Refus d’un mot - rejet d’un concept ?

Les pouvois publiques français se prononcent contre l’utilisation du terme "genre" en français. Faites vos commentaires sur le forum.

Bulletin Officiel n° 34 du 22 septembre 2005 - sommaire CTNX0508542X :

Organisation générale

COMMISSION GÉNÉRALE DE TERMINOLOGIE ET DE NÉOLOGIE
Recommandation sur les équivalents français du mot "gender"
NOR : CTNX0508542X
RLR : 104-7
RECOMMANDATION DU 22-7-2005 JO DU 22-7-2005
MCC

L’utilisation croissante du mot "genre" dans les médias et même les
documents administratifs, lorsqu’il est question de l’égalité entre les
hommes et les femmes, appelle une mise au point sur le plan terminologique.
On constate en effet, notamment dans les ouvrages et articles de sociologie,
un usage abusif du mot "genre", emprunté à l¹anglais "gender", utilisé
notamment en composition dans des expressions telles "gender awareness,
gender bias, gender disparities, gender studies...," toutes notions
relatives à l’analyse des comportements sexistes et à la promotion du droit
des femmes. Le sens en est très large, et selon l’UNESCO, "se réfère aux
différences et aux relations sociales entre les hommes et les femmes" et
"comprend toujours la dynamique de l’appartenance ethnique et de la classe
sociale". Il semble délicat de vouloir englober en un seul terme des notions
aussi vastes.
En anglais, l’emploi de "gender" dans ces expressions constitue un
néologisme et correspond à une extension de sens du mot qui signifie "genre
grammatical". De plus, ce terme est souvent employé pour désigner
exclusivement les femmes ou fait référence à une distinction selon le seul
sexe biologique.
Or, en français, le mot sexe et ses dérivés sexiste et sexuel s’avèrent
parfaitement adaptés dans la plupart des cas pour exprimer la différence
entre hommes et femmes, y compris dans sa dimension culturelle, avec les
implications économiques, sociales et politiques que cela suppose.
La substitution de "genre" à sexe ne répond donc pas à un besoin
linguistique et l’extension de sens du mot "genre" ne se justifie pas en
français. Dans cette acception particulière, des expressions utilisant les
mots "genre" et a fortiori l’adjectif "genré", ou encore le terme
"sexospécificité", sont à déconseiller.
Toutefois, pour rendre la construction adjective du mot "genre", fréquente
en anglais, on pourra préférer, suivant le contexte, des locutions telles
que hommes et femmes, masculin et féminin ; ainsi on traduira "gender
equality" par égalité entre hommes et femmes, ou encore égalité entre les
sexes.

La Commission générale de terminologie et de néologie recommande, plutôt que
de retenir une formulation unique, souvent peu intelligible, d¹apporter des
solutions au cas par cas, en privilégiant la clarté et la précision et en
faisant appel aux ressources lexicales existantes.

Que pensez vous de cette décision officielle ? Quel est votre point de vue au sujet de l’utilisation ou non du terme "genre" ? Quelles sont vos expériences quant à la compréhension du mot ? Quelles alternatives existent en français ? Sont-elles nécessaires et/ou utiles ? DONNEZ VOTRE POINT DE VUE

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17 Messages

  • Je trouve cet avis de la Commission en question : 1°) faux et 2°) restrictif

    Faux :- ce que l’on fait dire à l’Unesco, n’engage que cette structure et ne recoupe pas ce que l’on peut trouver par ailleurs comme "définition" ;
    - que le terme serve "pour désigner exclusivement les femmes" est faux aussi, tel que je comprends ce concept et beaucoup d’autres avec moi ; si en 1972, Ann Oakley sortait l’ouvrage "Sex, gender and society", elle n’utilisait pas (à tort, donc) deux mots pour dire la même chose !
    - " ce terme....fait référence à une distinction selon le seul sexe biologique" ; alors là, les bras m’en tombent : c’est tout à fait l’inverse !

    Réducteur : la conclusion qu’ils tirent donc de leur analyse à côté de la plaque ne va pas du tout.
    Et "sexe" n’est pas superposable à "genre" justement !

