Quels indicateurs pour quels résultats ?

« Genre et indicateurs ». Cette problématique a fait l’objet d’un caucus organisé par l’OIF et Genre en Action pour les francophones présents au forum. Au-delà des querelles d’écoles, c’est un débat portant sur la finalité qui se pose.

Quels indicateurs pour mesurer quels impacts sur les femmes dans les projets et programmes de développement mis en œuvre ? Question à priori tranchée mais qui divise encore bien des experts du concept de genre. Il n’existe pas de définition universelle pour les indicateurs de genre ni même de critères sur lesquels s’accordent ces derniers. Tout au plus les experts parlent de canevas et font référence à l’accès aux droits, à l’influence politique, à la participation des populations et aux bénéfices.
Certains aspects ne sont pas difficiles à quantifier comme le nombre de sièges occupés par les femmes dans les instances politiques, le nombre de filles enrôlées dans les classes ou le nombre d’étudiantes présentes dans les universités. En revanche, il est plus compliqué de mesurer les changements sur le plan social comme l’impact de la guerre sur les femmes ou encore la dimension genre de la pauvreté.

Dépendance politique
« Le choix des indicateurs dépend largement du contexte de chaque projet. C’est en décidant de ce qu’on veut quantifier ou mesurer et des changements attendus que nous établissons des objectifs clés et que nous décidons du genre d’indicateurs à mettre en œuvre pour mesurer les progrès réalisés », a souligné Justina Demetriades, chargée de la Recherche et de la Communication à Bridge Development Gender. Pourtant fait-elle remarquer, « la difficulté rencontrée dans le domaine des indicateurs est qu’ils dépendent plus des décideurs politiques que des acteurs des projets ».
Pour sa part, Fatou Sow Sarr, sociologue sénégalaise estime qu’un indicateur est plus une variable qu’autre chose. « L’indicateur est une variable qui permet de mesurer l’accès des femmes à certains services par exemple ou à faire le contrôle de la participation », ajoute-t-elle. Par delà les différences d’approches, c’est une autre question qui se pose : l’utilisation des résultats. Et à ce niveau également, les pouvoirs politiques semblent prendre le dessus.

Khadijetou Cheikh – SOS Défis – Mauritanie et Moussa Diop – FAS - Sénégal

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