Réseau Femmes sous lois musulmanes

Le Réseau Femmes Sous Lois Musulmanes a été créé en vue de briser l’isolation des femmes et d’offrir un soutien, ainsi qu’une opportunité de nouer des liens, à toutes les femmes dont les vies peuvent être affectées par les lois musulmanes.

L’emploi de ‘lois musulmanes’ dans notre nom reflète deux questions d’égale importance. Premièrement, les lois considérées formellement comme musulmanes varient. Deuxièmement, nombre de codes légaux coexistent dans chaque contexte culturel, social et politique. A tout le moins, chaque société a un système légal formel et codifié ainsi qu’un système parallèle dans lequel lois et pratiques coutumières se mêlent. Des sub-divisions supplémentaires peuvent aussi s’ajouter – par exemple, certains pays peuvent avoir deux codes formels : le code religieux et le code civil. De la même façon, les lois coutumières sont diverses.

Le Réseau reconnaît que ces systèmes parallèles sont d’une importance vitale pour les femmes – parce que l’impact combiné de ceux-ci est particulièrement ressenti au niveau personnel et à celui de la famille. Ces domaines affectent les femmes de manière disproportionnée et généralement d’une façon qui érode leurs droits et leur autonomie.

Malgré la diversité – entre les contextes sociaux, politiques, économiques et culturels et à l’intérieur de ceux-ci – le système dans son entier est bien trop souvent présenté et accepté comme étant “Islamique”. Et ceci a de nombreux effets sur l’ensemble de la société et sur les femmes en particulier. D’une façon générale, on peut dire que les hommes et l’Etat utilisent ces lois de façon contraire à l’intérêt des femmes, et qu’il en a été ainsi sous des régimes politiques différents.

Le nom du Réseau ‘Femmes Sous Lois Musulmanes’ (WLUML, selon son acronyme anglais) est une reconnaissance de la complexité et de la diversité vécue par les femmes dans les pays et les communautés musulmanes. Notre choix de ce nom souligne aussi le fait que les femmes touchées par les lois musulmanes peuvent ne pas être musulmanes elles-mêmes, puisqu’elles ont pu choisir un autre marqueur d’identité politique ou personnelle.

Ainsi, Femmes Sous Lois Musulmanes (WLUML) concerne :
- Les femmes vivant dans des pays où l’islam est religion d’Etat, ainsi que les femmes qui appartiennent à des minorités musulmanes régies par une loi religieuse ;

- Les femmes vivant dans des pays laïques où l’expansion rapide de la présence politique de l’islam entraîne une demande croissante pour des lois religieuses ;

- Les femmes des communautés d’émigrés musulmans en Europe, dans les Amériques et dans le monde entier.

- Les femmes non musulmanes qui peuvent se voir appliquer les lois musulmanes, soit de manière directe, soit à travers leurs enfants.

Femmes Sous Lois Musulmanes s’est créé pendant les années 1984-85 à l’occasion d’événements qui nécessitaient une action urgente :

- Le cas de trois féministes algériennes, arrêtées et emprisonnées, maintenues au secret pendant sept mois, sans instruction ni procès, pour avoir discuté avec d’autres femmes un projet de loi connu sous le nom de “Code de la Famille ”.

- Le cas d’une indienne sunni qui a intenté une action en justice contre l’Etat indien via une pétition a la Cour Suprême : la loi musulmane qui lui fut appliquée lors de son divorce lui déniait des droits par ailleurs garantis par la Constitution à tous les citoyens, et se trouvait, de ce fait, anticonstitutionnelle.

- Le cas d’une femme à Abu Dhabi, accusée d’adultère, condamnée à être lapidée après la naissance de l’enfant qu’elle portait et après l’avoir nourri pendant deux mois.

- Le cas des ’mères d’Alger’ privées du droit de garde et séparées de leurs enfants après un divorce.

Les campagnes lancées à ces occasions ont reçu le soutien de femmes de pays musulmans et de communautés musulmanes, ainsi que de groupes progressistes et féministes étrangers au monde musulman.

A l’occasion de la conférence féministe internationale sur les Droits concernant la Reproduction, qui s’est tenue à Amsterdam, Hollande, en juillet 1984, neuf femmes de pays musulmans ou communautés musulmanes – Algérie, Maroc, Soudan, Iran, Ile Maurice, Tanzanie, Bangladesh et Pakistan – se réunirent pour former le Comité d’Action des Femmes Sous Lois Musulmanes, destiné à organiser des actions de solidarité avec les luttes des femmes dans les régions concernées. Ce Comité est à l’origine du réseau actuel.

Le but de Femmes Sous Lois Musulmanes est de faciliter l’accès à l’information et de créer des liens entre les femmes.

L’existence du Réseau dépend donc de nos liens et non pas des activités spécifiques dans lesquelles chacune d’entre nous est engagée, non plus que des positions prises par les groupes ou individu(e)s engagés dans ce processus.