    Béatrice, Marseille

    • > Refus d’un mot - rejet d’un concept ? Le 29/09/05 à 17:33 , par Said Belkachla

      Ce texte vient en fait conforter ce que j’ai toujours pensé que chaque langue a ses expressions spécifiques de mettre en relation le signifiant avec le signifié. J’ai été confronté à ce dilemme en essayant d’établir un glossaire des termes statistiques en éducation pour l’UNESCO justement. Il est vrai que certains mots d’anglais sont plus concis et portent en eux des interprétations différentes qu’en français, cela n’empêche que le contexte aide aussi à discerner les différentes connotations que l’on souhaite apporter au message. C’est particulièrement le cas avec les vocables "Gender" et "Literacy" qu’on a tendance à traduire avec "Genre" et "Litératie" traduisant ainsi la richesse d’une langue vs la pauvreté de l’autre. C’est la cas également du passge à l’arabe où on a tendance à traduire "Gender" litéralement par "le genre social" (sic !).

  • > Refus d’un mot - rejet d’un concept ? Le 29/09/05 à 11:55 , par Claudy Vouhé

    Evidemment d’accord avec la réponse de Béatrice qui me précède, et j’ajouterais qu’une dimension fondamentale balayée par les "défenseurs de la pureté de la langue" est la dimension de la diversité sociale. Qui dit "genre" en sachant ce qu’il ou elle dit, ne dit pas "femme" mais "relations femme-homme", ne dit pas LA femme mais LES femmes dans toute leur diversité - âge, ethnie, religion, classe etc.

    Mais je vais quand même me faire l’avocat du diable ! En effet, je constate que de plus en plus, genre est devenu un mot "fourre-tout", et que l’utilisation du terme, souvent dépolitisé, arrange en fait ceux qui veulent en rester aux notions de différences biologiques sans entrer dans les notions d’inégalités, de discriminations etc.
    On dit "le genre sera intégré" et on passe à autre chose. Les Cadres de Lutte contre la Pauvreté par exemple regorgent de cette phrase alibi. Résultats : on propose des informations sur ce que les femmes font, ce dont elles manquent, et on fait des "projets pour les femmes" ... et rien de change, ou si peu !

    Or, il est vrai que ce qui est derrière le mot "genre" n’est pas identique (il y a bien sûr un lien) selon que l’on parle par exemple :

    - de décrire les "relations de genre" dans un contexte donné
    - d’inscrire "le genre" dans une politique sectorielle de transport
    - de développer une politique pour la prise en compte transversale du genre
    - de mener des projets pour l’égalité de genre (donc "entre les sexes") et pour la promotion des femmes (pas pareil)
    - de réviser des procédures organisationnelles pour "prendre le genre en compte"
    - définir des indicateurs sensibles "au genre" etc.

    Ce que je veux dire c’est que le genre se décline, et que je pense qu’on a effectivement besoin d’ouvrir le concept pour voir ce qu’il y a dedans, dans des contextes bien précis.

    Je me souviens qu’en 1996, la personne respnsable du développement de la politique genre de l’UE avait refusé qu’on traduise "gender equality" par égalité entre les femmes et les hommes. Elle voulait "genre" et avait des arguments pour ça. En revanche, les NU utilisent l’expression "égalité entre les sexes".

    Alors, comme le dit si bien Elisabeth dans son édito de ce mois, battons-nous pour le changementcontre et contre les maux qui font mal, pas pour des mots !

  • > Refus d’un mot - rejet d’un concept ? Le 29/09/05 à 11:59 , par Claudy Vouhé

    J’aimerais bien savoir comment nos partenaires s’en sortent dans leurs langues. Comment traduit-on le genre en malgache, en bambara, en moré, en woloff, en arabe ? Est-ce qu’on y parle de différences ou d’inégalités, de femme ou singulier ou au pluriel, d’hommes etc.

    • > Refus d’un mot - rejet d’un concept ? Le 04/10/05 à 09:47 , par Timana Ruth Maria

      Au Pérou, on le traduit par "género". On parle des conditions socio économiques, culturelles, politiques et historiques (car les situations évoluent et changent) qui nous aident à comprendre la construction des différences et inégalités entre les femmes et les hommes,en fonction de leur appartenance social, économique, et culturelle car le Pérou est un pays très divers et différent d’une région à autre. Le concept de "généro" nous a permis aussi d’intérroger la "masculinité" car le "généro" nous a bien fait remarquer qu’il s’agit des rélations sociales qui se sont construits et se construissent entre les femmes et les hommes

      • > Refus d’un mot - rejet d’un concept ? Le 05/10/05 à 22:28 , par Claudy

        Anecdote ... género en espagnol, c’est aussi "le tissu" (pas le tissu social ... le tissu pour coudre, le tricot) ... je voulais un jour parler en espagnol des enjeux de genre dans l’industrie textile ... et le mot "textil" ne me venant pas, j’ai parlé de l’" ... industria del género" ... autant dire que la confusion était complète !!!

