Un mouvement féministe à la recherche d’innovations

De 1983 à aujourd’hui, les femmes se rencontrent pour passer en revue les grands problèmes auxquels elles sont confrontées dans le monde entier. Aujourd’hui, le plaidoyer des organisations de femmes a acquis ses lettres de noblesse. Mais le mouvement féministe semble s’essouffler, tout au long du chemin de la conquête des droits des femmes… et AWID, qui tient son 11e Forum à Cape Town, est en quête d’une nouvelle inspiration.

Elles sont venues des quatre coins du monde avec la même conviction et la même énergie : défendre les droits des femmes par la force des idées. Développer un plaidoyer toujours plus fort, non seulement pour repousser les frontières de leur émancipation, mais aussi pour obtenir plus de liberté, pour le plein exercice de leurs droits. Si l’on en croit les organisatrices, environ 2000 participant-es, venues de 144 pays, sont venues rejoindre le 11e Forum, à Cape Town, en terre sud africaine. Dans la foulée, l’Afrique noire reste le continent le mieux représenté avec 43% des participant-es, contre 10% pour l’Amérique latine et les Caraïbes, 6% pour l’Asie du Sud Est, 6% pour le Maghreb, etc.

Une participation record au forum qui se tient pour la première fois en Afrique au sud du Sahara, mais aussi qui en dit long sur les ambitions du mouvement féministe aujourd’hui à la croisée des chemins. Autant les femmes s’accordent sur la nécessité de continuer la lutte pour sauvegarder les droits acquis consignés dans les instruments juridiques et les conventions parrainés et gouvernés par les organisations internationales comme la CEDEF, le Protocole relatif aux droits des femmes en Afrique, la Déclaration Solennelle pour l’Egalité de Genre en Afrique, ou même à faire mettre en œuvre les différents plans d’action sorties des grandes conférences, autant elles se rendent compte de l’importance d’inventer de nouvelles stratégies pour élever d’un cran le combat.

Recentrer le débat

À Cape Town, le mouvement féministe ne s’y est pas trompé et la Directrice exécutive par intérim d’AWID, Cindy Clark, a bien planté le décor en appelant au recentrage du débat et en mettant l’accent sur la nécessité de trouver cette nouvelle source d’inspiration salvatrice qui, à ses yeux, est la seule alternative capable de faire avancer la cause. Le débat ne porte d’ailleurs pas seulement sur les questions de fond comme l’intégration des droits des femmes handicapées, la question de l’orientation sexuelle, notamment la reconnaissance pleine et entière du droit des lesbiennes. Le débat porte aussi sur la méthodologie et les programmes et agendas. « Nous devons faire face aux difficultés du contexte. Nous avons besoins de définir et de mettre en œuvre de nouvelles stratégies et de professionnaliser nos organisations », a souligné la directrice dans son discours lors de la plénière.

Dans les couloirs du 11e forum, les participant-es restent convaincues que le mouvement féministe pêche essentiellement par son émiettement, le manque de coordination des différentes organisations qui le composent et le défaut de moyens idoines pour réaliser ses ambitions. « Il est absolument nécessaire pour AWID et pour les organisations de femmes, dans leurs différents pays d’origine, de travailler sur un agenda commun qui prenne en charge les préoccupations des femmes à la base afin de bien faire le plaidoyer au niveau supérieur », renchérissent nombre de participantes.

Moussa DIOP
Chargé de Communication
Femmes Africa Solidarité (FAS)
Dakar, Sénégal

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