Quelle place pour la jeune génération dans les mouvements féministes ?

"Ce n’est pas parce qu’on est jeune qu’on est incapable de faire de bonnes choses". Cette petite phrase, prononcée par la représentante des jeunes féministes, a frappé plus d’une personne présente à la plénière du 15 novembre 2008, le deuxième jour du forum de l’AWID .

La deuxième séance plénière du forum de l’AWID 2008, sur le thème "fortifier nos mouvements-un regard intérieur", a attiré beaucoup de jeunes filles et de jeunes femmes issues de différents mouvements féministes. Ces jeunes féministes, reconnaissable au foulard rose qu’elles portent noué à la taille ou enroulé autour du cou, ne passent pas inaperçues. La présence de cette jeune génération au forum est la preuve que la relève est assurée au sein des mouvements féministes.

Plusieurs questions pertinentes ont été soulevées, notamment à propos de l’enrôlement des jeunes féministes dans les actions à entreprendre. Deux points faisant débat ont été soulevés : le lien entre âge et expérience concernant les questions de leadership d’une part, l’âge et l’importance du dialogue intergénérationnel, d’autre part. Les intervenantes qui se sont succédées à la tribune ont toutes encouragé les jeunes féministes à poursuivre leurs actions pour le changement social.

Il serait vain de polémiquer sur les termes d’"ancienne génération" et de "nouvelle génération". Le changement, le partage du pouvoir, le partage des idées avec les jeunes générations doivent devenir une réalité au sein des mouvements féministes, en témoigne l’entretien accordé par Betsy Hoody, jeune activiste nord américaine.

Theodore Mbainaissem : Je suis du réseau Genre en action. De quel pays êtes-vous ?

Betsy Hoody : Des USA.

T. M. : Vous portez une écharpe rose au cou, que représente-t-elle ?

B. H. : L’écharpe marque mon appartenance au mouvement des jeunes féministes.

T. M. : Que font concrètement les jeunes féministes dans votre pays ?

B. H. : Nous essayons de lister un nombre de problèmes importants qui font obstacle à l’avancement du droit des femmes et les portons aux instances supérieures pour le plaidoyer. Nous tissons également des liens avec les autres mouvements féministes à travers le monde pour mener des actions soudées.

T. M. : Rencontrez-vous souvent des problèmes relevant des querelles de leadership entre les anciennes féministes et la relève que vous représentez ?

B. H. : Je ne crois pas, il y a certes des divergences au niveau des points de vue mais ces divergences ne sont pas une contrainte. Elles n’empêche pas les bonnes relations entre les aînées et les jeunes.

T. M. : Que font les jeunes féministes pour l’avancement des droits des femmes ?

B. H. : Nous nous efforçons d’être présentes aux côtés de nos aînées dans la lutte quotidienne pour faire avancer les droits des femmes. La preuve est que nous sommes là !

T. M. : Qu’est ce qu’être "jeune féministe" ?

B. H. : Je n’ai pas de réponse exacte à donner à cette question mais, à mon avis, les jeunes féministes doivent être attentives à l’évolution du monde actuel et analyser certaines questions qui peuvent compromettre les droits des femmes dans le monde.

T. M. : Qu’entendez-vous par "questions qui peuvent compromettre les droits de la femme" ?

B. H. : Il y a par exemple la crise monétaire qui secoue le monde actuellement, les changements climatiques, la crise alimentaire etc. Comment ces crises sont perçues par les femmes ? Quel effet ces crises peuvent avoir sur les femmes dans le monde ?

Théodore Mbainaissem - APEDAC - Tchad

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