  • > Refus d’un mot - rejet d’un concept ? Le 01/10/05 à 16:07 , par Isabelle Giraud

    Je réagis à votre bulletin de septembre 2005 sur la question de la légitimité du mot genre. Je pense qu’il faut absolument défendre ce concept. Je viens de terminer ma thèse de doctorat, en cotutelle entre l’Université de Montréal et l’Université de Versailles Saint Quentin intitulée : mouvements des femmes et changement des régimes genrés de représentation politique au Québec et en France, 1965-2004. L’emploi du mot genre permet des comparaisons transnationales et permet l’usage et l’adaptation de concepts forgés en anglais mais heuristiques dans des perspectives de recherche.

    Isabelle Giraud
    Université de Montréal
    Université de Versailles Saint Quentin
    isabelle.giraud6 chez wanadoo.fr

  • En arabe, l’expression en usage est "genre social". Peut-être est-elle plus explicite. Ce qui ne l’empêche pas d’être également contestée, sans doute pour les mêmes raisons, de forme et de fond. Ce qui est clair c’est que les mots ont un sens qui est très lourd et qui correspond en général aux évolutions sociétales avec toutes leurs contradictions, leurs pesanteurs et toutes leurs résistances. Si le mot genre suscite tant de controverses, c’est qu’il est "chargé". Il est vrai qu’au point de départ, genre a déconcerté. Nous étions tellement habitué-es à un sens, précis clair et net. Peut-on pour autant se dispenser de réfléchir à un contenu nouveau ? Si le mot vient de l’anglais, peu importe ! L’essentiel ne doit-il pas d’apprécier ce que la nouveauté nous apporte. Or, dans la critique qui est faite de l’usage du mot, on oublie les rapports sociaux et on évacue l’apport...gênant pour le changement social. En tout état de cause, il me semble trop tard pour revenir sur l’adoption du mot. Malgré les difficultés et les rejets, il a acquis droit de cité. Aujourd’hui, le processus d’appropriation conceptuelle et méthodologique est enclenché ; nous devons nous battre pour sauvegarder ce que nous avons pu en tirer en termes d’impact positif pour toutes et pour tous. Il faut évidemment multiplier les possibilités de clarification pour que ce qui est reproché soit progressivement éliminé. Le mot "progressivement" est important.Il ne doit pas pour autant signifier attentisme. Alors, débattons et prouvons....et ne baissons jamais les armes Houria Alami Mchichi (Maroc)

    • > Refus d’un mot - rejet d’un concept ? Le 05/10/05 à 22:43 , par Claudy

      Anecdote ... en Tunisie, en 1998, j’animais une série d’ateliers avec le CREDIF (Centre d’Information et de Documentation sur les Femmes) basé à Tunis. Nous avions organisé une séance de sensibilisation au genre et de présentation du projet de formation pour des décideurs des ministères de tutelle. A notre grande surprise - et immense satisfaction, ILS étaient venus plutôt nombreux !

      Nous nous sommes alors rendus compte que la personne qui avait rédigé l’invitation en arabe avait changé le mot "genre" , certainement parce qu’elle ne le connaissait pas. Elle l’avait remplacé par un autre mot signifiant "qualité" et qui diffère seulement par l’emplacement des accents ou par une lettre (j’ai oublié exactement) ! Donc, en ce qui les concernaient, ces décideurs étaient venus à une rencontre sur "comment intégrer le critère de QUALITE dans les politiques, programmes et projets".

      D’abord un peu déconcertés par l’importance donnée aux femmes dans notre introduction (en français), ils se sont ensuite manifestés pour confirmer que cette dimension GENRE était effectivement une question de QUALITé des projets ! Mais sans ce clin d’oeil typographique, sans doute ne se seraient-ils pas déplacés ! Mais c’était il y a bien longtemps, en 1998 ... tout est bien différent maintenant et les décideurs se bousculent pour "savoir tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le genre sans oser le demander", pas vrai ?

  • Elisabeth Hofmann écrit : "D’un coup de baguette magique (ou maudite), le "gender mainstreaming" devient une "politique anti-sexiste" - surprenant, non ?"

