Se mobiliser en faveur du OUI des femmes au Référendum du 29 mai 2005

Interview de Sylvianne VILLAUDIERE,
Présidente de « Femmes, Débat et Société ».

1) Les femmes sont-elles selon vous plus ou moins européennes que les hommes ?

Il faut bien le reconnaître les femmes françaises sont généralement moins europhiles que les hommes. Les derniers sondages sur les intentions de vote au Référendum du Traité constitutionnel confirment cette tendance observée depuis plusieurs années. Les femmes restent en retrait d’environ 10 points par rapport aux hommes !

Ce décrochage est difficile à expliquer et est sans doute dû à plusieurs facteurs : plus fortes craintes à l’égard de l’élargissement de l’UE, plus faible appréciation des bénéfices retirés par la France de son appartenance à l’UE, perception d’une Europe jugée lointaine et peu concrète, et surtout,… les femmes sont généralement très mal informées ce qui les rend plus « eurosceptiques » que les hommes.

Notre association FDS, rassemblant des femmes exerçant des responsabilités, estime que cette tendance doit et peut être inversée. Nous sommes convaincues que les femmes doivent pleinement adhérer à l’Europe, compte tenu de tout ce qu’elle apporte dans leur vie quotidienne, et de toutes les valeurs qu’elle incarne, en particulier la paix et l’égalité.

2) Qu’est-ce que la construction européenne a apporté spécifiquement aux femmes ?

L’Union européenne a joué depuis le départ un rôle déterminant pour favoriser l’égalité entre les hommes et les femmes. Les apports de l’Europe sont nombreux :

- L’Europe a produit des normes qui protègent les femmes, notamment avec plus de 11 Directives qui garantissent l’égalité de traitement sur le marché du travail : dans l’accès à l’emploi, la lutte contre les discriminations, l’égalité de rémunération, la formation professionnelle et la promotion des femmes dans l’emploi, pour l’amélioration de la santé et de la sécurité des femmes enceintes au travail.

- L’Europe a développé des politiques de convergence, en matière de lutte pour l’inclusion, de retraites, de formation et de recherche.

- L’Europe a mis en place des financements nombreux et croissants, spécifiquement dédiés aux problèmes touchant les femmes. Ceux-ci ont été débloqués pour des actions de promotion en faveur des femmes dans l’emploi et des campagnes de lutte contre les violences faites aux femmes. Des fonds structurels spécialement dédiés à l’action en faveur des femmes ont été crées et permettent chaque année la réalisation de nombreux projets.

- L’Europe a vu naître des réseaux puissants de femmes ainsi que des structures dédiées à leur promotion. A noter le Lobby européen des femmes mais aussi l’Institut du Genre.

Au-delà de tous ces apports, la Constitution européenne représente un progrès dans le domaine de l’égalité femmes-hommes. Non seulement elle maintient toutes les dispositions déjà existantes en la matière, mais elle apporte un grand nombre d’améliorations :

- L’égalité entre les femmes et les hommes est reconnue comme l’une des valeurs de l’Union, au même titre que la justice, la tolérance et le pluralisme.

- Cette valeur est consacrée par la Charte des droits fondamentaux intégrée dans la Constitution européenne. Cette Charte devient légalement contraignante pour les institutions, les organes, les offices et les agences de l’Union, de même que pour les États membres lorsqu’ils appliquent le droit européen. En outre, l’Union adhérera à la Convention européenne pour la protection des droits humains et des libertés fondamentales, qui insiste aussi sur le respect de l’égalité entre les femmes et les hommes.

- La dimension de l’égalité dans chaque politique et action (le gender meanstreaming) est réaffirmée.

- La Constitution européenne fait explicitement référence aux femmes et à l’exploitation sexuelle dans deux des articles consacrés à la lutte contre la traite des êtres humains.

- Enfin, une déclaration spécifiquement consacrée à la lutte contre les violences domestiques est annexée au Traité.

3) Pourquoi selon vous les femmes doivent voter Oui au Référendum du 29 mai ?

Les femmes doivent voter OUI au Référendum du 29 mai 2005, car :

- dire Oui à la Constitution, c’est rendre l’Union plus démocratique, plus transparente et plus efficace..

