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Projet Burkina Faso - AGLAE

vendredi 5 février 2010, par Yveline Nicolas

Femmes actrices du développement économique et social du territoire - BURKINA FASO

- Aster-International
- Ethnik

Bien que l’artisanat soit le deuxième pourvoyeur d’emplois au Burkina Faso, les lacunes de ce secteur d’activité sont nombreuses en matière de formation professionnelle (6% des artisan-es ont été scolarisé-es), d’accès au financement, d’organisation des acteurs, d’écoulement des produits ou encore de formalisation du secteur. Les femmes y sont d’autant plus fragilisées qu’elles ont moins accès que les hommes à la formation (16,6% des femmes sont scolarisées pour 31,4% des hommes) et au financement, et qu’elles ont souvent plus de difficultés à se projeter comme actrices économiques et sociales de leur territoire.

L’économie populaire du secteur informel procure plus de 50% des emplois dans les villes burkinabé. Ces emplois, créés grâce à l’ingéniosité et la créativité des populations permettent d’affronter une situation économique qui se dégrade. Le secteur informel joue ainsi une fonction régulatrice contre le chômage et la pauvreté, tout en apportant des solutions aux consommateurs et consommatrices les plus démuni-es. L’économie populaire des zones urbaines comme Ouagadougou est essentiellement structurée autour des activités relevant de l’artisanat de production et d’art et de l’artisanat de service et du commerce.

Le projet vise à accompagner les porteuses de projet pour qu’elles passent d’une activité génératrice de revenus à une micro-entreprise en leur donnant les moyens de se structurer et de s’organiser. Les ONG intervenant dans ce pays (ASMADE, membre du réseau international ASTER et Ethnik) ont développé une expertise en renforcement technique, organisationnel, commercial, et l’ont éprouvée en Afrique de l’Ouest, auprès des artisans ou petits entrepreneurs, hommes et femmes. Le pouvoir économique des femmes ne peut se renforcer qu’avec la prise en compte de leurs droits, leur reconnaissance sociale, et leur égalité avec les hommes. Le Fonds de solidarité prioritaire du MAEE est l’occasion de mettre en pratique ce principe, afin de contribuer à un décollage économique d’artisanes Burkinabé.

ASTER et Ethnik ont une approche du développement endogène proche. Un partenariat sur ce projet permet de développer des synergies entre leurs structures, de favoriser les échanges de pratiques et de compléter leurs deux programmes. L’objectif commun est de permettre aux femmes porteuses de projet de devenir des actrices économiques reconnues, et pour cela, leur donner les moyens de structurer leur activité économique, mais aussi de contrôler les ressources qui en découlent, et d’avoir leur place dans les instances de gouvernance de leur secteur d’activité et de leur territoire.

Les deux programmes s’articulent autour de trois grands types d’activités auxquels le genre est ou sera progressivement intégré :
- Les formations transversales à la gestion d’entreprise et au leadership
- Les formations techniques relatives au secteur d’activité concerné
- L’appui à la structuration et à l’organisation des projets des actrices économiques vers la création de micro-entreprises et/ou coopératives pérennes

ASTER et Ethnik interviennent sur deux zones différentes (trois communes urbaines de Ouagadougou pour ASTER, Tenkodogo pour Ethnik). À Ouagadougou, le public ciblé est constitué d’artisanes et artisans de l’alimentation de rue (3500 femmes et 500 hommes). À Tenkodogo, le projet concerne tous les secteurs de l’artisanat, selon les besoins des 200 personnes accompagnées (180 femmes minimum). Sur le terrain, un échange de compétences est organisé entre les deux structures : ASMADE accueillera l’équipe opérationnelle d’Ethnik pour une formation au leadership des porteuses et porteurs de projets. ASMADE et Ethnik se rencontreront régulièrement pour échanger sur leurs pratiques en matière d’accompagnement des porteurs et porteuses de projet et sur l’intégration du genre dans la mise en oeuvre. Les deux équipes travailleront également ensemble sur les activités de plaidoyer à mener au Burkina Faso pour faire reconnaître les femmes comme actrices sociales et économiques du développement du territoire.