    Pour information, au gouvernement canadien, "gender mainstreaming" est diversment traduit, d’un ministère à l’autre, par :

    "intégration des considérations liées à l’égalité des sexes" (Condition féminine Canada, 2001)

    "intégration des considérations liées à l’égalité entre les sexes" (Condition féminine Canada, 2003)

    "intégration de la politique homes-femmes" (ACDI, 2001)

    "intégration de l’égalité entre les sexes" (Immigration Canada, 2001)

    "intégration d’une perspective de genre" et "intégration d’une démarche sexospécifique" et "intégration des querstions relatives aux femmes" (Affaires étrangères et Commerce international, 2004)

    "promotion de l’égalité entre les sexes" (Commerce international, 2003)

    "intégration de la question de l’égalité des sexes" et "inscription des préoccupations des femmes dans le courant dominant" et "intégration de la notion d’égalité des sexes " (Patrimoine canadien, Paragraphe 112 du Rapport soumis au Comité sur l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, 2002)

    Un traducteur triste...

  • Chère Collègue-réseau

    je vous remercie d’avoir pris l’initiative d’initier une discussion sur l’avis
    de la commission de terminologie, ses implications et ses explications
    éventuelles.

    Ma réaction sera double. D’une part, il est significatif de noter à nouveau le
    décalage, la frilosité ou meme la bêtise de cette prise de position mais
    surtout l’incompréhension qu’elle démontre face au sens de genre. Pourtant ceci
    est signé du ministère de l’enseignement supérieur ! Je suis donc tout à fait
    d’accord avec vous en ce qui concerne la nécessité sinon l’urgence de la
    formation, une formation qui viserait à dépasser les cercles habituels des gens
    concernés et déjà sensibilisés. Etant enseignante, et non chercheuse ou
    praticienne de terrain, c’est sur ce plan que je me place. C’est ainsi qu’à
    Paris 7 nous avons un séminaire de Master 1 d’approches comparatives en genre
    (Pascale Barthélémy et Odile Goerg) et que mon séminaire de Master 2 porte sur
    l’approche genre appliqué cette année au travail en Afrique dans une
    perspective historique.

    Par ailleurs, alors que ce terme est refusé sous des prétextes fallacieux, un
    doctorant avancé du Togo, qui assure des charges de cours dans la nouvelle
    université de Kara (ville du président) nous dit lors du séminaire (je cite de
    mémoire) : chez nous, pas de problème, nous avons un cours "genre". Les
    collègues masculins ne voulaient pas d’histoire des femmes car ils se sentent
    attaqués ou exclus (en gros). On voit là donc une appropriation mais qui pose
    en fait le meme problème car elle se fait en fait dans un flou conceptuel
    évident : le genre est vidé de son sens pour redevenir de l’histoire en
    général, dans laquelle on parlera des femmes parfois. Ainsi, ce meme doctorant
    réagit au sujet de master d’une étudiante qui travaille sur les voyageuses en
    Afrique : peut-on dire les "voyageuses" ? en général on dit voyageurs !. Bref,
    une recherche sur les femmes voyageurs ne le choquerait pas.

    Donc, entre rejet et appropriation mal comprise, le besoin de formation reste en
    effet évident. Le tout est de trouver les moyens et le public.

    Odile GOERG

    professeure, Paris 7, histoire de l’Afrique

  • Les facéties de la commission de terminologie m’ont d’abord rendu furieux, et puis je me suis dit, emploi du temps aidant, "à quoi bon ?", mais je compte bien faire un de ces jours un courrier au ministre de la Culture, avec copie à Girardin, car il est clair qu’à travers le vocabulaire (qui est une véritable gêne pour beaucoup de Français et de Françaises qui ne refusent pas le concept), c’est le continu même du genre que ces messieurs nient.

    Agissent-ils volontairement ou par ignorance ? Dans ce cas, ils n’avaient qu’à se renseigner, notamment auprès de la Francophonie, qui s’était saisie de cette question lors de la Conférence des femmes de Luxembourg mais avait conclu, après des travaux approfondis d’une linguiste suisse, qu’on ne pouvait effectivement pas trouver de mot pour traduire "genre" en français. Et comme il n’est pas toujours commode de recourir à des périphrases...

    Robert Toubon

    • > Refus d’un mot - rejet d’un concept ? Le 10/10/05 à 15:04 , par Issa SADOU

      Je crois que c’est un débat ou une polemique de plus qui ne nous avance en rien. Au contraire cela prouve une fois de plus la propension des Francophones (dont je suis) à pinailler au lieu de voir le contenu et ce que cela peut nous permettre d’avoir dans l’atteinte de l’objectif ultime qui est l’égalité et l’équité entre les êtres humains (hommes et femmes). En définitive cessons de jeter l’eau du bain avec le bébé. Attaquons nous aux maux qui minent nos sociétés, à savoir l’intolérance et l’injustice sociale.

