Vers une nouvelle génération de féministes africaines

La session « Féministes : pas de « si », pas de « mais » - Mobiliser l’activisme féministe en Afrique » du 14 novembre 2008 semble avoir porté ses fruits. Un nouveau féminisme africain est en mouvement.

On connaissait les féministes africaines de l’époque coloniale et celles des années post-coloniales. Puis a suivi une période creuse : les années 1980 et 1990 ont surtout été consacrées au suivi des programmes d’action en faveur des droits des femmes, depuis la décennie des Nations Unies pour les femmes (1975-1985).

Le plaidoyer des organisations de femmes pour la prise en compte de leurs droits, puis l’intégration du concept genre dans les politiques nationales, se sont faits, semble-t-il, avec un état d’esprit plutôt conciliateur entre les gouvernements et les ONG féminines. Les organisations de femmes ont certes bénéficié d’une meilleure écoute et ont été associées aux grandes rencontres gouvernementales au plan national et internationale. Cependant, la situation des femmes ne semble pas avoir véritablement évolué. Il y a toujours très peu de femmes dans les instances de prise de décision, il y a toujours autant de femmes victimes des violences de toutes sortes.

Un féminisme en transition

Pire, les quelques femmes accédant aux postes de prise de décision contribuent à freiner l’accès des autres femmes dans le cercle du pouvoir : tout le contraire du principe de solidarité prôné par le féminisme. Depuis 2005, un groupe de jeunes femmes, a entrepris de redéfinir le féminisme en Afrique. Ainsi, pour rompre avec les mots reprochés à leurs aînées, elles se basent sur deux principales stratégies :
-  regrouper les femmes à titre individuel, préalablement identifiées comme de véritables féministes ;
-  organiser des fora nationaux de féministes pour aboutir au forum des féministes africaines.

Selon Coumba Touré, ressortissante du Sénégal et une des principales initiatrices du projet, les femmes représentant des organisations ou pire, les gouvernements, ont tendance à s’exprimer « par procuration », donnant la position de la structure qu’elles représentent, plus que leur propre opinion. Difficile donc de déceler leur véritable engagement féministe. Mission est donnée à chaque féministe déterminée et engagée de créer une synergie nationale de féministes en vue de l’organisation d’un forum féministe qui s’intègrera dans le forum régional.

La session organisée sur le thème : « Féministes : pas de « si », pas de « mais » - Mobiliser l’activisme féministe en Afrique », en ce premier jour du forum d’Awid, le premier tenu en Afrique après dix autres rencontres hors du continent, a suscité un véritable espoir de relance du mouvement féministe en Afrique. A juger par l’engagement et la détermination des jeunes organisatrices de la session, une nouvelle génération de féministes africaines est née.

Par Pierrette Oyane Nzue
Observatoire des Droits de la Femme - Gabon

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