Protocole Genre de la SADEC : processus et prochaines étapes

Le Protocole Genre de la Communauté de développement des Etats d’Afrique australe (SADEC) a été le fruit d’un long combat mené par les sociétés civiles avant et après Beijing. Pour autant, un déclic s’est opéré juste après ce sommet mondial, les femmes ayant voulu que leur sous-région participe pleinement à ce renouveau de la prise en compte des droits des femmes.

En effet, les initiateurs du Protocole ont remarqué que la question du genre n’est pas prise au sérieux par les gouvernements des pays membres. La société civile s’est alors investie pour que le genre devienne une priorité. Différentes actions de lobbying ont été entreprises auprès de la SADEC, ce qui a aboutit à la création d’une unité pour le genre.

Une déclaration a ainsi vu le jour en 2005. Et même si celle-ci n’a aucun statut juridique, elle a quand même enclenché un processus pour l’amélioration de la situation de la femme dans la sous-région. Différentes actions ont été menées avec une participation active de la société civile. En effet, chaque gouvernement a emmené des membres de la société civile à participer aux discussions.

Différentes stratégies ont été adoptées, dont notamment l’implication des femmes parlementaires dans les différents pays. Il a fallu procéder à leur formation afin de les rendre sensibles au genre et leur donner les compétences indispensables pour défendre auprès de leurs dirigeants respectifs le caractère indispensable du Protocole.

Le processus de ratification du Protocole a été et est toujours très difficile. En 2007, des pays l’ayant refusé, il a du être réécrit. Le Protocole final, dans sa forme actuelle, a été enfin adopté en 2008 lors de la réunion des Chefs d’état.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Le plus important est avant tout de faire ratifier le Protocole par tous les membres, et surtout d’en assurer l’application. L’exemple de la représentativité des femmes dans les instances de prise de décision peut être cité en exemple. Dans la déclaration de 2005, le quota de femmes dans les instances de prise de décision a été fixé à 30%, et le Protocole prévoit l’échéance de 2015 pour atteindre une parité de 50%-50%.

Actuellement, deux situations opposées se présentent. Il y a des pays qui s’érigent en modèle, telle la Tanzanie où à ce jour, la représentativité des femmes dans les instances de décision est déjà de 30%. D’ailleurs, elle se fixe d’atteindre l’égalité parfaite exigée, de 50%, dès 2010. Alors que d’autres pays comme le Zimbabwe et Madagascar sont très en retard et l’objectif de 2015 ne sera que difficilement atteint. Dans le cas de Madagascar, le nombre de femmes présentes dans les instances de décision est encore minime, plaçant le pays dans les derniers des 14 pays membres.

Enfin, les initiateurs du Protocole genre sont conscients que le problème crucial réside dans l’application effective des dispositions par les pays signataires. Ainsi, ils veulent créer un comité de suivi-évaluation pour contrôler la manière dont les gouvernements des pays procéderont pour atteindre les objectifs fixés. Ils mettent l’accent sur l’utilité de produire des indicateurs, dans chacun des domaines, afin de pouvoir mesurer les progrès dans un intervalle de temps donné. Un partenariat avec la société civile est alors recommandé dans le cadre du suivi-évaluation.

Toutefois, il est ressorti lors des débats que le manque de budget pour la mise en œuvre pourrait être un obstacle à l’atteinte des différents objectifs du Protocole.

Mina Harivola Rakotoarindrasata - Mouvement des jeunes pour l’égalité des sexes et le développement - Madagascar

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