    • > Refus d’un mot - rejet d’un concept ? Le 11/10/05 à 13:13 , par claudy vouhé

      Je voudrais proposer à Mr Toubon qu’il soit le porte parole de ce forum et fasse un courrier synthèse à partir des commentaires des un-es et des autres reccueillis sur ce site. Je proposerais aussi d’élargir la diffusion de cette réaction commune et d’essayer de la diffuser à travers nos divers réseaux, Nord et Sud, sous forme écrite et/ou électronique

  • > Refus d’un mot - rejet d’un concept ? Le 15/10/05 à 19:13 , par Mireille Rabenoro

    Dans le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP), version juillet 2003, de Madagascar,il y a une ’Mise en parallèle des Objectifs de Développement du Millénaire avec le DSRP’, et on y lit parmi les Objectifs du millénaire : "Promouvoir l’égalité au point de vue du genre et nombre". La question n’est pas de savoir qui a pris la liberté de modifier ainsi jusqu’à l’absurde la formulation de cet ODM ; ce qui est sûr, c’est que le terme de ’genre’ était totalement inconnu des rédacteurs, sauf en ce qui concerne ’l’adjectif qui s’accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte’, comme on apprend en grammaire française.
    Donc, je serais plutôt pour le pragmatisme du gouvernement canadien, qui rejoint la recommandation de la commission sur les néologismes : traiter la question au cas par cas, sans exclure le terme de genre ni le retenir comme seul valable, et utiliser aussi le mot ’genré’, c’est si pratique, plutôt que d’aller dire ’désaggrégé par sexe’.
    Pour répondre à la question de Claudy Vouhé, en malgache on a demandé à un artiste (un chanteur) de trouver un mot, et il a trouvé ’mira-lenta’, un néologisme qui signifie littéralement : niveau/valeur égal(e). Le mot a été testé dans toutes les régions du pays, et il passe très bien - bien mieux en tous cas que ’genre’. Mais on n’exclut pas pour autant des paraphrases du type ’relations entre femmes et hommes’, en tant que de besoin.

  • Je réponds un peu tardivement à
    votre message qui est effectivement alarmant. L’ignorance du "genre
    masculin" sur ce qu’est le genre est affligeant pour l’instant, je ne sais
    trop quoi rajouter au petit historique que j’avais fait à l’occasion de la
    rencontre organisée au CEAN sur la question avec le concours du réseau (et
    qui est donc avec les autres communications sur le site WEB du CEAN : http://www.cean.u-bordeaux.fr/actes_colloque_Genre.pdf).
    Refaire l’historique de la notion de genre m’avait fait comprendre à
    moi-même la spécificité du concept : il faut éduquer et éduquer, et
    recommencer.
    Bon courage !

    Catherine Coquery-Vidrovitch

  • > Refus d’un mot - rejet d’un concept ! Le 03/11/05 à 16:21 , par Cris

    "La substitution de ’’genre’’ à sexe" : Expression typique de celui qu’à rien compris, qui reste hermétique à l’idée même de genre et à sa distinction du sexe.

    Si j’ai bien compris le premier paragraphe - ce qu’est pas évident – on nous dit que “genre” conviendrait tout aussi bien à d’autres identités. Si c’est ça je suis bien d’accord. Au lieu de se référer au vocabulaire propre à la grammaire, mieux vaudrait ce rappeler du sens plus commun de genre : “c’est pas mon genre” par ex. Qui n’est pas plus sexuel qu’autre chose. En fait faudrait préciser “genre sexuel”. Le genre désignerait alors toute identités culturelles par opposition aux caractéristiques biologiques ou/et de naissance : sexe, couleur, origine culturelle, sociale, religieuse…Si les “races” n’existent pas, on pourrait parler de genre racial dans des conditions communautaristes comme aux USA où l’éducation dépend de la couleur (comme elle dépend du sexe).

    "On traduira ’’gender equality’’ par égalité entre hommes et femmes " : Dans la perspective queer, non étrangère à l’emploie de “gender”, ’’gender equality’’ est l’égalité entre plus de deux genres. Qu’ils essaient donc de traduire “Gender Trouble” avec ce genre de principe.

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