- dire Oui à la Constitution, c’est donner au principe d’égalité hommes-femmes une sécurité absolue dans notre droit, c’est lutter contre les violences domestiques, c’est combattre l’exploitation sexuelle...

- c’est enfin et peut-être surtout reconnaître tout ce que l’Europe apporte au quotidien.

4) Pourquoi l’association FDS s’est engagée dès novembre 2004 dans cette campagne ?

Parce que nous sommes des Européennes convaincues et des citoyennes engagées, plus que jamais, notre responsabilité est d’agir pour que l’Europe soit comprise de façon positive. Face à la réalité d’une Europe qui existe et se construit chaque jour, il est important que chacun et chacune comprenne les bénéfices concrets que l’Europe lui apporte dans sa vie quotidienne.

C’est sans attendre que nous avons contribué à créer en octobre 2004 « Ensemble pour le Oui » avec des associations d’horizons multiples. C’est avec détermination que nous avons engagé une campagne active sur le terrain.

Le dépliant réalisé par FDS intitulé « L’Europe ça me concerne » rappelle combien l’Europe est présente à chaque instant dans nos vies.

Au-delà des grands discours politiques, ce message concret et parlant nous a paru urgent à partager avec le plus grand nombre de femmes.

FDS en bref :

FDS rassemble des femmes chefs d’entreprise, responsables associatifs, hauts fonctionnaires, élues, avocates, médecins, artistes, magistrates …

L’originalité de ce club de réflexion est triple :

- faire valoir un regard féminin sur les grands problèmes de société sans pour autant développer un féminisme caricatural,

- développer une culture du débat dans le respect des sensibilités de chacune,

- favoriser l’entrée des femmes en politique et leur promotion dans les lieux de pouvoir.

Historique

"Femmes, Débat et Société" est née en 1999, avec la constitution d’un groupe de travail composé uniquement de femmes exerçant ou ayant exercé des responsabilités à un haut niveau régional, national ou international.

Michel BARNIER, Jacques BARROT, Dominique PERBEN et Jean-Pierre RAFFARIN, ont encouragé le lancement de ces échanges entre femmes de droite, voulant contribuer au débat politique sur les enjeux et les choix de société. Peu à peu, le groupe s’est étoffé, avec le souci d’intégrer des femmes de tous les horizons professionnels, de toutes les sensibilités de droite et du centre, et de toutes les régions françaises.

En juin 2000, « Femmes, Débat et Société » s’est constituée au niveau national en association Loi 1901. En 2004, des clubs régionaux apparaissent en Poitou-Charentes, Rhône-Alpes et Alsace …

FDS et l’Europe

L’association « Femmes, Débat et Société » s’est engagée depuis de nombreux mois dans le débat européen. Un groupe « FDS Europe », constitué dès 2003, a notamment préparé un argumentaire sur l’Europe à l’attention des femmes. Des fiches thématiques ont été diffusées début 2004 pour sensibiliser les femmes à l’importance des élections européennes du 13 juin 2004, et, l’Université d’été organisée à Strasbourg en juillet 2004 a permis d’approfondir les échanges sur les femmes face à l’élargissement de l’Europe.

FDS s’engage activement dans la campagne pour le référendum du 29 mai 2005. L’association organise des « Cafés-citoyennes » dans de nombreuses villes françaises et a réalisé un dépliant pour les femmes intitulé « l’Europe ça me concerne ».

Conseil d’Administration

Présidente : Sylvianne VILLAUDIERE
Vice-Présidente : Françoise VILAIN, chargée de l’interface avec les clubs régionaux
Vice-Présidente : Isabelle DEBRE, chargée de la formation
Secrétaire générale : Florence RICHARD, chargée des relations internationales et du développement des travaux de l’association
Trésorière : Emmanuelle PERES
Agnès ARCIER, chargée des appels à contributions et des propositions
Chantal COUTAUD, chargée des événements et de l’organisation de l’Université d’été avec le club local l’accueillant
Roxane DECORTE, porte parole, chargée des relations media et des réactions à l’actualité
Fadila MEHAL, chargée des relations avec les associations
Cécile PETIT, chargée du recrutement et du respect de la déontologie

Secrétariat FDS-Groupe Axcess
8, rue de Berri
75008 Paris
Site : www.fdsfrance.fr
E-mail : contact chez fdsfrance.fr

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