WLUML maintient que l’apparente impuissance d’une majorité de femmes du monde musulman à se mobiliser efficacement et à surmonter des lois et coutumes défavorables n’a qu’en partie à voir avec le fait qu’elles soient politiquement et économiquement moins fortes. Ceci provient aussi de la vision erronée selon laquelle la seule existence possible pour une femme musulmane – la seule du moins qui lui permette de maintenir son identité (quelle que soit la façon dont cette identité est définie) - est la version dominante, telle que déterminée pour elle dans son propre contexte national.

En fait, le stéréotype commun, tant dans le monde musulman qu’à l’extérieur, qui veut que le monde musulman soit homogène est une erreur trompeuse. L’interaction entre des femmes de différentes sociétés musulmanes nous a montré que, bien que des similarités puissent se retrouver au travers des cultures, classes, sectes, écoles et continents, les diversités sont au moins aussi évidentes.

Les différentes réalités des femmes vivant sous lois musulmanes varient depuis être strictement enfermée, isolée et sans voix entre quatre murs, assujettie à des flagellations publiques et condamnée à mort pour adultère (qui est considéré comme un crime contre l’Etat) et forcée au mariage dés l’enfance jusqu’à des situations ou les femmes ont un bien plus grand degré de liberté de mouvement et d’interaction, le droit au travail, à participer dans les affaires publiques et à exercer un plus grand contrôle sur leurs propres vies.

Les objectifs de Femmes Sous Lois Musulmanes sont :

De briser l’isolation et de créer et renforcer les liens entre les femmes et les groupes de femmes dans les pays musulmans et communautés musulmanes ;

De contribuer à accroître la connaissance des femmes quant à la diversité et la similarité de leurs situations dans des contextes différents ;

De renforcer leurs luttes et de créer les moyens d’un soutien international, émanant tant du monde musulman que de l’extérieur ;

De fait, le but de Femmes Sous Lois Musulmanes est de renforcer l’autonomie des femmes affectées par les lois musulmanes en les encourageant à réfléchir, analyser et reformuler l’identité qui leur est imposée à travers l’application de lois musulmanes. Ce faisant, les femmes peuvent s’approprier un plus grand contrôle sur leurs vies.

Pour atteindre ces objectifs, Femmes Sous Lois Musulmanes :

- Crée un réseau de solidarité mutuelle et d’échange d’information ;

- Favorise la rencontre et l’interaction entre femmes de pays ou de communautés musulmanes, et entre celles-ci et des progressistes et féministes dans le monde.

- Favorise les échanges-invitations d’un lieu à un autre, à l’intérieur du monde musulman et à l’extérieur.

- Et, entreprend des projets communs identifiés et mis en place par des participantes au réseau WLUML.

En octobre 1997, 35 personnes de 18 pays, toutes activement impliquées dans le réseau, se sont réunies à Dhaka pour élaborer le troisième Plan d’Action du WLUML.

***

Bureau de Coordination pour l’Afrique et le Moyen-Orient
BAOBAB pour les Droits Humains des Femmes
PO Box 73630, Victoria Island, Lagos, Nigeria
Email : baobab chez baobabwomen.org

BAOBAB pour les Droits Humains des Femmes (BAOBAB for Women’s Human Rights) a été formellement créé en 1996. BAOBAB est une organisation qui s’intéresse aux droits légaux des femmes au Nigeria, selon les lois coutumières, statutaires et religieuses.

Bureau de Coordination pour l’Asie
Shirkat Gah Women’s Resource Centre
PO Box 5192, Lahore, Pakistan
Email : sgah chez lhr.comsats.net.pk

Shirkat Gah Women’s Resource Centre (SG) a été établi en 1975. C’est un collectif non hiérarchique qui travaille en vue de l’émancipation des femmes, en particulier au niveau de la justice sociale. SG se concentre sur la loi et le statut des femmes, ainsi que sur les femmes et le développement (y compris les droits liés a la reproduction.) SG est membre de IUCN - The World Conservation Union et a statut consultatif avec ECOSOC.

Bureau de Coordination Internationale
P.O. Box 28445, London N19 5NZ, UK
Email : webperson chez wluml.org

Le Bureau de Coordination Internationale (ICO - International Coordination Office) assume une responsabilité majeure dans le processus qui vise à s’assurer que les personnes concernées dans le réseau se rencontrent, développent des stratégies et planifient en commun. Le rôle du ICO est aussi de faciliter la mise en oeuvre du Plan d’Action. Les personnes employées au ICO maintiennent un contact régulier avec les Bureaux de Coordinations Régionaux et font en sorte de circuler l’information, les idées, les stratégies et les activités au sein du réseau.

***

Pour en savoir plus, visitez le site www.wluml.org/french/

Dans la même rubrique :

Communauté

  • Devenir membre
  • Se connecter
  • Nos membres
  • Le genre se bouge
  • Publier un article

infoGENRE

S'abonner à la newsletter