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Projet Niger - AGLAE

vendredi 5 février 2010, par Yveline Nicolas

Renforcement des compétences techniques des artisanes et de leurs capacités organisationnelles et commerciales - NIGER


La Guilde du Raid

Le Salon International de l’Artisanat pour la Femme (SAFEM) voyant sa fréquentation croître de 2001 à 2007 (jusqu’à 57 000 visiteurs pour l’édition de 2007), en déduit un attrait croissant pour les produits artisanaux fabriqués par les femmes, et considère ce secteur productif comme une des rares opportunité de développement de l’économie rurale à saisir pour permettre aux Nigériennes de sortir de la pauvreté et d’améliorer leur place dans la société. Mais les produits traditionnels ne percent pas toujours un marché international de plus en plus exigeant en qualité et en originalité. Lorsqu’un produit séduit, son acheteur hésite à le commander car il redoute d’être livré en retard, que ces produits présentent trop de défauts qualité, ou que leur prix fluctue.

Ainsi, la demande en produits artisanaux existe pour certaines filières comme la maroquinerie, vannerie, poterie, broderie, mais les artisanes manquent de compétences techniques, organisationnelles et/ou commerciales pour y répondre. Au cours des mois d’octobre et novembre 2008, le SAFEM a organisé des missions de recueil de données auprès des femmes artisanes dans les huit régions du Niger suite auxquelles des informations ont été recueillies sur les besoins en équipement, en financement et en formation. Le SAFEM se propose de répondre à la demande des artisanes en mobilisant la Guilde et l’APCM, à travers leur programme Coopération et Soutien aux Artisans et Micro-Entreprise (COSAME) pour renforcer les compétences des artisanes, qu’elles exposent ou non, pour améliorer la qualité et la créativité de leurs produits. Les compétences nécessaires n’étant pas toujours disponibles localement il fut envisagé de former les artisanes par les artisan-es bénévoles ou volontaires, qu’elles viennent d’Europe ou d’Afrique, en appliquant une méthodologie de renforcement des compétences mise en œuvre avec succès dans d’autres pays : le compagnonnage artisanal.

Par ailleurs, les artisanes nigériennes attendent un soutien technique, organisationnel, commercial, mais aussi des moyens et méthodes pour renforcer leur place et leur voix dans la société nigérienne, dans leur foyer et dans leur activité professionnelle pour transformer les relations sociales inégalitaires par la prise de responsabilités et l’autonomie économique, familiale, sociale des femmes. Les activités prévues pour contribuer à améliorer la place des artisanes dans leur vie personnelle, professionnelle et publique, seront mises en œuvre grâce à l’expertise du « pôle » Genre constitué au sein du programme AGLAÉ par les associations spécialistes Adéquations, ASTER-International et Équilibres&Populations.

Le projet a une dimension nationale et s’efforce de couvrir toutes les régions administratives du Niger. Les actions porteront essentiellement sur des artisanes en milieu rural, et seront menées auprès d’artisanes capables de transmettre les compétences acquises, de rassembler leurs consoeurs et de les entraîner vers une dynamique positive et pérenne.

L’objectif étant, pour les femmes, de vendre des produits artisanaux de haute qualité et compétitifs face à la concurrence internationale, les besoins en compétences techniques sont très importants pour des artisanes qui ont la plupart du temps appris leur métier par imitation et répétition.

La proposition faite par le COSAME de mettre en œuvre les missions de compagnonnage n’a de sens que si les artisanes sont formées au cas par cas, accompagnées et suivies sur le long terme. Le saut qualitatif attendu ne peut se faire que par des interventions de proximité, regroupant un nombre restreint d’artisanes, afin de répondre précisément à leur besoin spécifique. Les femmes seront formées par groupe de 12 au maximum.

Au total, ce seront 260 artisanes qui bénéficieront de ces formations, accompagnement et de ce suivi. En transmettant dans un second temps leurs compétences, elles entraîneront environ 1300 artisanes membres de leurs groupements.

Par ailleurs, le Groupement d’Intérêt Économique pour le Développement de l’Artisanat au Niger (GIE DANI) sera aussi assisté par l’ONG Ethnik pour renforcer son organisation (Identification des artisans, mise au point d’une stratégie d’approvisionnement, Organisation d’un suivi de commande et d’un contrôle qualité), ses capacités commerciales (Conception d’outils de communication, Préparation des salons SAFEM et SIAO, Sélection de produits phares et élaboration d’un catalogue, Gestion de la satisfaction clientèle).

Les Directions Régionales de l’Artisanat seront impliquées dans la préparation, la mise en œuvre et l’évaluation des missions d’appui menés auprès des artisanes de leur région, et amélioreront leurs capacités d’accompagnement car elles ont une réelle connaissance des besoins des artisanes grâce au dialogue instauré entre elles et les artisanes.

Les acteurs et actrices de ce transfert de compétences seront aussi responsables de l’intégration de l’approche genre. Après avoir été formés et dotés d’outils adéquats, les responsables établiront un plan d’action qui débouchera sur des activités renforçant la place de la femme dans la société, dans sa vie professionnelle et dans son foyer ; des actions de plaidoyers envers les décideurs politiques et économiques seront identifiées et menées.