par la Banque mondiale. Les représentants de la société
civile ont souligné que l’espace susceptible de garantir que les voix de la
société civile et des pays du Sud soient entendues est l’Organisation des
Nations Unies.

Une autre préoccupation concerne le fait que l’égalité entre les sexes et
les problèmes des droits des femmes ne sont pas effectivement pris en
compte dans les agendas du financement du développement et de l’effectivité
de l’aide. C’est pourquoi l’imposition de conditionnalités aux pays en
développement est un problème d’autant plus grave pour les femmes. La
société civile a souligné l’importance des organisations des femmes en tant
qu’agents de développement et la nécessité de promouvoir de nouveaux
mécanismes permettant de financer les initiatives de ces organisations. Ils
ont aussi demandé aux gouvernements d’apporter un soutien accru à
l’architecture de l’égalité entre les sexes au sein des Nations Unies afin
que ces organismes progressent davantage dans leur mission en tant que
garants du respect des droits des femmes.

La participation de la société civile au Dialogue de haut niveau a
constitué une plate-forme importante de plaidoyer à propos de l’agenda du
financement des droits des femmes. Au cours de la réunion, plusieurs
organisations de femmes ont pu échanger des idées pour identifier et les
opportunités communes de plaidoyer susceptibles de renforcer la présence
des femmes dans le processus du financement du développement et l’agenda de
l’effectivité de l’aide. La prochaine réunion de la Commission de la
condition de la femme en 2008, dont le thème est le financement de
l’égalité entre les sexes, constituera l’une de ces opportunités de
consolider le processus de financement du développement.[2] Par leur
participation au Dialogue de haut niveau à New York, les organisations de
la société civile ont manifesté leur volonté de veiller à ce que les voix
de ceux qui sont les plus touchés par le sous-développement soient
entendues au plus haut niveau ; les efforts pour occuper et amplifier ces
espaces doivent se poursuivre.

Sources : AWID Carrefour Semaine du 4 décembre 2007

Notes
1. Pour plus d’informations sur le processus de financement du
développement, veuillez consulter www.un.org/esa/ffd
2. L’AWID participe à un groupe d’experts des Nations Unies sur le
financement de l’égalité entre les sexes dans le cadre des travaux
préparatoires de la Commission qui se tiendra l’année prochaine. Pour plus
d’informations à ce sujet et d’autres questions y afférentes, veuillez
contacter Cecilia Alemany à l’adresse suivante : calemany chez awid.org.

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